Ce soir, 29 novembre, l’Assemblée générale des Nations Unies devrait voter un statut d’Etat observateur non membre à un Etat qui n’existe pas, et qui n’a jamais existé, mais qu’on accuse pourtant Israël d’occuper, quand bien même on n’a pas fait le même reproche à la Jordanie et à l’Egypte avant 1967. C’est une longue histoire …En Israël le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté cette démarche unilatérale comme dénuée de sens.

Dans les faits, sur le terrain, rien ne changera a-t-il déclaré en substance, pas même en ce qui concerne les questions économiques puisque le porte-parole du ministère des affaires étrangères a indiqué qu’Israël ne prendra pas de sanction.

Circulez, y a rien à voir!

Et pourtant!

Si cette nouvelle reconnaissance internationale ne va rien changer dans les semaines à venir et ne changera rien concrètement sur le terrain, il s’agit d’une nouvelle étape internationale de reconnaissance de ce qui n’est pourtant à l’origine qu’une chimère.

Rappelons rapidement qu’en 1917, à l’époque de la déclaration Balfour, ce qu’on appelait alors la « Palestine » –une région, pas un Etat- comprenait aussi ce qui constitue aujourd’hui la Jordanie et qu’en 1922 Churchill a créé de facto un premier partage en donnant l’est du Jourdain aux Hachémites.

Rappelons qu’en 1947, les Arabes ont rejeté le plan de partage – qui partageait ce qui n’avait pas été donné aux Jordaniens – de l’ONU et qu’en 1946, l' »Organisation pour l’indépendance de la Palestine » était une organisation sioniste car la « Palestine » était l’autre nom que donnaient les sionistes à une région géographique qu’ils appelaient également Eretz Israël .

Mais les choses ont bien changé depuis.

Tout a changé depuis.

En 1964 lorsqu’est créée l’OLP (« Organisation de libération de la Palestine), alors que l’Etat d’Israël n’a pas encore de souveraineté sur les territoires aujourd’hui disputés, il s’agit cette fois d’une organisation arabe, et non plus juive.

Tout a changé en vingt ans.

Une entreprise de conquête du vocabulaire autrefois sioniste a commencé.

Elle s’accompagne d’une entreprise de conquête sur le terrain, menée par des groupes terroristes arabes, et d’une entreprise de conquête internationale qui comprend les grandes étapes de 1974-1975, 1988 et 1993.

L’an dernier, une autre étape eut lieu avec la reconnaissance par l’UNESCO d’un « Etat de Palestine ».

Le vote d’aujourd’hui participe à cette entreprise de conquête des esprits.

En surfant sur la présence d’une population arabe nombreuse et de plus en plus nombreuse en Judée- Samarie et dans la bande de Gaza, cette conquête a si bien réussi que plus personne ne la remet en cause.

Pas même Israël qui réemploie ses conceptions et son vocabulaire.

Sur le terrain, Israël a répété à quel point cela ne servira à rien et la majorité de la classe politique (à l’exception d’Ehoud Olmert qui a tenu à marquer sa différence, peut-être pour des raisons électoralistes) est opposée à la démarche unilatérale de Mahmoud Abbas qui viole ainsi une fois de plus les accords d’Oslo, accords qui prévoient qu’il ne peut y avoir de changement de statut unilatéral par l’une des parties.

A l’ONU, l’ambassadeur d’Israël a rappelé à quel point une déclaration qui se base sur un territoire que Mahmoud Abbas ne contrôle pas totalement est grotesque. Il a rappelé aussi le caractère non démocratique de la bande de Gaza et des territoires contrôlés par Mahmoud Abbas.

Rappelons que Mahmoud Abbas a fini son mandat depuis 2009 mais que voilà plus de trois ans que les élections prévues sont repoussées.

Il a souligné aussi le contrôle complet de la bande de Gaza par le Hamas.

Un Hamas qui pourrait bien dans quelques années, prendre aussi le contrôle des territoires administrés aujourd’hui par les hommes de Mahmoud Abbas.

C’est dire à quel point il n’existe pas d’ « Etat de Palestine » sur les territoires qui seront définis à l’Assemblée générale.

Mais peu importe, tout cela n’est que symbolique.

Et peu importe, le vrai but de Mahmoud Abbas n’est pas d’avoir un Etat, mais de faire accuser Israël, à la CPI, à l’ONU, à l’UNESCO, dans les diplomaties internationales ou simplement dans les esprits et les mœurs du monde entier.

Peu importe qu’il y ait des conséquences juridiques ou non.

Le symbole est devenu suffisant.

Ce ne sera sans doute pas une victoire pour Mahmoud Abbas lui-même, mais c’en sera une de plus pour tous ceux qui veulent condamner Israël.

Symboliquement Israël sera condamné une fois de plus et passera, symboliquement, pour le méchant.

Misha Uzan / JForum – Correspondant spécial en Israël

Tags : Israël, »Etat de Palestine »,vote,ONU,ron Prosor,Netanyahou,Olmert,étapes,Hamas,Fatah,AP

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires