Après avoir perpétré le génocide arménien dont ce sera le centenaire l’année prochaine, la Turquie compte sur l’EI pour faire la même chose avec ses Kurdes.

La Turquie assiste sans bouger aux tueries des Kurdes par les djihadistes. Ici fuite des civils kurdes.
Depuis le 8 août, les États-Unis bombardent sans relâche les combattants de l’État islamique en Irak. Plus de 40 pays ont donné leur accord à des frappes aériennes ou à une aide humanitaire. Jusqu’à maintenant, des milliers de sorties d’avions de guerre et des centaines bombardements ont été faits sans grand résultat pour contrer l’avancée de l’État islamique. Le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est même préoccupé par la situation sécuritaire et humanitaire dans la région kurde en Syrie. La situation des Kurdes apparaît même de plus en plus désespérée. Il faudrait commencer à se demander pourquoi tous les efforts de la grande alliance contre ces islamistes sanguinaires ont échoué. En remettant à leur place les pièces du casse-tête, on peut toutefois voir un drapeau turc.
La Turquie est plus que le point faible de la coalition dans ce combat. Au minimum, l’attitude actuelle du président turc, Recep Tayyip Erdogan, justifie le soupçon de connivence avec l’EI. Il aide depuis longtemps les mouvements syriens les plus radicaux pour accélérer la chute du régime de Damas. La Turquie a aidé directe et indirecte l’expansion du groupe jihadiste armé qui a pris de larges portions des territoires irakiens et Syriens. Elle a d’ailleurs affrété des avions qui ont amené des djihadistes étrangers jusqu’aux aéroports de Mitiga et de Misrata en Libye. Ce pays achète aussi clandestinement le pétrole tiré des territoires conquis.
Secondée par l’Arabie Saoudite et le Qatar, la Turquie s’est mise à la meilleure position pour nuire aux efforts de la coalition contre l’EI. Elle joue double jeu et la supposée coopération militaire qu’elle donne lui permet de juguler le flot de combattants kurde vers les sites que l’EI attaque en Syrie. Alors que l’organisation Etat islamique envoie des renforts vers Kobané, les Kurdes ne peuvent en recevoir, car la Turquie bloque leurs combattants à sa frontière. Ankara interdit même aux Kurdes syriens de retourner pour défendre Kobané. Que l’ONU demande à la Turquie de laisser passer ces volontaires et dit craindre le massacre des civils qui n’ont pas encore quitté la zone n’émeut pas le président turc. Le refus du gouvernement d’Ankara d’intervenir militairement pour empêcher la chute de la ville frontalière kurde de Syrie aux mains des jihadistes parle de lui-même.
Washington peut dépêcher autant d’envoyés spéciaux dans la capitale turque qu’il veut pour discuter de mesures destinées à faire progresser l’effort militaire contre l’EI, cela ne donnera pas grand-chose. Les jihadistes permettent au président turc de s’économiser le processus de paix en cours depuis plusieurs mois avec le parti des travailleurs du Kurdistan. Après trente années de rébellion du peuple kurdes et 40 000 morts, EI termine maintenant le travail. C’est donc sans surprise que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, affirme qu’il n’était pas réaliste d’envisager que son pays mène une intervention militaire terrestre contre ces combattants. Les violentes manifestations de la communauté kurde contre le gouvernement islamiste d’Ankara devraient pourtant avoir mis la puce à l’oreille des dirigeants de pays qui croient encore en la bonne foi de la Turquie. Le centenaire du génocide arménien en 2015 montre l’étendue de la brutalité turque dans ses relations avec ses minorités. Au cours des dernières années, la Turquie n’a fait aucun pas vers la normalisation des relations avec les Arméniens. Non seulement, elle n’a pas reconnu le génocide, mais elle se prépare à rajouter les Kurdes à la liste.
La Turquie n’est une alliée de l’OTAN que sur papier. Si le parlement turc a voté une motion qui autorise son armée à intervenir en Syrie et en Irak, il n’est pas certain que ce sera contre l’EI. Les troupes étrangères qui participent aux opérations militaires pourraient subir des tirs amis si une position vitale des islamistes est menacée. La déclaration à Varsovie du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, que cette organisation est prête à soutenir la Turquie pourrait être problématique si la menace vient d’une révolte des 15 millions de Kurdes du pays. Le président turc a déjà déclaré un couvre-feu militaire dans six provinces du sud-est et à Diyarbakir, la capitale kurde. Pour décourager toute manifestation la nuit, il envoie des hélicoptères larguer des gaz lacrymogènes en début de soirée. Il fait aussi surveiller les grands axes par des blindés surmontés de mitrailleuses. L’OTAN risque de se retrouver à prendre part à un génocide.
Quelles que soient les paroles qui sortent de la bouche de Recep Tayyip Erdogan, dans les faits, celui-ci aide l’EI à le débarrasser des Kurdes. Il pourrait donc être utile pour éviter un massacre de civils innocents, de ne plus fournir au gouvernement turc de renseignements stratégiques puisque les mouvements sur le terrain montrent que ceux-ci sont relayés quotidiennement à l’EI. D’autres chemins doivent être rapidement trouvés pour déjouer l’interdiction turque et permettre aux combattants kurdes d’aller en Syrie. La communauté internationale a une responsabilité d’arrêter un massacre qui touche chaque jour toujours plus d’innocents. En 2014, il ne devrait plus être possible à un pays d’empêcher de prévenir des massacres de population.
Michel Gourd
Par Le Matin | 13/10/2014 14:29:00







































La Turquie dans l’OTAN c’est comme-ci qu’Hitler aurait fait partie en 39/45 de cette organisations qui à cette époque n’existait pas (OTAN ou NATO 1949).
