Alors que les négociations pour une nouvelle loi sur l’enrôlement à l’armée ou au service national de tous les citoyens israéliens, se poursuivent, sans parvenir à un accord à ce jour, nous vous présentons en guise de débats, deux éditoriaux de points de vue différents, parus cette semaine dans la presse israélienne.Le sujet est vaste et important et il y aurait encore beaucoup à dire, chacun se fera sa propre idée.
A noter toutefois pour avoir toutes les clés en main que beaucoup de jeunes religieux en Israël, généralement non haredis, servent à l’armée et étudient dans des yeshivot.
Des programmes existent déjà et ils sont généralement utilisés par les religieux du courant sioniste religieux (ou religieux-national, dati leumi).
Par ailleurs, si l’armée est en principe obligatoire, en dehors des dérogations accordées, le fait d’étudier en yeshiva ne fait partie d’aucune obligation en Israël, mais d’un choix.
Essayez d’imaginer un instant ce que fait un étudiant de yeshiva : il renonce à la télévision, au cinéma, au sexe, aux divertissements, et il entre volontairement dans un pensionnat où le monde entier tourne autour de la Torah.
Et avec tout cela, il devrait sacrifier trois ans dans l’armée?
Des dizaines de milliers de jeunes Israéliens âgés de 18 ans sautent de leur lit chaque matin pour saluer leurs commandants.
Parfois, ils se réveillent après quelques heures de sommeil et apparaissent en quelques secondes au lieu d’appel.
Au cours de la journée, ils reçoivent des repas maigres, investissent des efforts considérables en matière de formation et renoncent à beaucoup de plaisirs, et montent la garde pendant la nuit.
Alors qu’ils sont au camp, ils ne jouissent pas des divertissements et des soirées qu’offre la vie, et ils ne reçoivent pas de paiement équitable pour leurs efforts.
Leurs meilleures années, ils se sacrifient pour une cause.
Mais ces privations ne se réfèrent pas seulement aux soldats de Tsahal.
En ces jours où chacun se fait un grand connaisseur du milieu orthodoxe, je veux essayer de rétablir un certain équilibre et de la perspective.
Dans une yeshiva, les étudiants assidus peuvent s’asseoir à l’intérieur de l’école 18 heures par jour, et la grande majorité des étudiants de la yeshiva siégent au moins 10 heures par jour à étudier les pensées philosophiques et juridiques du Talmud.
Un des éléments essentiels du monde moral de la yeshiva est l’ascèse, l’abstinence du plaisir physique.
Etre prêt à vivre une vie de pauvreté, de pénitence, en mangeant peu et en dormant sur un matelas mince, s’abstenant sexuellement jusqu’au mariage.
Le garçon de Yeshiva saute aussi du lit le matin, mais son commandant est la voix intérieure de son cœur, cette voix qui pour lui, à chaque étape, définit l’idéologie pure à laquelle il tient.

Je n’apprends plus aujourd’hui dans une yeshiva ou un Kollel, car cette vie que j’ai décrite n’est pas adaptée à tous les jeunes haredim, mais je comprends ceux qui ont choisi cette vie.
Donc, je pense qu’avant qu’on ne place cette société morale et éthique sur le bûcher, nous devrions comprendre un peu ce qu’elle est.
Je souhaite que l’on trouve des solutions à des milliers de jeunes qui ne peuvent poursuivre dans les yeshivot, qui se rendent vers les représentants politiques ultra-orthodoxes, avec pour seul désir de préserver le présent.
Et j’espère que le discours public sera nettoyé de la condescendance qui l’habite.
Opinion publiée dans le «Yediot Aharonot,» 12 juillet 2012.
Traduit et adapté par Misha Uzan
L’une des principales sources d’énergie du leadership des ultra-orthodoxes radicaux est la perception commune auprès du grand public, que son chemin représente le judaïsme traditionnel, étant simplement plus extrême voire plus authentique.
C’est l’un des mythes les plus puissants de la société et l’un des plus absurdes.
De nombreux Israéliens ont un grand respect pour la tradition, et le mythe qu’il s’agit là de la tradition est très utile auprès des ultra-orthodoxes, par exemple dans la lutte contre le recrutement des étudiants de yeshiva.
Les représentants du« Judaïsme Unifié de la Torah» (parti ultra-orthodoxe ashkénaze) proclament sans vergogne que l’apprentissage de la Torah est la façon originale de vivre comme un juif, de fournir un service et la légitimité même du travail.
