Il faut bien l’avouer, le vote à l’ONU qui érige la « Palestine » en Etat observateur est un succès et on n’est pas prêt de ne plus en entendre parler.
Hier Mahmoud Abbas est soudainement redevenu populaire en déclarant « Maintenant nous avons un Etat ».
Exit le fait qu’il ne contrôle presque plus rien, dernier sursaut d’un homme politique en fin de carrière?
Exit le fait que tous les Arabes de la région auraient pu avoir un Etat à plusieurs reprises depuis 1937 et le plan Peel et depuis le plan de partage de l’ONU de 1947, qu’ils ont refusé.
Exit aussi le fait que la région de « Palestine », qui n’a jamais constitué un Etat, comprenait aussi la Jordanie.
Israël a pris aussi ses premières mesures en bloquant le reversement des taxes à ce qu’on appelait encore il y a quelques jours « l’Autorité palestinienne » et en autorisant la construction de 3.000 logements à Jérusalem, Maalé Adoumim et le Goush Etsion.
Et les premières sanctions contre Israël sont tombées, semble-t-il plus vite que d’habitude.
Des rumeurs ont couru que la Grande Bretagne et la France envisageaient le rappel de leurs ambassadeurs, elles ont été démenties. Il s’agirait en effet de mesures draconiennes.
Mais le Royaume-Uni et la France ont néanmoins convoqué les ambassadeurs israéliens dans leurs pays respectifs pour protester contre la construction d’implantations juives. Et les deux pays, tout comme l’Allemagne, la Russie et la Suède, envisageraient des mesures contre Israël.
Le monde semble s’agiter une fois de plus contre la construction de quelques maisons, et plus vite que d’habitude. Si on était habitué aux condamnations, tout se passe comme si aujourd’hui Israël construisait sur le territoire d’un autre Etat. Il n’y a pourtant rien de plus faux.
Lors d’un forum économique international aux Etats-Unis, les diplomates israéliens ont rappelé que Jérusalem, Ma’ale Adoumim et le Goush Etzion faisaient partie d’un consensus. Que ces territoires, dans le cadre d’un accord, resteraient Israéliens.
Les premières conséquences du vote de l’ONU sont le flou le plus total. Car s’il y a aujourd’hui un « Etat de Palestine » sur les lignes de cessez-le-feu de 1947, alors les habitants d’Ariel, de Maale Adoumim, du Goush Etzion, et de toutes les implantations en font partie. Ils devraient peut-être réclamer une deuxième nationalité, etc.
En vérité il existe depuis longtemps deux entités quasi-étatiques de fait : la bande de Gaza et la zone A dans laquelle « l’Autorité palestinienne » a une autonomie.
S’il s’agissait véritablement d’un simple besoin d’Etat et d’autonomie nationale, l’OLP aurait pu commencer par ces deux régions autonomes et quasi-indépendantes.
Mais penser que le problème est lié à un besoin d’autonomie nationale est faux et penser qu’il se résoudra avec la création d’un Etat est tout à fait naïf. Ce n’est que le prolongement du conflit par d’autres moyens.
Misha Uzan – JForum / Correspondant spécial
Tags: Israël,Mahmoud Abbas,Etat,ONU,vote,création,déclaration,histoire,Netanyahou
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