Erdogan ne peut pas jouer sur les deux tableaux, il tue les Kurdes sans vergogne sous l’égide de la coalition.
IL FAUT QUE LA TURQUIE SOIT ‘EXCLUE DE L’OTAN.
excusez moi du terme Ergovan est un nazis Il n i a aucune difference entre la Turquie de 2014 et l Allemagne de 1933-945
Désolée: c’est ce que dit Jacqueline, (même si j’adhère également aux remarques de Madeleine!)
Oui, c’est ce que dit également Madeleine. Mais si la Turquie est exclue de l’Otan, l’Occident se la prend de front car elle sera débridée de toute entrave. La Turquie c’est soit notre sas de décompression avec le monde musulman, soit le guichet ouvert du monde musulman pour atteindre l’Occident. Je préfère le premier sens.
C’est pour ça que de mon point de vue, l’Occident ne peut pas, intelligemment, espérer gagner sur tous les tableaux: elle peut se contenter du double jeu de la Turquie mais elle doit alors elle venir plus efficacement en aide aux Kurdes.
La Turquie ne fait pas rien… Avant hier ils ont bombardés les positions du PKK en Irak.
Il ne faut pas se tromper sur les méthodes d’un pays qui ne reculera devant rien pour se rendre légitime sur des territoires que ne lui appartiennent (historiquement) pas.
La Turquie s’est très bien débarrassée des Arméniens ET Syro-Chaldéens, ils n’ont jamais répondu de leurs actes et vont même jusqu’à en honorer les responsables en leurs dédiant des avenues et des places majestueuses (que ce soit à Istanbul, Ankara ou autre…).
Vous croyez les Turcs passifs ??
Lisez Taner Akçam et vous comprendrez le fonctionnement vicieux de cet état qui essaye (tant bien que mal) de se raccrocher à sa « gloire » passée depuis la fin de la 1ère guerre mondiale.
Vous avez bien raisons de pointer le fait que la situation présente est autant à charge des Occidentaux.
Cependant, si l’Occident devait prendre le taureau par les corne, c’est en partie avec la Turquie (une nation nucléaire dont le président siège à la confrérie des frères musulmans) qu’il faudrait qu’ils entrent en guerre.
La culpabilité de l’Occident, c’est de vouloir noyer le poisson qu’a engendré la Turquie (en partie).
Il faut nommé l’ennemi une bonne fois pour toute, quand cela sera fait, il n’y aura plus de raison pour la Turquie de faire partie de l’OTAN et nous verrons enfin son vrai visage se dévoiler…
Certaines ordures ne méritent pas de vivre. Cet Ordogan est l’une des pires. Après avoir nié publiquement le génocide arménien, il en produit un autre, celui des Kurdes, sciemment. N’EST-CE PAS LUI QUI A EVOQUE IL Y A UN MOIS UN « GENOCIDE » DES PALESTINIENS, COMMIS PAR ISRAEL ? La haine tord sa bouche et ses yeux sortent de ses orbites lorsqu’il parle des « Juifs » ou des « Israéliens ». Certains être sont maléfiques et il en fait partie. Une autre ordure m’interpelle : Hussein Obama qui déclare aujourd’hui qu’il est « satisfait du résultat des bombardements sur l’EI, qui recule ». C’est faux ! au contraire, hier l’EI avait pris 50% de la ville de Kabané, aujourd’hui il l’a conquise à 75%. Sur les routes et dans cette ville, des dizaines de cadavres décapités jonchent le sol. Donc les soupçons de complicité avec le Califat islamique (financé par le Qatar), le Qatar et l’Iran sont bien fondés. Et c’est le même Hussein Obama qui a donné le « la » pour condamner Israël depuis des années, suivi en cela par tous les idiots utiles au pouvoir en Europe. En commençant par la France, qui a encore reçu avec tapis rouge et tralala, le prince du Qatar. Hollande est un dégénéré mental. N’importe quel président aurait démissionné suite à ses affaires de coucheries. C’est un taré qui sait que tout le monde est au courant qu’il « touche » du Qatar, mais il passe outre. Encore une autre belle ordure ! Au fait les Yézédis, on en entend plus parler ? ils sont tous morts ? En attendant, personne ne vient secourir les Kurdes qui meurent en direct sous nos yeux. Ebola a bon dos…
Non seulement les Turcs sont désormais des djihadistes, Erdogan le montre et soutient ouvertement ces vermines, mais maintenant il profite de la coalition qui ne sait plus où elle en est pour bombarder les Kurdes du PKK au lieu de bombarder Etat Islamique.
IL FAUT QUE LA TURQUIE SOIT EXCLUS DE L’OTAN
On pourrait également soutenir que l’Occident croit tester la Turquie sur le dos des kurdes! Comme il a été même dit par l’un des spécialistes militaires français sur la question: « au moins, désormais on a une bonne raison de refuser la Turquie dans l’Europe! » Comme quoi, même quand un grand peuple se fait décimer, la France continue de voir midi à sa porte. C’est juste insupportable.
Pour la Turquie la fin justifie les moyens ( plus exactement l’absence de moyen) et pour la France le moyen justifie sa fin de non recevoir la Turquie. Dans les deux cas, c’est affligeant de manque de respect pour les kurdes.
merci Ruth de critiquer l’occident et pas uniquement la turquie …. le monde entier donne aucun armes
a ses pauvres kurdes pour qu’ils puissent se défendre , pour qu’ils puissent sauver leurs vie mais c’est vrai
que la turquie pourrait aider un peu plus ….. ce n’est pas compliquer car la turquie ne fait rien
Les kurdes font preuve de courage et subissent de plein fouet la stratégie minimaliste de l’Occident! Ils ont quelques points communs avec Israel sauf qu’ils ne disposent que de leurs bras pour se défendre!