Alors que les manifestations pour plus de justice sociale ont eu bien du mal à démarrer cette année.

Un homme, Moshe Silman, a décidé de les allumer en s’immolant par le feu lors d’une manifestation à Tel Aviv.

Quelques jours plus tard, la police a empêché une femme d’imiter son geste.

Mais à nouveau, dimanche, un autre malheureux, ancien combattant devenu invalide, a choisi la voie de l’immolation.Si chacun a eu de la compassion pour ces hommes et ces femmes prêts à mettre fin à leur vie par le feu, certains en font des symboles des protestations, et s’en prennent plus férocement au gouvernement.

Faut-il faire de tels actes des symboles?

C’est ce que dénonce notre choix d’éditorial.

Misha Uzan

Ne pas sanctifier le suicide

Moshe Silman n’avait pas encore été enterré, que déjà un autre malheureux, invalide et ancien combattant de Tsahal, suivait son chemin et s’immolait lui aussi par le feu.

Je ne souhaite à personne de vivre ce que Silman et Akiva Mafai, qui a choisi de mettre fin à ses jours dans une station de bus de Yehoud, ont vécu.

Quelles que soient les raisons qui les ont poussé à agir de la sorte ― car tous ceux qui connaissent des difficultés financières ou résident dans un établissement fermé ne choisissent pas de se suicider ―, il ne s’agit pas d’une tragédie personnelle, comme le prétendait le Premier ministre, mais d’une détresse sociale qu’il nous faut résoudre.

Elle souligne le cas de nécessiteux, d’handicapés, de malades et de faibles qui préfèrent la mort à la vie.

Mais il existe un grand danger dans le fait que ces actes, et en particulier celui de Moshe Silman, puissent devenir symboliques parmi les partisans de la protestation sociale.

Le suicide, en particulier dans la rue, et par les flammes, est un acte de violence.

Le suicide est une violence terrible dirigée vers nous.

Et la violence de toute nature doit être rejetée, condamnée et prévenue.

Chacun a le droit de décider de vivre ou non, mais le suicide comme acte social est méprisable.

Il sanctifie la mort et le culte de la mort appartient aux sociétés fascistes.

Ce n’est pas une valeur dans une société démocratique, ou du moins qui aspire à l’être.

Certains ont pu être frappés par l’immolation de Moshe Silman, y voyant du romantisme révolutionnaire.

Mais son action ne doit pas servir de base à un monde plus juste et moins cruel.

De nombreux articles s’en sont pris à l’Etat, l’accusant de ne pas prendre en compte les manifestants.

Mais il ne faudrait pas que les citoyens deviennent des enfants sans défense, dont la vie est suspendue à un fil.

Ce modèle va à l’encontre des principaux objectifs de la protestation.

La lutte pour la justice sociale doit condamner les suicides perpétrés en son nom.

Oui à la sympathie, à la compassion et pour faire tout notre possible pour mettre fin à la chaîne tragique.

Néanmoins, il faut lutter contre les actions violentes et les actions contre la police.

La lutte pour une vie meilleure doit respecter la vie et ne pas sanctifier la mort.

Ravit Haket/Haaretz, 22 juillet 2012

Texte traduit et adapté de l’hébreu par Misha Uzan/JForum (correspondant spécial)

TAGS : Moshe Silman Justice Sociale Inegalités Suicide Violence

Haaretz Akiva Mafai Ofakim Israël

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jankel

Si viotre nombre de 25% est VRAI (???) alors c’est un scandale en Israël…
Car les pauvres, les plus débiles et « fragiles » ..sic, ne sont statistiquement que 10 à 12% et ensuite viennent au pire, les 8% de faibles d’esprit {inutilisables dans une Economie Moderne Complexe.} groupe qui en cas de crise se retrouve à la rue tandis que les classes moyennes basses et moyennes sont ruinées et n’ont alors qu’un standard diminué de 3 ou 4 fois…
Israël est un pays qui n’a plus besoin de gens du niveau de ramasseur de concombres, mais 25% est excessif de toute façon..;et un {correctif socio-professionnel} et économique doit être trouvé dans une société qui nous rabat les oreilles avec sa Référence Biblique Torah Talmud Dinim et Pirke Aboth…
Personne au monde, pas même Dieu, s’il existait, ne peut modifier cette répartition gaussienne des capacités; mais nous avons inventé la Tsedaka pour cela, justement…

KM

Il y a quand même un réel problème de la pauvreté en ISRAEL. 25 % des gens vivraient en dessous du seuil de pauvreté. Si cet (ces) acte(s) sont réellement tristes, ils doivent permettre au Gouvernement Israélien d’ouvrir les yeux en toute honnêteté. Sinon cela s’appellera non pas un suicide, mais un assassinat !

Armand Maruani

Honnêtement ? Je suis très triste et ne sais pas quoi dire . J’ai un blocage .