Mais leur demande est sans fondement.
Le concept même de l’érudit (un étudiant de yeshiva marié) a été exceptionnel dans la diaspora.
Il est devenu le principal mode de vie ultra-orthodoxe uniquement en Israël, en raison des avantages de l’État providence.
Au cours de l’histoire les familles traditionnelles travaillaient et subvenaient à leurs besoins.
Israël a créé une nouvelle halakha dans laquelle le travail est une notion inférieure.
L’aspect le plus absurde de ce nouveau judaïsme fanatique est le Glatt Casher.
Le mot hébreu casher indique quelque chose qui est permis et bon.
Le fanatisme orthodoxe a créé une situation nouvelle selon laquelle seul le Glatt casher est admissible.
Le mot casher y a perdu sa validité.
Autre exemple, la question de la modestie des femmes.
Autrefois la modestie était nécessaire en partie parce que les femmes et les hommes vivaient sans séparation.
Il n’y avait de séparation qu’à la synagogue.
Pas plus.
Aujourd’hui selon les nouveaux concepts de l’homme haredi, il ne peut pas s’asseoir dans un bus près d’une femme, ni marcher sur le même trottoir ou bien voir sa cheville.
Cette distorsion est présentée comme le judaïsme lui-même.
Autre secteur, celui de la conversion.
Si une chose était certaine dans le judaïsme, c’est qu’une fois que vous étiez converti, vous étiez considéré comme équivalent aux Juifs d’origine.
Mais le tribunal rabbinique de Rabbi Avraham Sherman en a décidé autrement en annulant des milliers de conversions.
Non pas des conversions aux mouvements réformés ou conservateurs, mais celles de Rabbi Haim Druckman, un rabbin orthodoxe majeur, comme l’est Sherman.
La communauté religieuse des ultra-orthodoxes radicaux, qu’on appelle généralement la communauté lithuanienne, est comparable à la secte des talibans.
Ce sont des disciples d’un fanatisme qui propage l’épidémie de la ségrégation et de l’exclusion.
Le fait que ces innovations n’aient jamais été imaginées par nos ancêtres, ne les dérangent pas.
Ils prétendent qu’il s’agit là du vrai judaïsme et, que par conséquent, ils ne peuvent pas se compromettre.
A tous les égards pourtant, l’ultra-orthodoxie fanatique est une réforme du judaïsme (Note du traducteur : on pourrait dire une hétérodoxie), mais cette réforme n’est pas une réforme de modération et de progrès, mais d’interdictions et de boycotts.
Le député et rabbin Haïm Amsellem, lui-même haredi, par ses actions et ses paroles, a dénoncé ces dérives.
Le vrai judaïsme traditionnel est contre l’ostracisme.
Il est temps de briser le mythe qui veut que les ultra-orthodoxes représentent le judaïsme traditionnel historique.
Il ne s’agit pas du judaïsme traditionnel d’hier, mais de sa déformation et d’une falsification.
Shahar Ilan, vice-président de Hiddush, pour la liberté religieuse et l’égalité
. Editorial publié le 10/07/2012 dans le journal «Haaretz.»
Traduit et adapté par Misha Uzan /Jforum (Correspondant spécial )
NDE: il s’agit ici de montrer deux points de vue significatifs sur la question , exprimés en Israël , il peut y en avoir , bien évidemment d’autres.
Tags : Haredim Tsahal Loi Tal Dati leumi judaïsme Service Militaire
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Tout d’abord, soyons clairs et précis, pour le peuple d’Israel, l’étude de la Torah est le pilier du monde, avec laquelle D. a formé son alliance avec le Am Israel.
Je suis moi-meme Harédi et étudie tous les jours au moins 1 heure(j’essaye de rajouter plus) avant ou apres mon travail,
Cet axiome étant posé, nous devons trouver une solution pour que la majorité du peuple remplisse ses devoirs vis- à-vis de l’état , ou vis-à-vis de son prochain juif, chacun est responsable de l’autre, car il ne faut pas oublier que chacun a des droits mais aussi des devoirs dans notre société .
