Les sanctions internationales affectent gravement l’Iran, selon un nouveau rapport du ministère israélien des Affaires étrangères révélé jeudi dans le journal israélien « Haaretz ».
Ces conclusions contredisent les demandes du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou de mener une action plus dure contre l’ennemi juré d’Israël.
Benyamin Nétanyahou devait prononcer jeudi un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, où il devait réitérer sa certitude que les sanctions ne fonctionnent pas, une affirmation mise à mal par les conclusions du rapport du gouvernement israélien.
Les Nations unies ont déjà pris plusieurs vagues de sanctions économiques contre l’Iran, mais pour Benyamin Nétanyahou, celles-ci auraient paralysé l’économie iranienne sans pour autant convaincre Téhéran d’interrompre son programme nucléaire.
D’après les extraits du document publiés jeudi, les exportations de pétrole ont chuté de plus de 50% en 2011 et les revenus liés au pétrole ont chuté de 40 milliards de dollars (plus de 31 milliards d’euros ) depuis le début de l’année. Les sanctions visant la Banque centrale rendent également difficile l’accès du régime à ses devises étrangères et provoqué un écart de 100% entre le taux de change officiel du rial, la monnaie iranienne, et le taux pratiqué sur le marché noir. Le prix du pain, de la viande et de l’électricité sont également montés en flèche du fait des sanctions, selon le rapport.
Un responsable israélien ayant requis l’anonymat a confirmé ces informations sans livrer davantage de détails. Selon « Haaretz », le ministère israélien des Affaires étrangères s’est appuyé sur des données communiquées par les pays disposant d’ambassades en Iran.
Ce rapport survient après les déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères, qui a prédit que les dirigeants iraniens auraient à faire face dans moins d’un an à un soulèvement populaire similaire à ceux du mouvement de démocratisation du Printemps arabe. Cet argument va à l’encontre des propos de M. Nétanyahou, pour qui une attaque visant les installations nucléaires iraniennes serait la seule réponse à donner à ce qu’il considère comme un pouvoir fanatique et intransigeant.
L’Iran assure que son programme nucléaire n’est pas militaire mais Israël, les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux rejettent cette affirmation.
JERUSALEM (Sipa) Article original
TEHERAN – L’économie iranienne, fortement dépendante du pétrole, montre des signes de faiblesse sous la pression des sanctions occidentales, alors que le président Mahmoud Ahmadinejad doit prononcer mercredi un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.

La monnaie iranienne a chuté de plus de 4% en moins 24 heures, alors que le chômage se développe, l’inflation bat des records, et des milliers d’ouvriers se plaignent de ne pas avoir été payés.
Les initiatives du gouvernement pour maintenir la valeur du rial mais aussi le niveau des exportations pétrolières ont échoué.
Les dirigeants iraniens ont toutefois exclu d’infléchir leur programme nucléaire controversé afin d’obtenir une levée des sanctions, une position que M. Ahmadinejad devrait réaffirmer avec force mercredi.
Le numéro un iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a de son côté souligné que le pays avait adopté une « économie de résistance » face aux sanctions, que les Etats-Unis et les pays européens voudraient encore durcir prochainement.
Les responsables iraniens ont demandé aux médias locaux de ne pas mettre l’accent sur les difficultés économiques et de souligner en revanche les succès.
Mais les difficultés apparaissent de plus en plus, en raison notamment du boycott pétrolier et des sanctions bancaires imposées par les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne.
Un important député conservateur, Mohammad Reza Bahonnar, a déclaré ce week-end que l’Iran avait exporté en juin-juillet « environ 800.000 barils par jour » contre environ 2,3 millions il y a un an, selon l’agence Isna.
Ces chiffres sont proches de ceux évoqués par l’Opep et l’Agence internationale de l’énergie.
Mais le ministre du Pétrole, Rostam Ghassemi, a affirmé selon Isna que la production pétrolière serait au total cette année « identique à celle de l’an passé ».
Les consommateurs iraniens touchés
Les exportations devraient augmenter légèrement en raison de la décision de la Corée du Sud de reprendre ses achats de pétrole iranien.
Le président Ahmadinejad a lui-même reconnu que l’Iran faisait face à « des problèmes » pour vendre son pétrole, qui représente près de la moitié des ressources budgétaires du gouvernement. Mais il a insisté sur le fait que le pays était capable de faire face à la situation.
La population subit toutefois directement les sanctions, qui se traduisent notamment par une forte hausse des prix des produits alimentaires.
