Chefs tués, arsenal entamé, tunnels détruits… Que reste-t-il du Hamas, trois ans après le 7-Octobre ?

Le mouvement islamiste à l’origine des attentats terroristes du 7 octobre 2023 est depuis trois ans dans le viseur de Tsahal. Frappé à la tête, amputé d’une partie de ses combattants et privé d’une partie de son arsenal, le Hamas a perdu de sa puissance militaire, mais n’est pas pour autant anéanti.

Plus de 1 200 morts et plus de 250 Israéliens enlevés, devenus autant d’otages aux mains des assaillants. Il y a tout juste trois ans, Israël basculait dans l’horreur après que le Hamas a perpétré l’une des pires attaques terroristes de son histoire, dans le sud du pays, à quelques kilomètres de la bande de Gaza. Selon les estimations des services de sécurité israéliens, au moins 3 000 hommes armés ont activement participé ce jour-là aux massacres et aux enlèvements, notamment aux abords du kibboutz Re’im. La riposte israélienne ne s’est pas fait attendre.

Dans les jours qui ont suivi, Benyamin Netanyahou a imposé un siège complet de la bande de Gaza avant de lancer une campagne massive de frappes aériennes, suivie d’une invasion terrestre majeure. Une offensive qui, trois ans plus tard, reste vivement critiquée par une partie de la communauté internationale, notamment en raison de son coût humain considérable pour la population civile. Plus de 74 000 personnes ont été tuées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés globalement fiables par les Nations unies. Sur le terrain militaire, Tsahal peut néanmoins se targuer d’avoir porté des coups extrêmement lourds à l’organisation islamiste. Premier objectif : frapper le commandement.

Hamas et Iran : que reste-t-il de leurs ambitions après trois années de guerre ?

Trois ans après les massacres du 7 octobre 2023, le Hamas et son principal soutien stratégique, la République islamique d’Iran, ont subi des bouleversements majeurs.

Le paradoxe est saisissant : le Hamas avait voulu infliger à Israël une défaite historique, mais il a déclenché une guerre qui a profondément affaibli son propre appareil militaire et ébranlé le système régional construit par Téhéran.

Pour autant, il faut distinguer trois réalités : la destruction des capacités militaires, la disparition du pouvoir politique et l’éradication d’une idéologie. Ce sont trois objectifs très différents.

1. Le Hamas : une organisation militairement affaiblie, mais toujours présente

Five charged in France with funding Hamas under guise of humanitarian aid | The National

Le Hamas de 2026 n’a plus la puissance militaire dont il disposait le 7 octobre 2023. Une grande partie de son commandement historique a été éliminée, ses infrastructures militaires ont été frappées et son arsenal de roquettes a été considérablement réduit.
Les principales conséquences sont les suivantes :
  • Décapitation du commandement historique, notamment avec la mort de Yahya Sinwar et de plusieurs autres dirigeants.

  • Désorganisation des unités combattantes, qui ne disposent plus des mêmes capacités de coordination.

  • Perte d’une grande partie des tunnels, des dépôts d’armes et des installations militaires.

  • Réduction considérable des capacités de tirs de roquettes et d’offensives de grande ampleur contre Israël.

  • Perte de contrôle territorial, Israël contrôlant environ les deux tiers de Gaza.

Mais le Hamas n’a pas disparu. Selon une analyse du Washington Institute publiée le 6 octobre 2026, il conserve une influence civile et politique effective dans les zones qui lui restent accessibles, malgré sa faiblesse militaire. Il n’a pas non plus été complètement désarmé.

Le Hamas a donc perdu une grande partie de sa puissance militaire, sans perdre entièrement sa capacité de nuisance ni son emprise sur la population.

2. L’Iran : le parrain stratégique a lui-même été frappé

イスラエル軍、200以上の標的を攻撃したと発表 イランも応戦 | ロイター

Le bouleversement est considérable. L’Iran, qui avait bâti pendant plusieurs décennies une stratégie d’encerclement d’Israël à travers des organisations armées alliées, s’est retrouvé directement confronté à Israël et aux États-Unis.

Les frappes de juin 2025, puis la guerre déclenchée le 28 février 2026, ont profondément affecté ses capacités militaires et nucléaires. Ali Khamenei a été tué lors de cette nouvelle phase du conflit.

Trois conséquences dominent.

Sur le plan militaire : l’Iran a subi des pertes importantes, mais conserve des capacités balistiques et une aptitude à reconstituer certaines de ses forces.

Sur le plan nucléaire : les trois installations d’enrichissement connues avant juin 2025 ont été détruites ou gravement endommagées. Toutefois, selon Reuters le 7 octobre 2026, une quantité significative d’uranium enrichi subsisterait et l’AIEA ne dispose pas d’un accès suffisant pour établir un bilan complet.

