Le 2 novembre dernier, Mahmoud Abbas accordait une interview à la deuxième chaîne israélienne.
Au micro d’Udi Segal, le successeur d’Arafat a semblé renoncer à l’idée d’obliger l’Etat d’Israël à accueillir en son sein des millions d’Arabes vivant aujourd’hui en Cisjordanie ou ailleurs dans le monde et prétendument descendants d’Arabes ayant vécu dans les limites du cessez-le-feu de 1949, ceux que l’expression populaire appelle les « réfugiés ».Il a déclaré en effet en anglais : Je suis un réfugié, je vis à Ramallah, je crois que la Cisjordanie et Gaza sont la Palestine et que les autres parties sont Israël. … »>Article original La Palestine pour moi, maintenant, ce sont les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ».
Les réactions à cette interview pour le public israélien ont été très divergentes. Si la gauche a salué « une interview importante et courageuse » selon les propos du ministre de la défense Ehoud Barak à la radio militaire, d’autres sont restés plus prudents. D’autant que le lendemain, le même Mahmoud Abbas, vilipendé par la rue arabe pour ses propos en Israël, a voulu rassurer à la télévision égyptienne, en affirmant que sa déclaration précédente devait être considérée comme son point de vue sur sa situation personnelle mais que « le droit du retour est sacré et que personne ne peut l’enlever ».
Le même Mahmoud Abbas que les uns prennent pour un partenaire pour la paix et que les autres accusent de double discours. Dans sa dernière interview sur la même 2e chaîne israélienne, il y a quelques mois, il lui avait été demandé pourquoi il avait rendu visite, en Turquie, après l’échange Shalit, à une terroriste responsable de la mort de plusieurs Israéliens.
Sa réponse était restée vague :
« C’est encore un être humain et c’est encore une palestinienne » avait-il dit, y voyant là une justification crédible.
Cette fois-ci, il est clair pour une partie de la classe politique israélienne, que son intervention sert précisément à s’immiscer dans la campagne pour les futures élections législatives.

Le premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré à la réunion hebdomadaire du cabinet: « J’ai vu l’interview avec M. Abbas ce week-end. J’ai entendu dire que depuis, il est revenu sur ses déclarations, cela prouve combien il est important de tenir des négociations directes sans conditions préalables. Ce n’est que par des négociations directes que nous pouvons savoir quelle est sa position réelle. … »>Article original Je peux dire que si Abbas est vraiment sérieux et s’il a l’intention de faire avancer le processus de paix, pour autant que je suis concerné nous pouvons nous asseoir ensemble immédiatement. Jérusalem et Ramallah, c’est à sept minutes d’intervalle, et je peux reprendre les négociations aujourd’hui. J’aimerais profiter de cette occasion pour appeler Abbas, encore une fois, à revenir immédiatement à la table des négociations sans conditions préalables, car la paix ne peut être réalisée qu’autour d’une table de négociations, non pas avec des décisions unilatérales de l’Assemblée générale des Nations Unies. De telles initiatives ne feraient que repousser plus loin la paix et susciter l’instabilité. »
Dans un communiqué publié plus tôt par le bureau du premier ministre, il avait déclaré également qu’il n’y avait « pas de corrélation entre les remarques de M. Abbas et ses actions » a rapporté Radio Israël, insistant sur le refus d’Abbas, depuis quatre ans, de reprendre les négociations de paix, malgré une multitude de mesures prises par Netanyahu pour le persuader de le faire, y compris un moratoire sans précédent sur la construction des implantations.
Plus tôt dimanche, le partenaire politique de Netanyahou pour les prochaines élections, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, a accusé Abbas de tenter d’influencer les élections à venir en faveur de la gauche. Le ministre des Affaires étrangères a également déclaré que même s’il le voulait, Abbas n’avait pas le pouvoir de faire appliquer toute politique.
Il a déclaré à la radio militaire : « De toute évidence, quand Abbas donne une interview à la télévision israélienne à la veille des élections, il a l’air d’un agneau innocent, il intervient sans doute pour aider à la gauche – Shelly Yachimovich (Avoda) et Zahava Gal-On (Meretz) -, ses alliés naturels, qui représentent les questions palestiniennes »

Lieberman a également rappelé qu’Abbas a envoyé des messages contradictoires à l’opinion publique israélienne et à la population arabe.
« Il a dit une chose à la télévision israélienne »>Article original en anglais, et immédiatement il a nié en arabe » a déclaré Lieberman. Et d’ajouter « Évidemment, l’homme ne se bat pas pour la paix, mais plutôt pour sa vie personnelle.
C’est pourquoi il se couche devant les Américains, les Européens, son propre peuple et pour nous. Mais visiblement, il n’a pas le pouvoir de délivrer les marchandises. Il a perdu le contrôle de la rue arabe il y a longtemps. … »>Article original
De toute évidence, si l’on remonte aux lignes de 1967 et si l’on divise Jérusalem, les gens au pouvoir peuvent se dire qu’il a signé un contrat sans l’autorisation de le faire, et qu’ils ne reconnaissent aucun des engagements pris. Les mêmes images que nous avons pris l’habitude de voir dans la bande de Gaza et dans le sud seront une question de routine à Jérusalem et dans le centre d’Israël. … »>Article original Après l’échange Shalit, il Abbas »>Article original a parlé de nettoyage ethnique, de vol des terres et de vol des ressources naturelles. Il considérait les terroristes qui ont été libérés, des terroristes qui avaient assassiné des Juifs de sang-froid, comme des héros. »

Prenant également la parole à la radio militaire, le nouveau ministre du Front intérieur, Avi Dichter, a déclaré de son côté : « Abbas a déclaré au journal Al Hayat en arabe que le droit au retour des Palestiniens est saint et ne pourra jamais être abandonné; personne n’a le droit d’y renoncer, a-t-il dit. Abbas tente d’influencer les élections israéliennes en disant qu’il est prêt à renoncer au droit au retour, mais nous devons faire attention à cela. »

En revanche, pour Ehoud Barak, s’il est évident qu’Abbas ne va pas rejoindre le Likoud, on ne peut pas prétendre « qu’il n’est pas un partenaire », ajoutant qu’il ne » travaille pour personne. »
De même le président Shimon Peres a salué des remarques « courageuses ». Il a déclaré : « Ce sont des mots importants. … »>Article original
Ces positions sont exactement en accord avec la ligne d’Israël et avec la grande majorité de la population, qui soutient la solution de deux Etats pour deux peuples. C’est une déclaration audacieuse et Abbas »>Article original indique clairement que son objectif est un État seulement à l’intérieur de la Cisjordanie et de Gaza, et non sur le territoire de l’Etat d’Israël. Ses »>Article original paroles courageuses prouvent qu’Israël a un véritable partenaire pour la paix ».
Si la question des « réfugiés » a toujours été l’un des obstacles à un accord final et si c’est la première fois qu’Abbas tient une telle position à la télévision israélienne, la question du double discours n’a toujours pas disparu et le débat reste toujours le même. Abbas, vrai partenaire ou fidèle successeur de Yasser Arafat?
Misha Uzan – JForum / Correspondant spécial
Tags : Mahmoud Abbas, Arabe, Arafat, Israël Benyamin Netanyahou, Avi Dichter, Avigdor Lieberman, Ehoud Barak, Shimon Pérès, Egypte, interview, Egypte
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Je crois que Shimon Peres ferait mieux de se taire . Il n’a aucun pouvoir et sème le trouble en réagissant à chaud sur des paroles en anglais de Abbas alors que tout le monde sait qu’il dit le contraire en arabe , comme Arafat (que son nom soit effacé!) les heures suivantes.