Il y a trois ans, Sarah Halimi était brutalement assassinée aux cris d’Allah Akbar
Dans cette tribune, l’avocat de son frère s’indigne de ce que son assassin se retrouve à l’asile, et ne soit pas jugé.
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Le confinement n’interdit pas le souvenir. Il y a bientôt trois ans, Sarah Halimi était torturée, battue à coups de poings, de pieds, avec un téléphone et défenestrée du troisième étage par un voisin, K. Traoré, sous ses insultes et aux cris d’« Allah Akbar », ou « sheitan ».
S’appuyant sur les conclusions du Dr Zagury, le Parquet de Paris retenait l’altération du discernement et requérait la mise en accusation du meurtrier devant la Cour d’assises.
Quelques semaines plus tard, contre les réquisitions du Parquet de Paris et sans la circonstance aggravante d’antisémitisme qu’ils n’avaient d’ailleurs retenue que bien difficilement, les juges d’instruction décidaient, eux, de saisir la chambre de l’instruction afin que celle-ci se prononce sur la responsabilité ou l’irresponsabilité pénale de K. Traoré.
Le bon sens porté disparu
En novembre 2019, l’audience eut lieu devant la cour d’appel de Paris. Une audience lunaire pendant laquelle l’avocate générale, fait rarissime, s’opposait – elle aussi – aux réquisitions du Parquet de Paris et, s’associant par anticipation aux plaidoiries de la défense, requérait que K. Traoré soit reconnu pénalement irresponsable.
Le Parquet Général suivait ainsi les conclusions de la deuxième expertise psychiatrique dont on n’a pas fini de mesurer la dangerosité. Selon ce collège d’experts, la banalisation de l’image du cannabis auprès des jeunes leur interdirait d’en comprendre les dangers. En outre, et au cas particulier, ils rappelaient que K. Traoré était « addict » au cannabis et précisaient que « addiction » est un terme juridique très ancien signifiant « contrainte par corps » pour souligner que Traoré ne pouvait pas faire autrement que consommer puisqu’il était dépendant.
Conclusion : K. Traoré, toxicomane de longue date, « contraint » de fumer du cannabis et n’ayant jamais expérimenté de bouffée délirante aigüe, ne pouvait pas imaginer en subir une le soir du meurtre. Il ne pouvait donc pas être tenu pénalement responsable de son état ni, par conséquent, du meurtre commis.
Et si nous faisions preuve d’un peu de bon sens ? Consommer de la drogue est non seulement interdit mais aussi et surtout dangereux pour la santé, notamment psychique, ce que tout le monde sait, K. Traoré plus que les autres.
Il a pourtant continué à fumer, toujours plus, avec les conséquences que l’on connaît. Poussons l’absurdité du raisonnement jusqu’au bout. Que répondra-t-on au pédocriminel qui explique que son attirance pour les enfants est, pour lui, comme une drogue.
Estimera-t-on qu’il était « contraint » lors de son passage à l’acte ? Que s’agissant de la première fois, il ne pouvait pas savoir ? En outre, l’addiction désignait, au moyen-âge, une « contrainte par corps » infligée aux débiteurs qui ne pouvaient honorer leur dette autrement, ce qui – dans ce contexte – n’a qu’un rapport très lointain, pour ne pas dire inexistant, avec K. Traoré.
Tous les experts ont conclu à l’abolition du discernement.. Lire la suite dans
Source : https://www.causeur.fr/sarah-halimi-3-ans-tribune-174957
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