Avec cette visite, M. Netanyahou cherchait à renforcer les liens avec l’Afrique

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a demandé jeudi au Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn de l’aider à obtenir et sécuriser la libération d’Avera Mengistu, un Israélien d’origine éthiopienne qui a traversé la frontière avec Gaza il y a environ deux ans et qui est censé être détenu par le Hamas, a révélé le site israélien Ynet.

« Nous saisissons toujours l’opportunité d’évoquer la question de nos citoyens quelque soit l’occasion, et bien entendu même ici », a déclaré Netanyahou, qui a achevé le même jour à Addis Abeba une tournée de quatre jours en Afrique de l’Est, où il a tenté de resserrer les liens politiques et économiques avec un continent longtemps mal disposé à l’égard d’Israël.

Pour la première visite d’un chef de gouvernement israélien en Ethiopie, M. Netanyahou s’est exprimé devant le Parlement. « Nous voyons clairement le potentiel de l’Ethiopie et de l’Afrique, et je suis fier d’annoncer qu’Israël revient en Afrique avec beaucoup d’ambitions », a-t-il déclaré.

« Je crois que l’Ethiopie avance. Vos industries se développent. Votre influence s’étend. Nous voulons renforcer nos liens avec vous », a-t-il ajouté, les applaudissements des députés éthiopiens venant régulièrement interrompre son discours.

Cette première tournée d’un chef de gouvernement israélien en Afrique subsaharienne depuis des décennies avait été qualifiée « d’historique » par M. Netanyahou lui-même. Elle l’a mené en Ouganda lundi, au Kenya mardi, au Rwanda mercredi et en Ethiopie jeudi.

« Israël revient en Afrique », a répété au fil de ces quatre jours le Premier ministre israélien, chaleureusement accueilli par des dirigeants de pays qui ont longtemps été en froid avec l’Etat hébreu, notamment sur la question palestinienne.

Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973.

Avec cette visite, M. Netanyahou cherchait à renforcer les liens avec l’Afrique, susceptible de le soutenir dans les institutions internationales, où Israël est vivement critiqué pour ses implantations ou ses activités nucléaires.

La teneur des discussions sur ce thème n’a pas été révélée. Mais les dirigeants rencontrés par M. Netanyahou se sont engagés à favoriser le retour d’Israël parmi les Etats observateurs de l’Union africaine (UA), ce qui aurait valeur de symbole.

« Israël travaille très dur dans plusieurs pays africains. Il n’y a aucune raison de lui dénier le statut d’observateur », a déclaré jeudi le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn à l’issue d’un entretien avec son homologue israélien.

Des accords économiques

Cette tournée aura débuté pour M. Netanyahou sur une note « très émouvante », avec la célébration lundi en Ouganda du 40e anniversaire du raid d’Entebbe, marqué par la mort de son frère aîné Yonathan.

Chef du commando israélien venu libérer en 1976 les passagers d’un vol Tel-Aviv/Paris détourné sur l’aéroport d’Entebbe, où les preneurs d’otages avaient été accueillis par le dictateur ougandais Idi Amin Dada, Yonathan Netanyahu avait péri dans cette opération.

Tout en saluant « l’héroïsme » des soldats israéliens, Benjamin Netanyahou a estimé que sa présence à Entebbe 40 ans plus tard témoignait de l’évolution des relations entre Israël et l’Afrique.

Le lendemain au Kenya – un des rares alliés historiques d’Israël sur le continent africain – M. Netanyahou a insisté sur l’importance d’un partenariat en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

« En travaillant ensemble, nous pouvons défaire encore plus vite le fléau qu’est cette terreur », a-t-il estimé après s’être entretenu avec le président kényan Uhuru Kenyatta, qui avait invité M. Netanyahou à venir en Afrique lors d’une visite en Israël en février.

L’étape rwandaise aussi a été symbolique pour M. Netanyahou. Il s’est rendu au mémorial du génocide de Gisozi à Kigali, où reposent dans des sépultures communes quelque 250.000 des 800.000 victimes du génocide rwandais, commis d’avril à juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Le Premier ministre israélien a salué le « lien unique » qui unit les Rwandais à son peuple. « Nous n’avons jamais perdu espoir et vous n’avez jamais perdu espoir, et maintenant, Israël et le Rwanda sont des Etats qui ont réussi et qui sont des modèles de progrès », a-t-il observé.

Tout au long de ces quatre jours, M. Netanyahou, qui voyageait avec 80 hommes d’affaires, a également conclu plusieurs accords économiques, touchant notamment aux secteurs de l’eau, la santé, l’immigration (Kenya), ou au tourisme et aux nouvelles technologies (Rwanda).

i24news.tv

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