Il faut sérieusement s’armer de courage, de rigueur et de solidité intellectuelle pour continuer à soutenir Israël dans un milieu qui lui est hostile. Ainsi peut-on qualifier le milieu médiatique français.Si les médias ne sont pas les seuls responsables de l’hostilité anti-israélienne qui règne en France, on ne peut nier leur part de responsabilité.

L’opération Pilier de défense n’avait pourtant, médiatiquement, pas si mal commencé.

Beaucoup diront qu’elle n’a pas si mal fini, évitant les condamnations et les manifestations de Plomb Durci en 2008 et de la deuxième guerre du Liban en 2006.

Sur France 2, si Charles Enderlin n’a fait que quelques interventions rapides, peu empathiques, face à des institutions israéliennes, comme l’explique Shmuel Trigano dans un récent article Article original, la journaliste envoyée dans la bande de Gaza, Sama Soula, n’a pas fait preuve de la même fausse naïveté à laquelle on était habitués.

Certes, comme le rappelle Shmuel Trigano dans le même article, elle n’a peut-être pas suffisamment fait preuve de perspective historique, montrant toute la responsabilité du Hamas et des leaders arabes pour la situation actuelle de la bande de Gaza, malgré le retrait israélien de 2005, qui n’a été accueilli que par de nouveaux missiles.

Mais il faut garder à l’esprit qu’un journaliste de terrain qui couvre une guerre ne fait pas de reportage historique et qu’il n’est pas toujours spécialiste de la région qu’on lui a demandé de couvrir.

Au moins a-t-elle appelé un chat un chat, parlant d’islamistes pour le Hamas et non « d’activistes » ou de simples « militants ». Même si le qualificatif « terroristes » aurait été encore meilleur pour bien préciser les choses.

Elle a aussi cherché à montrer, lors de la mort d’une douzaine de civils gazaouis tués dans la destruction d’une maison, que tout semblait désigner le Hamas comme responsable, et non Tsahal. Interrogeant les habitants qui prétendaient qu’aucune roquette ne pouvait être tirée depuis cette rue, elle a montré qu’elles pouvaient être cachées dans le toit, via une trappe, image à l’appui. Elle a aussi filmé et commenté les regards gênés des responsables locaux, qui savaient que des roquettes avaient été lancés depuis la maison et qu’ils étaient responsables de la mort des civils, mentionnant que l’aviation israélienne repérait les lieux de lancement de missiles et les bombardait aussitôt.

Voir la vidéo ci-dessous :

Toutefois les choses se sont ensuite envenimées.
Harcelée sur les réseaux sociaux par des Français pro-Hamas, peut-être poussée par une direction mécontente de reportages qui montrent trop la responsabilité des milices terroristes, Sama Soula a réalisé peu après le cessez-le-feu, un reportage qui renouait avec le sentimentalisme télévisuel qui filme une famille gazaouite, sans filmer dans le même temps une famille israélienne, et qui écoute ses propos sans les remettre en contexte et sans les contester (car chacun peut raconter ce qu’il veut, c’est toujours facile).

Mais surtout, c’est l’après Pilier de défense qui a renoué avec la désinformation la plus partiale.

A ma connaissance aucun grand média n’a fait mention des violations du cessez-le-feu à peine vingt minutes après 21 heures. Le soldat blessé par les débris d’une roquette à Eshkol n’existe-t-il pas pour la télévision et la presse françaises? La télévision israélienne en a pourtant parlé, la télévision française a jugé que ce n’était pas important.

Nul n’a dit mot non plus de la roquette tirée jeudi matin, et qui par chance est retombée à l’intérieur de la bande de Gaza.

Jeudi soir, tous titraient : « trêve respectée ». C’est tout simplement faux.
La trêve n’a pas été respectée. Des roquettes ont été tirées mercredi soir et jeudi matin, et ce même jour on se souvient qu’un soldat a aussi été agressé à l’arme blanche à Jérusalem. Il n’y a simplement pas eu de revendication.

Il faut dire aussi que le gouvernement israélien, présenté et perçu comme faible pour un cessez-le-feu conclu trop tôt et sans contrepartie apparente qui garantisse que les groupes terroristes ne se réarmeront pas et que tout cela ne recommencera pas dans quatre ans (voire moins), a préféré ne pas ébruiter ces violations du cessez-le-feu, parlant de simples « queues », de résidus à ne pas prendre en compte.

La tiédeur israélienne a été bien servie puisque le lendemain, vendredi, les médias n’ont en revanche pas hésité à parler au 20 heures de la mort d’un habitant de Gaza, lorsque plusieurs d’entre eux ont cherché à passer la barrière de sécurité et à pénétrer en Israël.

