L’Espagne doit revenir sur sa politique anti-israélienne
L’Espagne se dirige vers des élections générales anticipées le 29 novembre, suite à la chute d’un projet de loi sur le logement qui a révélé la fragilité de la coalition au pouvoir. Cette défaite parlementaire a été le déclencheur d’une campagne électorale où les sondages actuels placent la droite, notamment le Parti populaire (PP) et Vox, en position de force avec une majorité potentielle au Congrès des députés. Au cœur des débats, la crise du logement, les affaires de corruption, la question catalane, la migration et la politique étrangère occupent une place centrale.
Juan Carlos Girauta, eurodéputé de Vox, appelle à un changement radical de la politique étrangère espagnole, critiquant vivement la gestion du gouvernement de Pedro Sánchez. Selon lui, le gouvernement actuel a adopté une posture hostile envers Israël et les États-Unis, notamment en reconnaissant un État palestinien, en imposant un embargo sur les armes à Israël et en soutenant financièrement l’Autorité palestinienne et l’UNRWA. Girauta dénonce également ce qu’il qualifie de « guerre hybride » menée par le Maroc lors de la crise migratoire à Ceuta, où des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière en juillet dernier, un épisode qu’il attribue à une stratégie délibérée de Rabat.
Sur le plan intérieur, la campagne est marquée par l’échec des mesures gouvernementales sur le logement, adoptées en réaction à l’éviction très médiatisée d’une octogénaire madrilène, symbole de la crise du logement. Ce revers a précipité la dissolution du Parlement, avec un rejet des décrets par une coalition hétéroclite incluant les partis de droite et les indépendantistes catalans. Par ailleurs, les affaires judiciaires impliquant des proches du Premier ministre, notamment son frère et son épouse, alimentent la campagne d’opposition menée par le PP et Vox, qui cherchent à faire de cette élection un référendum sur la crédibilité du gouvernement socialiste.
Le contexte catalan reste un facteur d’incertitude, avec la récente décision de la Cour constitutionnelle étendant l’amnistie aux délits liés à la tentative d’indépendance de 2017, et la levée du mandat d’arrêt contre Carles Puigdemont, ouvrant la voie à un possible retour en Espagne. Cette situation complique la position de Sánchez, qui avait besoin du soutien de Junts pour gouverner, mais voit désormais ce parti s’opposer à lui sur des dossiers clés.
À moins de deux mois du scrutin, les sondages donnent une avance significative à la droite, mais la dynamique électorale reste incertaine. Le résultat de cette élection déterminera non seulement la stabilité politique intérieure, mais aussi l’orientation future de l’Espagne sur la scène internationale, notamment ses relations avec Israël, les États-Unis, le Maroc et l’Europe. La question de la sécurité régionale et de la gestion des crises migratoires pourrait ainsi influencer profondément la politique étrangère du prochain gouvernement.
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