France: la justice ordonne la restitution de toiles spoliées aux héritiers de René Gimpel

Trois œuvres ont été conservées au musée d’art moderne de Troyes, et au musée Cantini de Marseille
La cour d’appel de Paris a condamné mercredi l’Etat à restituer trois toiles du peintre fauviste André Derain aux héritiers de René Gimpel, grand collectionneur d’art français de confession juive, dont des toiles peintes entre 1907 et 1910 ont été spoliées pendant la guerre.
La cour a infirmé le jugement du tribunal correctionnel qui avait refusé en août 2019 la restitution des trois œuvres, « Paysage à Cassis », « La Chapelle-sous-Crecy » et « Pinède, Cassis », conservées au musée d’art moderne de Troyes, et au musée Cantini de Marseille.
Il existe des « indices précis, graves et concordants » selon lesquels les trois tableaux sont bien ceux qui ont été spoliés et « dont la vente est nulle », en application de l’ordonnance du 21 avril 1945, écrit la cour dans sa décision.
En première instance, le tribunal avait jugé au contraire qu’il subsistait des « incertitudes persistantes quant à l’identification des tableaux », qui ont voyagé, changé de nom, parfois été rentoilées au fil des décennies.
Les descendants du galeriste parisien attendent encore de récupérer l’ensemble des œuvres spoliées ou disparues dans le tumulte de la guerre. Après des années d’enquête, ils avaient affirmé avoir retrouvé les Derain, acquis par leur aïeul lors de la vente de la collection Kahnweiler en 1921 à Paris, et les réclamaient auprès du ministère de la Culture.
René Gimpel, un des plus grands collectionneurs d’art du début du XXe siècle, résistant, avait fui Paris en octobre 1940 pour la Riviera française. Arrêté en 1944 et déporté au camp de Neuengamme, il est mort en janvier 1945.
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