Maurice Bidermann, né Maurice Zylberberg le 4 avril 1932 à Anderlecht en Belgique, et mort le 30 mars 2020
Maurice Bidermann, un Mensch nous a quittés
31 mars 2020 par Patrick Klugman
Maurice Bidermann nous a quittés ce 30 mars. Il a livré bien des batailles et a survécu à la Shoah, mais la sale infection du Coronavirus, qui nous a pris par surprise, l’a pris de vitesse.
Né avant-guerre, enfant caché avec ses sœurs Régine et Evelyne, il s’engagea pour Israël pendant la guerre d’indépendance. De retour à Paris, il intègre l’entreprise familiale de confection de la rue de Turenne.
Sous son égide, elle deviendra la première de France puis d’Europe, avant de se projeter outre-Atlantique. Si la couture française est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, cela doit beaucoup à Maurice Bidermann.
Tous les grands couturiers français de Pierre Cardin à Yves Saint-Laurent, ont connu grâce à lui l’accès au prêt-à-porter qui a assuré la diffusion mondiale de leurs modèles.
Durant les années de désindustrialisation, dès qu’une entreprise textile se trouve en difficulté ou menacée, on appelle Bidermann à la rescousse. Les gouvernements de gauche comme de droite le sollicitent et Maurice ne dit jamais non – même quand il le devrait. Il reprendra à tour de bras usines et ouvriers.
Avant l’époque de l’économie financiarisée, le commerçant en «schmates» devient un industriel respecté, terme qu’il affectionne, et compte sa puissance non en millions mais en nombre d’emplois.
Des années 70 aux années 90, rien n’est trop grand pour son groupe qui s’étend à tous les marchés et à tous les continents, un pied à Paris, l’autre à New-York : aux États-Unis il sauve Ralph Lauren dont il reprend les licences féminines, tandis qu’en France il équipe l’armée et la police.
La liste est longue – et probablement même pas connue de lui-même – des personnes, causes ou institutions qu’il a soutenues. Pas croyant, ni pratiquant, il se savait juif et, toute sa vie durant, fut d’une fidélité sans faille à Israël comme aux différentes communautés juives.
Cependant, il disait que, en tant que juif, il se devait de soutenir avec la même énergie et prodigalité des causes humanitaires et scientifiques qui ne l’étaient pas. Il aura aidé Action contre la Faim comme l’Université Ben Gourion, l’Alliance Israélite Universelle au même titre que les enfants du Biafra…
Lors du renouveau de l’antisémitisme, il a joué un rôle majeur dans la structuration et l’essor des Amis de CRIF, pour doter l’institution d’une plus grande assise communautaire et autonomie financière. Il fut de tous les tours de table pour contribuer et d’aucun comité ou prix pour recevoir honneurs ou récompenses.
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