Alors que la presse israélienne se livre à d’intenses spéculations depuis une semaine sur le fait qu’Israël pourrait bientôt lancer une attaque unilatérale contre les sites nucléaires en Iran, le chef d’état-major de l’armée des Etats-Unis d’Amérique, Martin Dempsey, en route pour l’Afghanistan, a déclaré aux journalistes que l’armée américaine ne sentait pas la pression d’Israël.

« Ils vivent avec une préoccupation existentielle avec laquelle nous ne vivons pas. » »Vous pouvez prendre deux pays qui interprètent le même renseignement mais sortent tous deux avec deux conclusions différentes. Je vous dirais que c’est ce qui se passe ici ».

Selon lui, Israël considère la menace iranienne avec plus d’urgence que les Etats-Unis.

Il a par ailleurs réitéré son point de vue selon lequel si Israël peut retarder le projet nucléaire iranien, il ne pourra pas le détruire totalement et certainement pas mener une guerre de longue haleine tout seul.

Il a toutefois indiqué qu’il s’entretenait avec Benny Gantz, chef d’état-major israélien sur une base régulière, bi-hebdomadaire.

« Nous comparons nos renseignements, nous discutons des implications régionales.

Mais nous avons admis l’un et l’autre que nos horloges tournent à des vitesses différentes », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, interrogé sur la Syrie, Martin Dempsey s’est montré prudent. Il a toutefois laissé entendre qu’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie pourrait entraîner les moyens militaires nécessaires pour dissuader l’Iran dans le Golfe.

Dans son discours, le mot de prudence était omniprésent.

Mais ce qui est décrit comme de la prudence aux Etats-Unis ne l’est pas nécessairement en Iran ou en Israël.

En effet, selon Amos Yadlin, ancien chef des renseignements israéliens, qui s’est confié aux journalistes, face à la prétention de « prudence » des Etats-Unis, Israël veut obtenir un engagement clair que les Etats-Unis auront recours à la force si nécessaire.

Mais le flou règne et concrètement, les Etats-Unis ne s’y sont pas clairement et officiellement engagés.

Quant à l’Iran, selon Yadlin, il n’a tout simplement pas peur des Etats-Unis et de leur « prudence » affichée.

En effet dit Amos Yadlin, le comportement de l’Iran montre qu’il ne croit pas sérieusement que les Etats-Unis auront recours à l’action militaire contre son programme nucléaire.

Israël aurait pourtant affiché une date butoir pour obtenir des garanties : 2013 et peut-être fin 2012 pour Ehoud Barak.

Des dates qui entretiennent la spéculation de cette dernière semaine sur une attaque imminente.

Dans une interview claire et franche, Yadlin, qui a pris sa retraite en tant que chef des renseignements israéliens fin 2010, a exhorté le président américain Barack Obama à faire une déclaration devant le Congrès, précisant que « si les mesures auxquelles l’administration se fie aujourd’hui, comme les négociations et les sanctions, n’ont pas réussi d’ici l’été 2013, alors les Américains résoudront le problème par une intervention militaire« .

Une telle déclaration, selon Yadlin, pourrait apaiser les inquiétudes israéliennes sur la politique américaine. Par ailleurs, a-t-il ajouté, les États-Unis devraient prendre certaines mesures « pour montrer qu’ils sont sérieux : une défense antimissile plus intensive au Moyen-Orient, des exercices avec leurs alliés au Moyen-Orient – afin de démontrer au monde plus clairement qu’ils s’y préparent vraiment ».

Pour Yadlin, qui dirige aujourd’hui l’Institut d’études de sécurité nationale à l’Université de Tel Aviv :

« Les Iraniens ont simplement dit qu’ils n’ont pas peur des Israéliens.

Ils n’ont pas dit qu’ils n’ont pas peur des Américains. Mais vous pouvez voir dans leur comportement qu’ils n’ont pas peur. »

Il est inacceptable, a ajouté Yadlin, pour un secrétaire américain à la défense « de s’engager publiquement et de dire qu’une attaque contre l’Iran plongerait le monde dans une troisième guerre mondiale où le Moyen-Orient serait la proie des flammes.

Cela montre que vous n’avez pas vraiment l’intention de le faire. »

Ancien pilote de chasse dans l’IAF, qui a combattu pendant la guerre de 1973, et qui était l’un des huit pilotes qui ont bombardé le réacteur nucléaire de Saddam Hussein à Osirak en 1981, Yadlin a indiqué qu’il était certain que, si tout le reste échoue, une seule « frappe chirurgicale intelligente » par les Etats-Unis pourrait stopper le programme nucléaire iranien.

Il affirme qu’il y aurait un « risque élevé » d’une attaque américaine en 2013-2014, si « toutes les autres options seront épuisées aux yeux des Américains. … »>Article original

Les Etats-Unis pourront le faire lorsqu’ils finiront par comprendre que les négociations ne donneront rien de la part des Iraniens et que les sanctions ne sont pas la réalisation de ce qui est nécessaire … »>Article original

Je suis de ceux qui croient que le président Obama comprendra les intérêts américains concernant l’Iran, au sujet de la prolifération qui s’ensuivrait si l’Iran était nucléaire.

Le lendemain, les Saoudiens, les Turcs et après peut-être que l’Egypte et l’Irak chercheraient à passer au nucléaire »>Article original.

Il n’y a aucun président américain qui veut que le TNP Traité de non-prolifération nucléaire »>Article original s’effondre. »

Il a ajouté : « Regardez, le président Obama a reçu le Nobel de la paix, mais il n’a pas demandé à Ben Laden d’être végétarien.

Qu’est-ce qui est arrivé à plusieurs dirigeants d’Al-Qaïda?  »

Toutefois, a souligné Yadlin, si les préoccupations d’Israël n’ont pas été apaisées, et si Israël ne voit pas d’autre alternative, la possibilité qu’Israël attaque l’Iran « ne peut pas être exclue ».

Pour le Premier ministre et le ministre de la Défense « toutes les stratégies employées contre l’Iran ont échoué ou ne fonctionnent pas.

Les négociations diplomatiques qui ont eu lieu à Istanbul, Bagdad et Moscou n’ont rien produit.

Les sanctions peuvent être douloureuses pour les Iraniens, mais ne les ont pas fait changer d’avis.

Les opérations secrètes dont personne ne prend la responsabilité n’ont pas arrêté le programme nucléaire iranien.

Le régime est relativement stable. … »>Article original

Dans l’hypothèse où le coût d’une bombe nucléaire iranienne pour la sécurité d’Israël, et le danger qu’il représente, est plus important que le coût d' »>Article original une attaque sur l’Iran, je pense que cela peut arriver » … mais selon lui, pas avant 2013, au moins.

Misha Uzan / JForum – Correspondant spécial

TAGS : Nucléaire Iranien TNP USA Obama IQF Yadlin Dempsey

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