
VGE ou les dangers de la raison
Richard Prasquier dimanche 20 décembre 2020
Les commentateurs de la presse générale, qui ont à juste titre souligné les qualités intellectuelles de Valéry Giscard d’Estaing et l’ampleur des réformes qu’il avait engagées, ont rarement noté que l’hostilité envers Israël avait été une caractéristique de son septennat.
L’homme qui en juin 1967, alors ex- ministre du général de Gaulle, avait signé un manifeste de soutien à la sécurité d’Israël, en avait repris les mêmes termes en 1984, alors que, ex-Président, il achevait en Israël une visite privée et bien trop tardive.
Mais entre-temps, de 1974 à 1981, il n’y a pas une seule année où les décisions de VGE n’aient pas manifesté que la sécurité d’Israël était le cadet de ses soucis : mise en selle politique internationale de l’OLP (1974), vente du réacteur Osirak à Saddam Hussein(1975), remerciements à Amin Dada après le détournement d’un avion d’Air France vers Entebbe (1976), refus d’extrader Abu Daoud, l’organisateur des attentats de Munich (1977), accueil de Khomeini à Neauphle le Chateau (1978), critiques sévères à l’égard du traité de paix israélo-égyptien (1979) et spectaculaire indifférence après l’attentat de Copernic (1980),l’image de Giscard regardant Israël aux jumelles depuis la Jordanie, lors de son voyage de 1980, symbolisait pour beaucoup de Juifs de France un fossé qui s’était élargi.
Puissance de l’image (reconstituée, car il n’y a pas eu de photo…), les jumelles ont pesé dans la mémoire que les Juifs de France ont de Giscard.
Ce septennat, continuation de la très hostile présidence pompidolienne, fut donc, suivant les termes de Frederic Encel, celui de la « glaciation ».
Après la hausse du prix du pétrole en représailles à la guerre du Kippour, le ministre des Finances devenu Président de la République choisit de commercer avec un monde arabe dont certains pays s’étaient subitement enrichis : les armes contre le pétrole, avec à la clé pour la France une influence géopolitique par le biais d’une ONU sous la coupe d’un tiers mondisme marxisant dont la « résistance » palestinienne était l’oriflamme.
C’était là un choix rationnel pour Giscard, qui s’est défini lui-même comme un « conceptuel ».
Certes, cela lui imposait de fermer les yeux sur le terrorisme palestinien, omniprésent à l’époque : l’attentat de Maalot (21 enfants tués), pour ne citer que lui, avait eu lieu trois jours avant l’élection présidentielle de 1974.
Mais le chasseur VGE, animal à sang froid, entendait dépasser ces soubresauts regrettables. Négligeant la lâcheté de certaines de ses compromissions avec les terroristes et surestimant son influence sur la dictature soviétique, il pensait que les adversaires devaient s’accorder sur une solution concoctée par la communauté des nations et la France avec son jeune et moderne Président se devait d’être au premier rang de l’initiative.
Le dialogue entre grands de ce monde fut la pierre de touche de la politique giscardienne et le discours qu’il prononça en 1975 à Auschwitz visait lui aussi avant tout à promouvoir la détente avec les pays de l’Est, paravent à la tentation oppressive et fanatique qui tenaille « le malheureux corps de l’espèce humaine ».
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Cher Monsieur Prasquier,
Si, si ! il y a bien eu une photo de VGE avec jumelles qui a circule, munie de la legende le placant en Jordanie, observant Israel a la jumelle: il s’en est defendu, disant que la photo avait ete prise a Longchamp. Mais faut-il croire tout ce qu’il disait ? il a dit quelquefois que son char fut le premier de la division Leclerc a entrer dans Paris: mais, comme nous avons pu le revoir tout recemment dans une excellente emission de la non moins excellente chaine « Histoire », le premier char entre dans Paris fut le « Guadalajara » emmene par des republicains espagnols. Restons francais ? …