La Torah nous dit dans la parasha Mishpatim ch.23 passouk 5 :
« כִּי-תִרְאֶה חֲמוֹר שֹׂנַאֲךָ, רֹבֵץ תַּחַת מַשָּׂאוֹ, וְחָדַלְתָּ, מֵעֲזֹב לוֹ–עָזֹב תַּעֲזֹב, עִמּוֹ. »
« Si tu vois l’ane de ton ennemi succomber sous sa charge, garde toi de l’abandonner; aide-lui au contraire à le décharger »
A plus forte raison, si tu vois ton frère juif plier sous le joug de l’armée avec ses 3 années de service , aides le a réduire ce temps en participant avec lui à ce devoir, et en partageant ce temps de service avec peut-être cette possibilité de servir seulement 2 années . Rabbi Akiva a dit qu’aimer son prochain c’est le plus grand principe de la Torah, et là le monde Harédi a une possibilité de pratiquer cette grande Mitsva .
Quelle grande Mitsva de pouvoir aider son frère juif . Imaginons des Harédims dans des garnisons en train de faire comprendre la grandeur de l’étude de la Torah et des mitsvots a un monde hiloni qui est eloigné de ce monde religieux .
C’est sur que tout les étudiants ne doivent faire leur service militaire car nous avons besoin de former nos futurs Rav et enseignants dont tout le peuple a besoin .
Ce qu’il faut c’est trouver un compromis qui laisserait aux futurs soldats des plages horaires qui seraient établis de facon que même ces élèves pourraient continuer a étudier quelques heures par jour dans des conditions respectables et respectueuses du mode de vie religieux.
Chacun doit faire preuve de responsabilité, que ce soit un dirigeant communautaire ou un Rosh Yeshiva(ou Rosh Kollel). Car la solution se trouve dans le dialogue et non pas des mesures cohércitives.
Il y a encore beaucoup a dire …
sur la partie 2 l’assertion (en gras) Israel a inventé une nouvelle Hala’ha selon laquelle le travail est une notion inférieure:
Puisque nous parlons de judaïsme référons nous aux sources et rappelons nous que La bible qualifie la notion travail de {{malédiction}} de D. envers Adam:
« tu mangeras du pain à la sueur de ton front »
en quoi le travail qui est un {{moyen}} pour le juif de gagner sa vie pour pouvoir servir son Créateur serait il supérieur ou même égal au {{but}} qui est le service Divin?
à propos des chemins et des bus séparés le Rav Ovadia Yossef (chef spirituel « ‘Haredi »…) s’est déja exprimé sur la question et a affirmé qu’il n’y a aucune necessité Hala’hique à cette séparation.
La « nouvelle religion » existe t-elle ou est elle le produit de constatations journalistiques peu exactes…?
avec affection pour tous mes bien aimés frères lecteurs
Je sais que certains vont (encore) m’insulter copieusement, mais…..
Il existe un proverbe ROMAIN (OK! OK! Je n’en ai pas trouvé d’ autre !!) qui dit:
« IN MEDIO STAT VIRTUS »
Ce qui est « bien » est au milieu…..
Pourrait-on appliquer tout ceci à ce débat qui n’a que trop duré??
Doit-on, d’un côté, accepter que des milliers de jeunes israëliens, parce qu’ils sont d’un milieu orthodoxe, soient dispensés de tout effort, de tout sacrifice, de toute coopération pour la défense de ce pays dont la force même les protège ????
Doit-on, d’un autre côté, exiger que des jeunes, dont la vocation est en priorité l’ étude de la Tora, se retrouvent au coeur d’un univers fait d’effort physique, de stress, de danger et de règles très terre-à-terre pour la seule satisfaction d’un: « Tout le monde doit y passer » digne d’un dogme ????
Certes non!!
Si l’on veut bien écarter tous les a priori qu’on nous a tant resservis ces dernières semaines , peut-être pourrions-nous ( à notre très modeste place de non-israëliens !!!) apercevoir quelques lueurs d’espoir dans un logique simple ???
Pas question de faire du fils de famille harédi un soldat d »élite du style « sayaret matkal ». Pas question de lui laisser croire toute sa vie que Tsahal est un corps qui lui est parfaitement étranger.
Beaucoup, j’espère, savent que Tsahal a une organisation extraordinaire au niveau des unités « non-combattantes » qui explique souvent les succès de l’ armée d’Israël…..Nos ‘harédim de toutes obédiences seraient peut-être prêts à passer leur temps de service à prêter main forte aux « combattants » ….Car, la guerre se gagne aussi A L’ARRIERE….
Moyennant quelques aménagements mineurs et un peu de calme dans les esprits, Israël devrait venir à bout de ce problème de société.
Pour la petite histoire, ma famille est très pratiquante et mes jeunes cousins, tous dans des unités combattantes, ont accompli leur service et leurs rappels de réservistes sans qu’on en parle dans les médias …….