Affaire Fillon. L’ancienne procureure confie avoir subi des « pressions » hiérarchiques

Plusieurs responsables politiques crient au scandale après des déclarations de l’ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) qui dit avoir subi des « pressions » de sa hiérarchie dans la conduite de l’enquête sur l’affaire Fillon.

Ouest-France   avec AFP.    Publié le 

Le 10 juin dernier, Éliane Houlette, l’ancienne cheffe du parquet national financier (PNF), a été entendue par la commission d’enquête parlementaire consacrée à l’indépendance de la justice.

Une audition au cours de laquelle elle est revenue sur l’affaire Fillon, dont elle a été l’un des principaux protagonistes.

Elle a réaffirmé avoir décidé, en janvier 2017, en toute indépendance d’ouvrir une enquête visant François et Penelope Fillon après des soupçons d’emplois fictifs révélés par Le Canard Enchaîné.

Cette procédure, lancée en pleine campagne présidentielle, avait empoisonné la candidature de François Fillon à l’Élysée. Et elle avait conduit, au printemps 2020, à un procès en correctionnelle, dont le jugement est attendu le 29 juin.

Lors de son audition, Éliane Houlette s’est en revanche émue du « contrôle très étroit » qu’aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations. « Le plus difficile […] a été de gérer en même temps la pression des journalistes -mais ça, on peut s’en dégager- […] et surtout la pression du parquet général », a déclaré l’ex-procureure, partie à la retraite en juin 2019.

« On ne peut que se poser des questions »

Elle a notamment évoqué « des demandes de transmission rapide » sur les actes d’investigation ou les auditions et a révélé avoir été convoquée par le parquet général qui plaidait pour que l’enquête soit confiée à un juge d’instruction. « On ne peut que se poser des questions, c’est un contrôle très étroit et c’est une pression très lourde », a-t-elle dit.

Directement mise en cause, la procureure générale de Paris Catherine Champrenault dit « regretter que ce qui est le fonctionnement régulier du ministère public soit assimilé à des pressions », dans un message transmis à l’Agence France-Presse (AFP). Déjà en poste au moment de l’affaire Fillon, elle « rappelle que son action s’est toujours inscrite dans l’exercice de ses prérogatives légales de veiller à l’application de la loi et au bon fonctionnement des parquets placés sous son autorité ».

L’émoi de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen

Ces déclarations étaient un peu passées inaperçues jusqu’à ce que le magazine Le Point s’en saisisse et publie un article mercredi 17 juin. Depuis, elles ont provoqué l’indignation de nombreuses personnalités politiques. Le parti Les Républicains, qui a souvent dénoncé une « instrumentalisation » de la justice dans l’affaire Fillon, a évoqué des accusations « extrêmement graves ». Tous deux visés par des enquêtes du PNF, le RN et LFI ont, eux, vu dans ces « pressions » la preuve d’une justice aux ordres.

« L’ex-chef du pôle financier avoue avoir agi sous pression dans l’affaire Fillon. Responsable ? La chef du parquet qui a ordonné les perquisitions odieuses contre LFI (ordonnées en fait par le parquet de Paris, N.D.L.R.). La vérité est en chemin », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis.

« Et dire que lorsque nous dénonçons l’instrumentalisation de la justice, certains nous traitent de complotistes… La vérité éclate et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », a commenté de son côté Marine Le Pen sur Twitter.

Selon les règles en vigueur, le parquet général peut demander des remontées d’information aux parquets et les transmettre à la direction des affaires criminelles et des grâces au sein de la Chancellerie, qui peut les faire suivre au cabinet du garde des Sceaux. En revanche, la loi Taubira de 2013 interdit au garde des Sceaux de donner des instructions dans les dossiers individuels.

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Damran

La France, grande donneuse de leçons de Droit et de Justice à toute la planète, n’arrive toujours pas à balayer devant sa porte, et se conduit comme une république bananière.
Il n’y a qu’en Israël, l’hyper démocratie, que des présidents de l’Etat vont en prison, de même que des ministres et autres hommes politiques.
Ici, même Chiracaille qui a pillé la France durant des décennies, n’a jamais été condamné, au contraire, à sa mort, certains ont trouvé qu’il avait été l’un des plus grands présidents !!!
Nous avons, hélas, l’habitude de voir des affaires très graves, rester dans les oubliettes ou dans les tiroirs poussiéreux de hauts magistrats.
Nous verrons si les donneurs de leçons vont traiter honnêtement les désastres du Micron dans sa gestion du corona qui a fait 30.000 morts, surtout dans les EHPAD, et surtout, qui se cache derrière l’assassinat politique de Fillon.
Bon, comme nous ne croyons pas au Père Noël, nous ne sommes pas prêts de connaitre la vérité sur ce coup tordu organisé dans les hautes sphères de l’Etat.
Et dire que Bibi est toujours dans le viseur de la justice parce qu’il a reçu une caisse de bouteilles de champagne et quelques boites de cigares.
Les hauts magistrats français doivent se tordre de rire face à cette ineptie israélienne…..

KIGEM

ON PEUT ÊTRE EN DÉMOCRATIE MAIS IL Y AURA TOUJOURS QUELQU’UN AU DESSUS POUR TIRER LES FICELLES. (Hollande ou Macron ou les 2)
LA PREUVE FILLON A ÉTÉ LE LAMPISTE.