
Quand l’alimentation fait partie du traitement
DOSSIER – Dans certaines maladies, un changement alimentaire majeur participe directement à l’amélioration de l’état du malade.
On le sait, certains modes d’alimentation ont un rôle protecteur contre des maladies chroniques fréquentes, maladies cardio-vasculaires, cancer ou diabète. Ainsi du régime de type «méditerranéen» ou de la consommation d’au moins 5 fruits et légumes par jour, dont les bénéfices ont été largement montrés par les études épidémiologiques.
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Mais il ne s’agit là que de prévention. Parfois, l’alimentation devient elle-même un outil thérapeutique. Exemple avec la diète cétogène dans l’épilepsie, dont le bénéfice a été démontré par de nombreux essais.
On y a recours lorsque la maladie résiste à un ou plusieurs traitements médicamenteux. «Ce n’est pas une façon “bio” de traiter l’épilepsie, mais un mode de traitement réservé aux épilepsies résistantes aux médicaments», insiste le Pr Stéphane Auvin, neuropédiatre (Hôpital Robert-Debré, Paris).
«La diète cétogène consiste à restreindre tous les sucres lents et rapides à moins de 10-20 g/jour, soit 2-4 morceaux de sucre. Autrement dit, plus de pain, de pâtes, de féculents, de pommes de terre… Les apports nutritionnels reposent alors sur 90 % de lipides et 6-7 % de protéines.»
L’énergie des acides gras produits par la voie cétonique des cellules remplace alors largement celle, plus physiologique, des glucides. «Certains aliments sont interdits, d’autres, riches en graisses (fromages, charcuterie…) autorisés presque à volonté. Pour les aliments contenant du sucre, il faut calculer la quantité autorisée», précise le médecin. Très contraignant pour les familles et l’enfant malade, et socialement pénalisant, le régime cétogène est instauré sur prescription médicale et nécessite un suivi diététique étroit. La diète sera le plus souvent temporaire, sauf dans certaines pathologies rares où elle doit être suivie à vie.
«Le régime cétogène n’est pas une façon “bio” de traiter l’épilepsie, mais un mode de traitement réservé aux épilepsies résistantes aux médicaments»
Ses résultats sont convaincants et elle est désormais prescrite chez des enfants de moins de 2 ans, voire de 6 mois. «La diète cétogène divise par deux la fréquence des crises chez la moitié des patients et les réduit de 90 % chez un patient sur vingt. Elle pourrait aussi permettre de diminuer certains médicaments et améliorer certains troubles cognitifs dans l’épilepsie, mais ce n’est pas clairement démontré», ajoute Stéphane Auvin. En revanche, on ne connaît toujours pas son ou ses mécanismes d’action. «Des données précliniques suggèrent un effet anti-inflammatoire mais rien n’est encore démontré chez l’homme», insiste le neuropédiatre. Toutes les autres applications avancées ne sont que des hypothèses.
Le suivi diététique est aussi primordial lors d’un cancer ou chez certains patients très âgés, menacés par la dénutrition. Dans le cancer, la dénutrition a pour origine le processus cancéreux qui modifie le métabolisme, mais aussi les traitements indispensables pour le combattre.
Dans le vieillissement, la dénutrition et la sarcopénie (fonte musculaire) sont un facteur majeur de déclin fonctionnel et de dépendance, souvent dans un contexte multifactoriel où interviennent les comorbidités, la perte de goût et d’appétit avec l’âge, parfois majoré par les médicaments, la solitude, la dépression… Lire la suite
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