Analyse: cet antiracisme qui s’acoquine avec l’antisémitisme
Désormais, c’est au nom de l’antiracisme que l’on se permet d’insulter les Juifs pour ce qu’ils sont.
Il faut s’y faire, disent certains. Des « sale Juif » qui résonnent avec des « fils de pute » au milieu d’une manifestation antiraciste, cela devient presque un non-événement.
D’ailleurs, si la préfecture de police n’avait pas signalé ces propos à la justice, on pourrait presque douter qu’ils aient eu lieu.
Ni vu ni connu, passé comme une lettre à la poste. Oui, il y a longtemps que le clan antiraciste a rompu avec l’universalisme dont il se prévalait, qu’il hiérarchise les discriminations à l’aune de la couleur de peau, qu’il s’acoquine avec l’antijudaïsme larvé.
Il y a longtemps qu’il est devenu ce qu’il prétendait combattre. Et je ne parle même pas des militants biberonnés à l’idéologie, qui invoquent une lecture revancharde de l’histoire pour déboulonner des statues, déprogrammer des films, qui exigent des hommes de mettre un genou à terre parce qu’ils ont la peau blanche.
Non, il s’agit cette fois d’une fraction 2.0, décérébrée, désidéologisée, et peut-être plus sauvage encore, distillée parmi la foule descendue sur la place de la République à Paris, ce samedi 13 juin.
Objectif : dénoncer le racisme, les « violences policières » et défendre Adama Traoré, un jeune homme mort dans des conditions affreuses suite à une arrestation. Eux ont trouvé opportun de déployer des banderoles comme « Israël, laboratoire des violences policières », « Stop au massacre d’Israël » ou encore des drapeaux palestiniens.
Que venait faire cela lors d’une manifestation « contre la haine, pour la France » ?
Difficile de le comprendre. Difficile de comprendre aussi où étaient ces belles âmes, ces associations, ces partis politiques, ces stars du show-biz pour défendre la mémoire de Sarah Halimi, cette retraitée juive massacrée au nom d’ « Allah Akbar ».
Puis, il y a eu le point d’orgue du spectacle, lorsque quelques manifestants au visage émacié par la haine ont crié des slogans antisémites, au milieu, toujours, d’accusation de racisme.
Ils pointaient des militants de Génération Identitaire qui déroulaient leur banderole contre le racisme anti-blancs sur le toit d’un immeuble, alors qu’il était impossible, d’ailleurs, de déterminer leur confession.
Parfaite illustration de ce retournement de l’antiracisme : désormais, les Juifs sont mis d’instinct du côté des « racistes », c’est au nom de l’antiracisme que l’on se permet de les insulter pour ce qu’ils sont.
La défense des discriminés, mais pas de tous. « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres », pour reprendre la maxime de George Orwell, dans La Ferme des Animaux.
Le pire étant que la foule autour ne s’en est pas émue, le pire étant cette foule qui continuait de pointer du doigt « les racistes », ne montrait aucune gêne à se lier à des antisémites.
Le pire était qu’elle gesticulait au nom de la vertu et de l’humanisme, alors qu’elle se vautrait dans des vieilles facilités haineuses.
A l’heure de l’indignation facile, de la susceptibilité exacerbée, personne pour s’émouvoir des insultes de « sale Juif », cautionnant à demi-mot l’infamie. Ni vu ni connu, passé comme une lettre à la poste.
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