
En Iran, les pendaisons d’“espions” s’enchaînent
Téhéran a exécuté trois personnes entre le 11 et le 13 mai, dont deux étaient accusées d’espionnage au profit d’Israël, dans le cadre d’une vague de répression féroce amorcée au lendemain du mouvement de contestation et de la guerre.
Alors que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran “ne tient plus qu’à un fil”, selon le président américain Donald Trump, et qu’une reprise des hostilités n’est plus à écarter, le régime iranien persévère dans sa politique de répression en exécutant des opposants et des “espions”.

Rassemblement symbolique à Londres contre la peine capitale et les exécutions en Iran, le 8 octobre 2021. Rassemblement symbolique à Londres contre la peine capitale et les exécutions en Iran, le 8 octobre 2021. PHOTO ZUHAL DEMIRCI/ANADOLU AGENCY/AFP
Selon l’agence de presse iranienne Mizan News, un homme de 32 ans, Ehsan Afrashteh, a ainsi été pendu ce mercredi. “La peine de mort a été exécutée ce matin, et Ehsan Afrashteh, espion du régime sioniste [Israël], a été puni pour ses actes”, écrit l’agence, qui le présente comme un “espion formé au Népal par le Mossad [l’agence de renseignement israélienne], qui vendait des informations sensibles à Israël”.
Citant ses “aveux”, Mizan News affirme que le jeune homme s’était rendu en Turquie et au Népal, où il avait reçu “diverses formations” en “rédaction de rapports et analyse du renseignement, photographie clandestine” et “mise en place de systèmes de communication sécurisés”.
“Ces exécutions visent à répandre la peur”
Cette nouvelle exécution, la troisième en trois jours, a suscité de vives réactions. L’ONG Iran Human Rights (IHR) a ainsi mis en garde contre la “multiplication des exécutions de personnes accusées d’espionnage, le recours aux aveux forcés et les procédures judiciaires inéquitables”.
Selon son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, “ces exécutions visent à répandre la peur parmi le peuple iranien, qui représente la plus grande menace pour la survie de la République islamique”.
L’exécution d’Ehsan Afrashteh intervient au lendemain de la pendaison du prisonnier politique Abdoljalil Shahbakhsh, issu de la minorité ethnique baloutche et arrêté en 2022 dans le cadre du mouvement Femme, vie, liberté, et quarante-huit heures après celle d’un étudiant, Erfan Shakourzadeh, accusé d’“espionnage au profit d’Israël et des États-Unis”, selon IHR et IranWire, média iranien d’opposition.
En outre, selon Iran International, le poète iranien Peyman Farahavar est désormais “menacé d’exécution après le rejet par la Cour suprême de sa demande de révision judiciaire”. Selon le média persanophone établi à l’étranger, “les poursuites engagées contre lui sont liées à sa poésie, à ses écrits politiques et à son militantisme”.
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