Il a fallu plus d’un an, et 13 000 morts, pour que l’État hébreu condamne un massacre commis par Bachar el-Assad. Décryptage.C’est une réaction que l’on n’attendait plus. Face à l’atrocité du massacre de Houla, qui a fait dans la nuit de vendredi à samedi 108 morts, dont 49 enfants, Benyamin Netanyahou s’est déclaré « écoeuré par le massacre incessant mené par les forces du président syrien Bachar el-Assad contre des civils ». Des propos qui pourraient paraître anodins s’ils n’étaient pas les premiers du genre de la part du Premier ministre israélien, plus d’un an après le début d’un conflit qui a fait au moins 13 000 morts.

Pourquoi ce silence ? Il s’agit d’un « changement de nuance », précise au Point.fr Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Ce dernier rappelle que si son Premier ministre n’avait jamais parlé en des termes aussi durs à l’égard de Damas, il avait déjà qualifié de massacre la répression du peuple syrien, notamment à Homs, en février dernier. Mais il ne l’avait pas condamné. « Dès qu’Israël parle, ses propos sont instrumentalisés de part et d’autre », se justifie Yigal Palmor. « Chaque camp accuse alors l’autre de trahison et de collaboration avec l’ennemi sioniste ». Et le diplomate d’affirmer qu' »Israël ne veut pas que ce conflit se règle sur son dos ».
« Aucun intérêt politique » (Ilan Greilsammer)
Pour le politologue Ilan Greilsammer, professeur de sciences politiques à l’université Bar-Ilan de Tel-Aviv, les propos du Premier ministre israélien se révèlent étonnants, tant Israël n’a pas intérêt politiquement à s’engager sur la question syrienne. « Il existe en Israël une sympathie naturelle à l’égard du camp rebelle, affirme-t-il. Mais ce soutien pourrait desservir l’opposition syrienne. » Ainsi, le politologue attribue le changement de ton de Benyamin Netanyahou au fait qu’il souhaite suivre « le vent de condamnations des États-Unis et de l’Europe en se tenant aux côtés des rebelles ».
Pas sûr, néanmoins, que ces derniers accueillent ce soutien à bras ouverts. En mai 2011, lorsque Bachar el-Assad a envoyé ses chars étouffer la révolte de Deraa, les manifestants scandaient : « Bachar, envoie plutôt tes chars récupérer le Golan », en référence au plateau syrien, occupé et annexé par Israël après la guerre des Six-Jours, en 1967. Bien que cette décision n’ait pas été reconnue par la communauté internationale, la frontière entre les deux pays n’a connu aucun incident notable depuis la fin de la guerre israélo-arabe en octobre 1973. « Au début de la révolution, les Israéliens se disaient : Nous préférons le diable que nous connaissons », explique à l’AFP Eyal Zisser, professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv.

Le plus grand allié de Damas (Burhan Ghalioun)
Un mutisme qui a amené Burhan Ghalioun, le président démissionnaire du Conseil national syrien, à accuser Israël d’être le « principal ennemi de la Révolution syrienne ». Dans une récente interview au quotidien saoudien al-Youm, l’ancien chef de l’opposition syrienne s’est dit « convaincu que le plus grand allié du régime syrien est l’État hébreu ». Des propos que l’on retrouve, étonnamment, dans la bouche de militants syriens organisant des manifestations hebdomadaires en France, et imputant à l’État hébreu, soucieux de préserver ses intérêts, l’inaction de l’ONU. Pourtant, Israël ne siège pas au Conseil de sécurité de l’ONU, dont toutes les résolutions sont jusqu’ici bloquées par les veto russes et chinois.
« Il est vrai que le Golan demeure tranquille, note Yigal Palmor. « Mais Bachar el-Assad reste notre ennemi féroce de toujours. Il préfère nous battre sur d’autres terrains à travers le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. » En octobre dernier, le président syrien avait menacé de transférer des centaines de missiles sur le Golan, avant de les envoyer sur Israël, en cas d’intervention de l’Otan dans son pays. Un risque que minimise Ilan Greilsammer. « La raison du calme à la frontière du Golan ne provient pas d’une amitié excessive de Bachar el-Assad à l’égard d’Israël, mais de l’impossibilité militaire de le faire. « Actuellement, le rapport de force est tel qu’il n’a aucun intérêt à engager d’hostilité sur le Golan. »
La menace des Frères musulmans
Reste l’épineuse question de l’après-Assad. Avec d’actuelles livraisons d’armes en provenance d’Iran et de la Russie pour le clan alaouite, mais également d’Arabie saoudite et du Qatar pour les rebelles, le pays pourrait sombrer dans une sanglante guerre civile en cas de chute du dictateur, comme c’est actuellement le cas en Libye. « C’est effectivement très inquiétant pour tous les pays limitrophes », concède Yigal Palmor. « La Syrie pourrait alors non pas changer de régime, mais devenir une nouvelle Somalie. » Autre risque pour l’État hébreu, celui de voir arriver au pouvoir en Syrie les Frères musulmans. Les islamistes sunnites, qui dominent actuellement l’opposition, pourraient être moins enclins à fermer les yeux sur l’annexion du Golan.
