Elle est restée hospitalisée 35 jours à Aix-en-Provence

Par S.D.-V.   

Un coup d’œil dans le miroir, après être passée entre les mains expertes de Nicole, la coiffeuse du centre Roger Duquesne.

C’est qu’elle est coquette, Rose Gaudin. Mais ce qui la caractérise surtout, c’est son fort tempérament et sa nature de battante. À 108 ans, notre élégante Aixoise a même maté le coronavirus !

Rose Gaudin a fêté ses 108 ans le 6 avril dernier, peu avant d'être hospitalisée à l'unité Covid du centre Roger Duquesne où elle réside depuis 2003.

Testée positive le 20 avril dernier, la résidente de l’Ehpad avait été hospitalisée au troisième étage de l’établissement, au sein de l’unité Covid aménagée durant la crise sanitaire. Rose y a passé trente-cinq jours. “Quand le médecin m’a prévenue qu’elle était malade, j’étais un peu inquiète bien sûr, avec tout ce que l’on voyait aux informations, confie sa fille âgée de 87 ans. Ça m’a choquée de savoir qu’elle avait attrapé le virus parce que je savais qu’il y avait des tas de morts. Et vu son âge…“.

Mais au fond d’elle, Liliane avait la conviction que sa maman s’en sortirait. “Elle est forte, j’étais sûre qu’elle résisterait !” Car à écouter son entourage, Rose a toujours eu une santé de fer. Son secret ? La fameuse soupe de légumes de son père, paraît-il, dont elle parle encore aujourd’hui.

Elle vous dirait : ‘ c’est ce qui m’a sauvée’ ! Maman n’a jamais été opérée, n’a jamais eu la grippe, elle n’a pas de diabète ni de cholestérol. Le coeur, ça va. Elle est simplement devenue sourde“, explique sa fille, rapidement soulagée par l’absence de complications dans l’état de santé de sa maman.

Les symptômes n’étaient pas très graves. Elle a eu de la fièvre, une grosse fatigue, mais pas de problèmes respiratoires, précise Liliane. Les équipes du centre me donnaient des nouvelles. J’ai su que maman ne mangeait pas beaucoup, seulement au petit-déjeuner. Ça ne m’étonne pas, de toute façon elle a toujours fait ce qu’elle a voulu. Elle peut être dure. Mais vous savez, elle n’a pas eu une vie toujours très gaie, elle a perdu sa mère quand elle avait neuf ans.

C’est une Rose quelque peu “amaigrie“, aux “traits tirés“, que Liliane a retrouvée il y a quelques jours, lorsque, accompagnée de son fils, elle a été autorisée à lui rendre visite.

Les derniers tests de contrôle s’étaient révélés négatifs et la centenaire avait pu regagner sa chambre, au premier étage de la maison de retraite. “Ça faisait trois mois que je ne l’avais pas vue. Je pensais qu’elle serait plus affaiblie”, confie Liliane, après les retrouvailles. “Mais ils l’avaient bien coiffée“.

Auprès de sa (très nombreuse) famille – elle est trisaïeule ! – comme des équipes du centre Roger Duquesne où elle réside depuis 2003, Rose force l’admiration. “Elle est tellement forte !”, sourit Camille, l’animatrice de l’Ehpad. “Jusqu’à l’an dernier, elle descendait toute seule en déambulateur jusqu’au jardin. On lui disait qu’elle allait trop vite, mais elle nous répondait : ‘Je vais pas me calmer à mon âge !’ Elle m’a toujours dit : ‘ Je suis un roc !’ “, raconte Nicole, la coiffeuse que Rose sollicitait régulièrement.

Et si aucun créneau n’était disponible, “elle faisait semblant de ne pas entendre et elle restait pour que m’occupe d’elle“. Un sacré tempérament !

https://www.laprovence.com/article/societe/6030656/a-108-ans-rose-gaudin-a-mis-ko-le-coronavirus.html

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