Malgré les images qui montraient que le soldat n’a fait que son devoir, on ne comprend pas pourquoi les médias ont mentionné ce fait, et pas les autres. On ne comprend pas pourquoi l’attaque des Gazaouis contre la barrière n’a pas été explicitée plus clairement. La seule chose qui importait était de faire passer Israël pour coupable, et responsable d’une violation du cessez-le-feu.

L’information des grands médias en France semble donc s’arrêter à un compte puéril et idiot du nombre de morts, sans prendre en considération les efforts faits par Israël pour éviter les morts et ceux du Hamas pour les multiplier.

L’information des grands médias en France semble aussi s’arrêter à la barrière à la bande de Gaza et au discours des Gazaouis.

Mais aucun grand média ne relatera dans les prochains jours qu’Izzat al-Rishq, membre du bureau politique du Hamas, a affirmé que rien dans les accords de la trêve de cette semaine , ne précise que le Hamas ne peut plus importer d’armes et qu’il est faux de penser que l’Egypte devra empêcher le trafic d’armes à destination de la Bande de Gaza, et que donc, par conséquent « La trêve ne nous empêchera pas de nous réarmer ».

Personne encore ne parlera de cette nouvelle tentative, dimanche, d’habitants de la région de Khan Younes, dans la bande de Gaza, de s’approcher de la barrière de sécurité.

Nul encore ne rapportera qu’à Gaza, les prénoms Fajr et Ahmed Jaabari, sont les plus donnés aux nouveau-nés, d’après le missile lancé contre Tel-Aviv, le Fajr 5, et d’après le chef de l’aile militaire du Hamas Ahmed Jaabari.

Ou nul n’informera, tant qu’il n’y aura pas confirmation, et peut-être jamais, que, selon les premiers éléments de l’enquête de Tsahal et du Shin Bet sur l’infiltration d’un individu lundi matin dans le moshav Sdé Avraham, dans la région d’Eshkol, il s’agirait d’un terroriste venu de la Bande de Gaza pour perpétrer un attentat et qui a poignardé une femme, qui a été légèrement blessée, et a tenté d’attaquer les soldats de Tsahal qui l’avait sommé de s’arrêter.

Car ce type d’informations n’est bonne à dire que si Israël passe pour le méchant.

Autrement, ça ne fait vibrer personne.

Misha Uzan – Correspondant en Israël – JForum

Tags : France 2, Israël,Hamas, Sama Soula, Charles Enderlin, désinformation, partialité, violation, cessez-le-feu, pilier de défense

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Capet

Pourquoi vous inquietez vous de ça????

Tout le monde (ou à peu pres en France) sait que les media sont peu objectifs en France!!!!

Entre les reportages complaisants sur le ramadan, l’inauguration des mosquées, le printemps arabe, les « talents des cités » tout le monde sait bien que l’islam est une religion de paix et d’amour!

La victimisation des pov’ « gazaouis » victimes des vilains israeliens va-t-en-guerre est une pierre de plus sur le mur branlant la désinformation officielle!

Personne n’est dupe! Bien au contraire!

Maguid

Ce qui me soulève le coeur, c’est cette persistance à vouloir parler l’arabe dès qu’il s’agit des ennemis d’Israël. Non seulement c’est un manque de tact mais c’est de la trahison. Parler la langue de l’ennemi, c’est, en quelque sorte, capituler. On ne dit pas Médéoui en parlant des habitants de Médéa, mais on dit bien Médéen, on ne dit pas Méditerranéoui, mais Méditerranéen, et ainsi de suite. Gaza, gazéen, point final.

Chritopher dee

Les médias français ont trahi depuis longtemps leur obligation d’informer objectivement le public à propos d’Israël. Leur appui inconditionnel à l’organisation terroriste hamas devrait leur valoir des condamnations internationales. Heureusement qu’internet change la donne et permet à la vérité de se manifester pour qui sait et/ou veut la trouver. La propagande propalestienne des médias français est une grave insulte à la démocratie. C’est même une véritable trahison. Il faudra qu’un jours ces journalistes répondent de leur complicité avec les dictatures islamistes.
A part ce souhait, d’un retour à des valeurs journalistiques saines, je tiens à exprimer toute mon admiration pour cette mère de trois ou quatre enfants, qui dans son Moshav s’est fait agressée par un terroriste palestinien. Elle a fait preuve d’un grand courage pour protéger ses enfants et a réussit à mettre en fuite ce criminel qui a fini comme il le méritait, en fabuleux martyr…