« Quelle que soit l’issue de la révolution syrienne, elle ne changera pas fondamentalement les choses pour Israël », insiste Ilan Greilsammer. « Le principal ennemi de l’État hébreu aujourd’hui n’est pas le monde arabe, avec lequel il est entré dans une période de tranquillité, mais l’Iran », relève le politoloque. « Ainsi, une chute de Bachar el-Assad, allié stratégique de Téhéran, contribuera à affaiblir la République islamique, ce qui est positif pour Israël. »
Par ARMIN AREFI – Le Point.fr Article original
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Voilà l’exemple parfait de la question PERNICIEUSE.
Réagir aux agissements du Président Bachar-El-Assad, revient à prendre position dans une querelle entre des assassins islamistes et des assassins aussi islamistes, malgré les apparences, et qui ont en commun, la haine des juifs et principalement de LEUR pays ISRAËL. C’est comme si on demandait au mouton de choisir entre le sho’heth séfarad et le sho’heth ashkénaz.
On a vu ce qu’a donné la condemnation du SHAH d’IRAN, le sanguinaire, le despote, le criminel de son peuple, le……et…..j’en passe et des meileures.
Arrêtez, je vous en prie, de répéter, pour ne pas dire anonner tout ce que racontent les journalistes et politiciens occidentaux, lesquels sont, dans une grande unanimité, profondément pro-arabes et anti-juifs.
Je ne vois pas pourquoi, un ISRAELIEN et surtout un PREMIER MINISTRE devrait prendre position.
Comme absurdité, on ne fait pas mieux.
http://www.israel-infos.net/Egypte–Freres-musulmans–le-masque-tombe-8842.html
Si l’extrémisme musulman devait prendre le pouvoir en Syrie , Israël serait comme pris dans une tenaille d’ennemis irréductibles.
Ce Levant d’apparence compliquée ne l’est pas plus que d’autres régions du monde . Pourtant l’hétérogénéité de son peuplement est un peu incompatible avec des passions politico-religieuses ,portées à incandescence , par des Machiavel orientaux.
Ces Chiites-Druzes-Alaouites sont des rescapés de la longue, millénaire terreur musulmane , dans cette région , sur ses minorités . La splendeur de la dynastie omeyade, dans l’espace de la Syrie actuelle , s’éleva sur les ruines de cette première sédition que fut la révolte d’Ali emporté avant son cher fils , Hussein , martyrisé , égorgé , avili , suite à la défaite de Karbala . La pérennisation de ce premier martyre dans la célébration de la fête de l’Achoura ne les ramena pas en ce bas monde mais creusa , plutôt, le contentieux de la succession du prophète , qui , lui, n’avait enterré , que …quatre jours après sa mort tant il fut oublié du fait de la virulence des batailles de clan .
Et ceci demeure dans la mémoire alaouite .
Rassurez vous, le Français Juif , d’origine pied noir algérienne , ne plaide pas pour l’émergence d’un mausolée à la mémoire d’Ali et de ses fils dans les grandes villes du monde .
Mais il faut rappeler que les Druzes , dont les Alaouites, furent des “ dhimmis “ , eux aussi, dans le monde musulman dominé sans partage par les sunnites.
Quand le nationalisme arabe , empreint de laïcité et de modernisme apparut , ce fut une lueur d’espoir pour les Chrétiens et pour d’autres minorités . Les Juifs , eux , adhérèrent, peu ou prou, comme il se doit , au sionisme qui était leur propre mouvement d’émancipation .
Quand le mouvement Baas apparut dans les années 30 , il faisait pièce à l’émergence des frères musulmans de Hassan El Banna ou d’autres groupuscules . Il se voulait nationaliste et socialiste , laïc bien sûr et remporta dans la suite de Mustapha Kémal l’adhésion de nombreux leaders surtout parmi les dirigeants et l’élite militaire . Les Assad , longtemps adulés par les Républicains français , Chirac , Dumas , en sont les héritiers .
Mon interrogation est la suivante :si le clan ou la dynastie alaouite Assad , minoritaire en terre sunnite , devant , de ce fait , en permanence donner des gages de sa fidélité musulmane , de son « patriotisme arabe » donc à montrer une virulence anti sioniste , avec un gros devoir dans le combat permanent , ne s’était pas positionné en flèche contre Israël , avec la barbarie d’ailleurs que l’on sait sur les prisonniers israéliens lors de la guerre de Kippour(1973 ),
Si donc le camp alaouite n’avait pas adopté , pour survivre, cette ligne virulente contre Israël , il n’aurait eu qu’une alternative forcée : s’allier avec » l’occupant » du Golan qui, lui , est, contre toutes apparences , son allié et son défenseur authentique , ainsi que celui de toutes ces minorités chrétiennes qui n’ont plus d’avenir dans le nouveau monde arabo-musulman surpuissant par la force du nombre . Il n’a pas osé franchir le rubicond d’un tel repositionnement qui serait passé aux yeux de l’islam sunnite pour une nouvelle trahison de Chiites .
Le Hezbollah et l’Iran actuel me semblent plus les défenseurs du régime syrien que celui-ci ne le demande : on ne peut pas toujours choisir ses amis .
En tout cas , les dirigeants israéliens actuels n’ont plus à choisir entre la peste et le choléra , soit la dictature sanglante alaouite soit les Islamistes syriens. Mais ils se doivent de considérer le régime moribond syrien avec beaucoup de compassion .