Selon l’agence Ilna, quelque 20.000 ouvriers ont envoyé une lettre au ministre du Travail Abdolreza Sheikholeslami pour se plaindre de ne pas avoir été payés et demander une hausse de leur salaire de 120 dollars à 285 dollars, expliquant qu’ils sont « sous le seuil de pauvreté ».
Dans les classes sociales plus favorisées, de nombreux Iraniens ont également dû renoncer aux voyages à l’étranger du fait de la chute de la valeur de la monnaie nationale.
« Les Iraniens qui voyageaient à l’étranger doivent maintenant aller sur l’île de Kish ou à Machhad », dans le nord-ouest de l’Iran, relève une employée d’une agence de voyages.
Le président du Parlement, Ali Larijani, a tiré la sonnette d’alarme.
« Selon les statistiques, il y a une forte hausse du chômage. Il faut trouver une solution. De même, l’inflation est officiellement de 22%, ce qui est très élevé et dans certains domaines, elle encore plus forte », a déclaré M. Larijani, cité par l’agence Isna.
Le sous-secrétaire américain au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte antiterroriste, David Cohen, a déclaré il y a deux semaines que les sanctions économiques commençaient à « étrangler » l’économie iranienne.
Il a précisé que la chute des exportations pétrolières coûtait à l’Iran « jusqu’à 5 milliards de dollars par mois, ce qui oblige le gouvernement à faire des coupes dans le budget ».
La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne veulent faire adopter le 15 octobre de nouvelles sanctions contre les secteurs de l’énergie, des finances, du commerce et des transports pour accentuer la pression contre Téhéran.
Par AFP – Express
Article original

La France, le Royaume Uni et l’Allemagne ont demandé officiellement de nouvelles sanctions de l’Union européenne contre l’Iran pour son programme nucléaire controversé, ont indiqué dimanche des diplomates.
Les ministres des Affaires étrangères des trois pays, Laurent Fabius, William Hague et Guido Westerwelle ont écrit à la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à ce propos à la fin de la semaine dernière, a indiqué à l’AFP un diplomate européen.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent en discuter lors d’une réunion à Bruxelles le 15 octobre.
«Il est nécessaire que nous intensifions les sanctions», a expliqué un autre diplomate. «Nous pensons qu’il reste du temps pour une solution politique, diplomatique et c’est ce à quoi nous travaillons, mais nous ne pouvons pas accepter que l’Iran dispose d’armes nucléaires», a-t-il ajouté.
Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir acquérir l’arme atomique en prétextant un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.
L’UE a déjà adopté une série de sanctions bancaires et commerciales contre Téhéran. La plus sévère est l’embargo pétrolier mis en place par l’UE et les États-Unis, entré officiellement en vigueur en juillet.
L’impasse dans le dossier nucléaire iranien, sur fond de menaces de frappes préventives de la part d’Israël, devrait être un des principaux thèmes de discussions lors de l’Assemblée générale de l’ONU qui s’ouvre mardi.
Etats-Unis, Royaume Uni, France, Chine, Russie et Allemagne doivent se concerter jeudi avec Mme Ashton sur ce dossier, en marge de l’Assemblée elle-même. Les six pays composent le groupe dit «5 + 1» chargé de négocier avec l’Iran.
Selon la secrétaire d’État adjointe pour les organisations internationales Esther Brimmer, une des priorités de Washington lors de l’Assemblée générale sera de «d’assurer l’application de sanctions internationales efficaces contre le programme nucléaire illégal de l’Iran».
Pour sa part, la Russie a indiqué qu’elle réitérerait son opposition à de nouvelles sanctions à l’occasion de la réunion «5 + 1» de New York.
La France s’était déclarée à la mi-septembre déterminée à «accroître les sanctions» sur l’Iran après l’adoption à Vienne par le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’une nouvelle résolution dénonçant la poursuite par Téhéran de l’enrichissement de son uranium. Selon son degré d’enrichissement, l’uranium peut être utilisé pour la production d’électricité et d’isotopes médicaux ou permettre la fabrication de l’arme atomique.
De son côté, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé dimanche à New York où il doit prononcer mercredi un discours devant l’Assemblée générale. Il a été reçu dimanche après-midi par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Selon une porte-parole de l’ONU, Vannina Maestracci, M. Ban «a invité l’Iran à prendre les mesures nécessaires pour rétablir la confiance de la communauté internationale dans le caractère exclusivement pacifique de son programme nucléaire».
M. Ban et le président iranien ont aussi discuté de la crise syrienne et des protestations dans le monde musulman à propos d’un film islamophobe.
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