Proposition de résolution sur l’antisémitisme: le décryptage de Barbara Lefebvre

Par Paul Sugy  

Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit(éd. Albin Michel 2018).


FIGAROVOX-. Une proposition de résolution sur l’antisémitisme divise actuellement les parlementaires. Elle vise à modifier la définition française de l’antisémitisme, pour retenir celle de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. Qu’en pensez-vous?

Barbara LEFEBVRE-. Il est d’abord utile de rappeler que la proposition de Sylvain Maillard avait été repoussée par le président de l’Assemblée Richard Ferrand le 19 février dernier lorsque le député avait exprimé son souhait de faire voter une loi visant à interdire l’antisionisme.

Nous étions alors dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes où surgissait un certain nombre d’agitateurs proches de Dieudonné et Soral, antisémites notoires et obsessionnels du «complot sioniste».

Le 16 février, d’ailleurs, un salafiste opportunément gilet jaune agitant son keffieh avait insulté Alain Finkielkraut en lui hurlant «la France elle est à nous», le traitant de «sale sioniste de merde» puis le menaçant: «Dieu il va te punir, tu vas aller en enfer, tu vas mourir».

On voit ici que la motivation relève de l’antijudaïsme islamiste des plus basique davantage que de la critique géopolitique. Des actes antisémites avaient également été recensés en plus grand nombre au cours des premières semaines de l’année. C’est dans ce contexte immédiat que Sylvain Maillard avait sorti cette idée de loi, qu’il mûrissait apparemment depuis des mois.

Ce sont de l’encre et du temps parlementaires dépensés pour rien puisque ce texte relève du déclaratif.

Le 21 février lors du dîner du CRIF, le président Macron validait sans le nommer l’initiative du député LaREM, annonçant que la France allait «appliquer» la définition de l’antisémitisme assez fumeuse de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) soutenue par l’ONU. L’IHRA, qui rassemble 31 États-membres dont la France et divers experts, a pour objet de renforcer et promouvoir l’éducation, le travail de mémoire et la recherche sur l’extermination des juifs d’Europe.

Sa définition de l’antisémitisme, reprise intégralement par la résolution de LaREM, avait été adoptée par les États membres de l’IHRA le 26 mai 2016.

Le 20 mai 2019 la proposition du député Maillard, affirmant «lutter contre l’antisémitisme», était enregistrée et devait être débattue, mais cela fut reporté. Cette résolution sans valeur contraignante revient aujourd’hui dans l’agenda parlementaire.

Si tant est que le texte soit pertinent, ce sont de l’encre et du temps parlementaires dépensés pour rien puisque ce texte relève du déclaratif. Une loi de ce type serait sans doute jugée anticonstitutionnelle, alors qu’une résolution, de par son innocuité, ne heurte le droit qu’à la marge.

Mais il s’agissait peut-être aussi de faire plaisir à quelques amis du président, qui ne semblent pas s’inquiéter réellement de l’absence de politique visant à mettre hors d’état de nuire les antisémites qui agressent et tuent dans notre pays, à savoir les islamistes.

Eux sont peut-être socialement et économiquement protégés des agressions antijuives subies par les Français juifs d’en bas vivant dans les territoires perdus de la République. Ces juifs-là n’ont que deux alternatives: déménager ou s’enfermer dans une bulle communautaire locale comme les «dhimmis» en terre d’islam.

Sylvain Maillard prétend que son texte «permettra de dire ce qui est effectivement antisémite» puisqu’il entend préciser que les propos niant la légitimité de l’existence de l’État d’Israël relèvent de l’antisémitisme.

Mais, cela a été compris depuis longtemps. Pierre-André Taguieff, pour ne citer que lui, fait partie des intellectuels qui ont patiemment décrypté l’imposture antisioniste qui recycle tout ce que la nébuleuse antijuive a produit de plus exécrable: de l’extrême droite à l’extrême gauche, cristallisé autour de la puissance de l’islam politique.

N’oublions jamais le rôle, auprès d’Hitler, du grand mufti de Jérusalem, antijuif notoire obsédé par le projet sioniste: le Frère musulman Amin al-Husseini qui s’installa à Berlin dès 1941 pour superviser la propagande vers le monde arabe via la radio de Zeesen.

Il faut donc ne pas avoir le courage de voir et nommer ce qui est sous nos yeux pour prétendre qu’en 2019 on ne sait pas vraiment distinguer «ce qui est ou non antisémite»! Quand un islamiste vous hurle «sale sioniste de merde, Dieu va te punir», tout le monde comprend bien qu’il ne s’agit pas d’une critique politique constructive de la politique du gouvernement israélien, mais d’une insulte valant «sale juif».

Personne, hormis les islamo-gauchistes manifestant aux côtes du CCIF, n’a besoin de sous-titre, ni d’une résolution de LaREM.

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