Vente de matériel militaire à Taiwan: La France rejette la mise en garde de la Chine
PAR LAURENT LAGNEAU · 13 MAI 2020
Afin de moderniser ses six frégates légères furtives [FLF] acquises auprès de la France au début des années 1990, le ministère taïwanais de la Défense a fait connaître son intention, en avril de se de procurer de nouveaux lance-leurres pour un montant de 800 millions de dollars taïwanais [24 millions d’euros environ].

AFP
Et, selon la presse locale, la maîtrise d’oeuvre de ce marché, qui vise à remplacer les systèmes AMGL-1C Dagaie Mk2 des navires en question, aurait été attribué à l’entreprise française DCI-DESCO.
Multipliant les démonstrations de force dans les environs de Taïwan, qu’elle considère comme une province rebelle, la Chine proteste systématiquement contre toute vente de matériels militaires aux forces taïwanaises. Et le contrat relatif à la modernisation des frégates n’a évidemment pas échappé à la règle.
« Nous sommes opposés à toute vente d’armes ou échange militaire ou sécuritaire avec la région de Taïwan » et « nous exhortons la France […] à annuler son projet de vente d’armes à Taïwan, afin d’éviter de nuire aux relations sino-françaises », a fait savoir le ministère chinois des Affaires étrangères, via un communiqué transmis le 12 mai à l’AFP.
En clair, la France doit renoncer à ce marché, faute de quoi elle s’exposerait à des mesures de rétorsion de la part de Pékin.
Visiblement, cette menace n’a pas troublé le Quai d’Orsay, lequel a rejeté la demande chinoise. « Face à la crise du Covid-19, toute notre attention et tous nos efforts doivent être focalisés sur la lutte contre la pandémie », a répondu le ministère français des Affaires étrangères, ce 13 mai.
« Dans le cadre de la déclaration franco-chinoise de 1994, la France met en œuvre la politique d’une seule Chine et continue d’appeler au dialogue entre les deux rives du détroit », a encore rappelé la diplomatie française. Et d’insister : « La France respecte strictement dans ce contexte les engagements contractuels qu’elle a formés avec Taiwan et n’a en rien changé sa position depuis 1994. »
Compléments AFP
Taïwan, devenue le refuge des nationalistes du Kuomintang après l’accession des communistes au pouvoir en 1949 en Chine continentale, est un sujet ultra-sensible pour Pékin qui considère l’île, peuplée de 23 millions d’habitants, comme l’une de ses provinces.
Pékin fustige toute relation officielle entre des pays étrangers et Taipei, des échanges qu’il assimile à un soutien au séparatisme taïwanais.
Pendant de nombreuses années, Taipei a été considéré comme le représentant officiel de la Chine, jusqu’à ce que les Nations unies basculent vers Pékin en 1971. D’autres pays et organismes internationaux lui ont emboîté le pas.
![]() |
![]() |









































