Licenciement du Grand Rabbin Moché Lewin
Le licenciement du Grand Rabbin Moché Lewin, figure majeure de la communauté juive du Raincy depuis près de trente ans, a déclenché une onde de choc au sein de la communauté juive française. Cette décision, prise jeudi par le Consistoire de Paris, est directement liée à la controverse autour de l’instauration d’un erouv au Raincy, un dispositif religieux symbolique permettant certaines pratiques le shabbat. Soutenu par le Grand Rabbin de France Haïm Korsia et la Conférence des rabbins européens, ce projet a rencontré une opposition farouche du président du Consistoire de Paris, David Amar, qui a mené à une procédure disciplinaire puis au licenciement de Lewin. Ce dernier dénonce une situation de « harcèlement » et une sanction injustifiée, tandis qu’une pétition circule largement, réclamant l’annulation immédiate de son renvoi et dénonçant une atteinte à la dignité du rabbinat.
La pétition, signée par de nombreux fidèles et responsables communautaires, souligne que le rabbin Lewin a mené son action dans le respect strict de la halakha, avec l’appui d’experts rabbiniques et après plusieurs mois de travail. Elle critique la méthode du Consistoire, notamment la mise à pied puis le licenciement, ainsi que la convocation du rabbin à un entretien préalable alors qu’il se remettait d’une blessure. Les signataires refusent qu’un rabbin soit sanctionné pour avoir accompli une mitzvah et dénoncent un climat contraire à l’esprit de la Torah. Ils appellent à suspendre les dons au Consistoire et réclament un retour au dialogue et à la dignité, tout en affirmant leur soutien à l’autorité du Grand Rabbin de France.
Cette affaire a également ravivé des questionnements sur les tensions identitaires au sein des institutions rabbiniques, notamment autour de la place des rabbins ashkénazes et de la Conférence des rabbins européens. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre dénonciations d’un règlement de comptes interne et témoignages de solidarité envers Lewin, décrit comme une figure respectée et aimée. Par ailleurs, l’ancienne candidate au Consistoire Evelyne Gougenheim a critiqué la gestion de cette affaire, pointant des incohérences juridiques liées au statut des rabbins et à leurs droits sociaux. Elle s’interroge sur l’avenir du Consistoire et sur la légitimité de ses méthodes dans la gestion des rabbins.
Au moment où cette affaire fait grand bruit, ni le Consistoire de Paris ni David Amar n’ont publié de communiqué officiel pour justifier cette décision. Ce silence alimente les interrogations sur la gouvernance et la transparence au sein de cette institution clé de la communauté juive française. Le dossier du renvoi de Moché Lewin illustre une crise interne profonde, qui pourrait avoir des répercussions durables sur la cohésion communautaire et la gestion des affaires religieuses dans la région parisienne. L’enjeu dépasse le simple cadre disciplinaire pour interroger la place des autorités religieuses et la manière dont elles sont respectées ou contestées.
Cette affaire reste à suivre, tant pour ses implications immédiates sur la vie communautaire que pour les débats qu’elle soulève sur le rôle et le statut des rabbins en France. Le dialogue et l’apaisement réclamés par les soutiens de Lewin apparaissent comme des conditions indispensables pour sortir de cette crise et restaurer la confiance au sein de la communauté.
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