Ils ne portent pas de longues barbes et de vêtements traditionnels d’époque mais des survêtements et des tee-shirts. Leurs outils de travail ne sont pas de pierre taillée, mais des tablettes électroniques et des smartphones… Ils n’en sont pas moins un groupe d’Israéliens de l’école Caïn et Abel qui veulent devenir des prophètes. Et l’école leur délivrera des certificats de « prophètes modernes d’Israël ».Pour seulement 200 shekels et 40 unités, l’école forme des prophètes, et ce n’est pas une blague.

Shmuel Hapartsi est le fondateur et seul enseignant de l’école. C’est un disciple des Loubavitch Chabad, un Chabadnik. Un mouvement que certains considèrent comme déviant car une partie de ses membres a couronné le défunt leader du mouvement de messie.
Hapartsi a lui-même 34 ans et une expérience diversifiée. Immigrant russe, il est devenu ingénieur en logiciel. Ancien athée, dit-il, il porte aujourd’hui une longue barbe et est vêtu de noir à la façon des Loubavitchs. Il a étudié les sciences, le mysticisme, la philosophie chinoise, l’astrologie, la magie noire et les cultes chrétiens jusqu’à ce qu’il se tourne vers le judaïsme.

Comme il n’y a pas de cours classique pour devenir un prophète, Hapartsi a compilé ce qu’il jugeait approprié. Comme certains dans le mouvement Chabad, il estime que le Messie est déjà venu et que l’âge de la rédemption est proche, et qu’il est possible qu’il y ait encore des prophètes. Son école, affirme-t-il, a pour but de préparer le monde pour la nouvelle ère messianique. L’école est nommée d’après les fils d’Adam et Eve, Caïn fut le premier meurtrier et Abel sa première victime. Le nom représente différents pôles spirituels d’une personne, que l’école a pour but de réunir.

Si Hapartsi appartient au mouvement Chabad, le mouvement lui-même a toutefois pris ses distances avec l’école. Certains religieux l’accusent de blasphème ou de fraude, car la tradition juive ne reconnaît plus de prophètes depuis la destruction du second temple. Une phrase du Talmud dit « les prophètes ne sont maintenant que les enfants et les fous ». «C’est complètement fou», a déclaré le porte-parole de Chabad, Menachem Brod.

Et sur le plan scientifique, « Il n’est pas possible d’enseigner la prophétie », a déclaré Rachel Elior, un professeur de pensée juive à l’Université hébraïque de Jérusalem. « C’est comme ouvrir une école pour devenir Einstein ou Mozart. »

Pour autant, le programme est très sérieux. Il ne s’agit pas d’apprendre à prédire l’avenir ou à partager la mer. Les étudiants y apprennent le sens des rêves, la classification des anges, les mystères de l’esprit. Ils apprennent aussi à distinguer les sentiments intérieurs d’une personne et son comportement extérieur. Une forme de psychologie.

Hapartsi affirme qu’il ne peut garantir que son cours puisse donner à ses élèves une ligne directe pour converser avec Dieu. Mais il dit que le programme fournit des outils essentiels pour faire ressortir le prophète en personne.

« Dans le passé, il y avait des prophètes, mais même maintenant, à notre époque, la divinité est révélé à tous. Nous avons juste besoin d’ouvrir les yeux sur lui » a déclaré Hapartsi à son cours d’introduction, tenu dans un centre religieux plutôt grungy dans le sud de Tel-Aviv.

Il n’y a ni sélection ni procédure, toute personne qui veut devenir un prophète peut se présenter au cours. La classe inaugurale de l’école a accueilli ce mois-ci un mélange de 12 étudiants âgés de 18 à 50 ans. Un homme portait un survêtement bleu miteux tandis qu’un autre est entré avec une guitare en bandoulière sur son dos. D’autres jouaient avec leurs téléphones pendant la conférence ou sont sortis pour fumer. Mais deux d’entre eux avaient de longues barbes et portaient la kippa, rapportent les reporters de la presse israélienne.

Darya Popdinitz est venue de Jérusalem pour assister au cours. Elle portait un chapeau rose avec des pompons qui pendent. Elle dit que sa connaissance des prophètes bibliques est limitée, mais qu’elle était «curieuse».

« C’est un vrai mélange de diversifié de personnes », a déclaré Hapartsi.

La classe elle-même est un groupe d’étude modeste. Dans la petite salle, les hommes étaient assis en cercle autour d’Hapartsi, et les femmes séparément dans un coin, reproduisant la séparation des sexes de coutume dans le judaïsme rabbinique orthodoxe. Pendant la conférence, Hapartsi distribue du matériel d’étude, comme des extraits photocopiés des livres saints, et répond à une série de questions. Les devoirs des élèves sont d’effectuer de bonnes actions et de prier.

Roy Greenvald, un professeur de tennis de 27 ans qui fréquente la classe, a lui aussi montré un certain scepticisme au fait de devenir prophète. Mais il a exprimé un intérêt dans le développement spirituel qu’offre le parcours, comme quelque chose d’essentiel sur la voie de son élévation religieuse.
« Je ne vais pas devenir un prophète », a-t-il dit, « je ne pense pas ça paie très bien ».

Misha Uzan – JForum / Correspondant spécial en Israël

Tags : prophètes,école,religieux,Chabad,Loubavitch,messie,messianique,Jérusalem,Tel Aviv,Israël

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Zelake urbaine

Je désire avoir dès informations sur l école

Kamgang franck armelle

Je suis un jeune prohete Au camerou je veux faire votre école comment faire