A partir du moment où il est devenu évident que la méfiance et la critique caractérisent la relation la plus stable au sein du gouvernement, celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Ehud Barak, une réalité politique nouvelle en appelle à des élections anticipées.
Savoir si les soupçons sont fondés ou non, n’est pas important. Peu importe si Barak a vraiment tenté ou non de vendre aux Américains une alternative aux politiques de Netanyahu. La situation résulte des sentiments subjectifs de chacun d’eux, individuellement.
Le problème, tel qu’il a été exprimé par l’un des dirigeants les plus en vus dans le monde arabe, ne concerne pas seulement le fossé apparent entre Israël et les Etats-Unis mais la réalité d’un Iran qui fait avancer son projet nucléaire. Les différends entre politiciens israéliens ont le même effet.

En mai, Netanyahou et Barak n’avaient pas l’intention de provoquer des élections anticipées, ce qui explique pourquoi ils ont travaillé à amener Shaul Mofaz au gouvernement. Ils ont agi en conformité avec le proverbe « un oiseau dans la main vaut mieux que deux dans le buisson. » Chaque politicien sait qu’il est préférable de s’asseoir sur la chaise qu’il possède déjà plutôt que de chercher deux chaises virtuelles aux élections.
Netanyahou a expliqué l’importance de la stabilité du gouvernement à long terme. Mais cette stabilité a déjà été réalisée dans son mandat actuel. Si les élections sont reportées à février 2013, la Knesset actuelle aura duré quatre ans. Ce n’était pas arrivé depuis 1999. Depuis lors, des élections ont eu lieu à intervalles plus fréquents, en 2001, 2003, 2006 et 2009. Pas une seule de ces Knesset n’aura duré quatre ans.
La raison principale pour faire avancer les élections est la situation économique. Les ministres du Likoud pensent que tant que les élections seront repoussées, ils auront à faire face à la colère croissante du public, même si Netanyahu a expliqué que, selon lui, le contraire est vrai. Après l’élection présidentielle de Novembre, les États-Unis adopteront un plan économique, qui bénéficiera également à Israël. La tenue des élections à la date prévue en Octobre ne serait donc pas nécessairement placer le Likoud face à un vote contestataire.

Toutefois, la plupart des ministres ne le croient pas. Gideon Saar, Gilad Erdan et Silvan Shalom pensent que cela vaut la peine pour le Likoud que les élections aient lieu au début de l’année. Le ministre des Finances Youval Steinitz est le seul ministre du Likoud qui a ses doutes. En outre, l’opposition sera mieux préparée si les élections ont lieu ultérieurement. Le parti travailliste de Shelly Yachimovich et le parti Yesh Atid de Yair Lapid sont apparemment en train de se préparer aux élections. Tzipi Livni devrait prendre une bouchée, peut-être une grande, des électeurs de Kadima. Pour Shas et son chef Eli Yishai, les élections anticipées seraient une bonne chose, surtout après qu’Aryeh Deri a manifesté son désir de revenir à la politique. Enfin pour Avigdor Lieberman, des élections anticipées seraient une reconnaissance pratique du fait que les enquêtes sur sa corruption présumée ont toute été fermées.
Faut-il donc croire à des élections anticipées? C’est plus probable qu’improbable.
Dan Margalit, Chroniqueur du journal Israël Hayom
Traduit et adapté par Misha Uzan / JForum – Correspondant spécial
Tags : Netanyahou,Ehud Barak,élections anticipées,israël,politique intérieure,coalition,gouvernement
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