Sur le plan régional : l’Iran ne dispose plus du même réseau de forces alliées qu’en 2023. Le Hezbollah a subi de lourdes pertes, le Hamas a été affaibli et la capacité de Téhéran à exercer une pression simultanée sur plusieurs fronts s’est réduite. Mais les Houthis, certaines milices irakiennes et les réseaux des Gardiens de la révolution restent actifs.

3. Le rapport de force avant et après trois années de guerre

Domaine 7 octobre 2023 8 octobre 2026
Hamas Organisation armée structurée, contrôlant Gaza Fortement affaiblie, mais toujours armée et influente
Hezbollah Puissante force militaire aux frontières d’Israël Capacités considérablement dégradées
Iran Puissance régionale s’appuyant sur ses alliés Frappé directement, mais régime toujours en place
Programme nucléaire iranien Enrichissement actif Installations gravement touchées, stocks résiduels préoccupants
Israël Vulnérabilité révélée par le 7 octobre Supériorité militaire démontrée, mais guerre et défis sécuritaires non résolus
4. Le grand échec stratégique du 7 octobre

Le Hamas cherchait notamment à briser le sentiment de sécurité des Israéliens, à remettre la question palestinienne au centre des relations internationales et à compromettre le rapprochement entre Israël et certains États arabes.

Sur le premier point, l’attaque du 7 octobre a effectivement provoqué un traumatisme historique en Israël, avec environ 1 200 morts et 251 personnes enlevées.

Mais les conséquences militaires ont également été désastreuses pour le Hamas et ses alliés.

L’organisation a provoqué une réaction israélienne d’une ampleur qu’elle n’avait manifestement pas les moyens de soutenir durablement. Le Hezbollah a été entraîné dans une confrontation extrêmement coûteuse. L’Iran, qui cherchait à combattre Israël par procuration, a fini par subir des attaques directes sur son propre territoire.

Il faut cependant souligner que cette transformation stratégique s’est accompagnée d’un coût humain immense, notamment pour les civils de Gaza, et qu’elle n’a pas encore débouché sur une stabilité durable.

5. Qui a gagné et qui a perdu ?

Sur le plan strictement militaire, Israël a obtenu des résultats considérables contre le Hamas et l’appareil régional iranien. Ses adversaires disposent de moyens nettement inférieurs à ceux qu’ils possédaient en 2023.

Mais il serait prématuré de conclure à une victoire stratégique totale.

Le Hamas existe toujours, le régime iranien a survécu et Téhéran conserve l’ambition de reconstruire son réseau d’alliés armés. Le désarmement du Hamas et la neutralisation durable de la menace nucléaire iranienne ne sont pas acquis.

Conclusion : trois années qui ont inversé une partie du rapport de force

Le 7 octobre 2023, le Hamas pensait pouvoir imposer à Israël une nouvelle réalité stratégique avec le soutien de l’Iran et de ses alliés.

Trois ans plus tard, le Hamas est militairement diminué, le Hezbollah a perdu une part essentielle de sa puissance et l’Iran a vu ses installations stratégiques frappées jusque sur son territoire.

L’ironie de l’histoire est que ceux qui prétendaient affaiblir durablement Israël ont contribué à déclencher une confrontation qui a profondément endommagé leur propre puissance.

Cependant, la survie du Hamas et du régime iranien rappelle qu’une victoire militaire ne constitue pas, à elle seule, la garantie d’une victoire politique durable.

La question déterminante pour les prochaines années n’est donc plus seulement de savoir ce que le Hamas et l’Iran ont perdu, mais s’ils seront capables de reconstruire ce qu’Israël a détruit — et si Israël saura transformer ses succès militaires en sécurité durable.

Israël sort de cette guerre plus fort que jamais. Il a rétabli sa puissance de dissuasion militaire à un niveau tel que l’Iran ne se risque plus à lancer de nouvelles attaques, conscient qu’il s’exposerait à une riposte israélienne d’une ampleur sans commune mesure avec ses propres offensives.

Le Hezbollah a perdu l’ensemble de ses bases avancées au sud Liban, tandis que le Hamas, considérablement affaibli, ne survit plus que dans 25 % des territoires qu’il contrôlait avant la guerre.

Le rapport de force régional s’est ainsi profondément inversé au profit d’Israël, dont la supériorité militaire impose désormais une nouvelle réalité stratégique à ses adversaires.

Enfin sa technologie militaire est reconnue dans le monde entier, qui se bouscule pour l’acquérir, ce qui permet à l’Etat Hébreu, de largement rééquilibrer ses comptes.

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