“Makhraj 7”, la série saoudienne qui parle d’Israël autrement
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Diffusée durant le ramadan, la série saoudienne Makhraj 7 renouvelle le débat sur l’un des sujets les plus épineux au Proche-Orient : le conflit arabo-israélien. Voici l’analyse d’un quotidien émirati.
Note de la rédaction : l’article du quotidien The National que nous vous proposons ici a été publié avant l’annonce que la diffusion de la série serait arrêtée prématurément, dès le 13 mai. La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 a en effet perturbé le tournage et empêché de mettre en boîte tous les épisodes prévus. Alors qu’elle devait durer 30 épisodes, la série n’en compte finalement que 20.
La diffusion de séries télévisées inédites au moment du ramadan fait partie des nouvelles traditions dans le monde arabe, permettant aux populations arabophones de regarder simultanément ces programmes lors d’un rendez-vous annuel qui transcende les frontières. Mais ces séries sèment parfois la discorde, et l’année 2020 ne fait pas exception.
À la rupture du premier jour de jeûne, la plupart des familles se réunissent pour voir quels divertissements sont programmés sur les chaînes du satellite. Chaque année, des productions ambitieuses et des budgets publicitaires faramineux donnent lieu à une pléthore d’émissions qui commencent le premier jour du ramadan.
Au diapason de la situation géopolitique
Cette année, Nasser Al-Qasabi, star de la télé en Arabie Saoudite, est de retour dans une série intitulée Makhraj 7 [“Sortie 7”] qui aborde les évolutions actuelles en Arabie Saoudite : on y voit des femmes qui intègrent la sphère publique, et l’impact des jeux vidéo, le tout abordé à travers le personnage de Dokhi, un bureaucrate joué par le célèbre acteur, et de sa famille. Sur un ton humoristique, des sujets sérieux sont traités avec nuance et compassion.
Le troisième épisode a été diffusé le 26 avril et portait sur une question qui ne laisse personne indifférent, non seulement en Arabie Saoudite mais dans l’ensemble du monde arabe : l’occupation israélienne de la Palestine et les relations avec les Israéliens. C’est un tabou depuis des décennies et un nombre croissant d’interrogations ont émergé ces dernières années sur les relations des Arabes avec les Israéliens, d’autant plus à mesure qu
UNE SÉRIE AUDACIEUSE
Si Makhraj 7 fait couler de l’encre, c’est parce qu’elle est diffusée par le groupe privé Middle East Broadcasting Center (MBC Group), détenu à majorité par le pouvoir saoudien et donc susceptible de relayer les positions de celui-ci. Fait notable, les relations avec Israël ne sont pas le seul tabou dont la série s’est emparée. “Dans son onzième épisode, elle aborde en effet l’homosexualité”, rapporte le site Al-Khaleej Online.
À l’évocation du sujet, le héros joué par Nasser Al-Qasabi, un père de famille conservateur bon teint et débonnaire, sort de ses gonds : “Ces gens-là, c’est inacceptable ce qu’ils font. Ils font du mal à nos vies de famille, à la nation… Si ça ne dépendait que de moi, il faudrait les brûler.” Mais ce n’est pas cela qui a surpris les téléspectateurs. La nouveauté réside dans la réponse de sa fille, incarnation de la jeune Saoudienne moderne : “Mais, Papa, si tu crois aux droits humains, tu dois considérer qu’ils ont le droit de vivre comme ils le veulent. Qu’est-ce que cela peut nous faire ?”
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