UNE ŒUVRE D’ART PILLÉE PAR LES NAZIS IL Y A 80 ANS REPÉRÉE DANS UNE ANNONCE IMMOBILIÈRE

Par Marina Ada Ondo

Un tableau pillé par les nazis a été retrouvé dans une annonce immobilière publiée en Argentine plus de 80 ans après sa disparition.

Une enquête de longue haleine. Disparu depuis plus de quatre décennies, le tableau «Portrait de femme» (Contessa Colleoni) du peintre italien baroque Giuseppe Ghislandi a été retrouvé dans l’annonce de vente d’une propriété ayant appartenu à un haut dignitaire nazi, a rapporté le journal néerlandais AD.

Cette œuvre appartenait initialement au marchand d’art Jacques Goudstikker, décédé en mer alors qu’il fuyait l’invasion nazie des Pays-Bas quelques jours après le début de la seconde guerre mondiale.

Plus de 1.100 œuvres de sa collection furent acquises lors d’une vente forcée par des hauts fonctionnaires nazis après sa mort, dont le maréchal du Reich et collectionneur d’art Hermann Göring.

UN «SERPENT DE LA PIRE ESPÈCE»

Friedrich Kadgien, bras droit du dirigeant nazi, comptait parmi les officiers SS qui s’approprièrent également ces trésors inestimables. Décrit comme un «serpent de la pire espèce» par les interrogateurs américains, il fut en partie responsable du «Plan de quatre Ans», conçu pour financer l’industrie militaire allemande, notamment en extorquant des diamantaires juifs à Amsterdam.

Après la défaite allemande, le conseiller ministériel s’est enfui en Suisse avant de s’installer au Brésil puis en Argentine, où il devint un homme d’affaires prospère jusqu’à sa mort en 1978.

Certaines œuvres furent récupérées et exposées Musée d’État d’Amsterdam dans la collection nationale néerlandaise. En 2006, Marei von Saher, belle-fille et seule héritière survivante de Jacques Goudstikker, a récupéré 202 œuvres d’art.

Cependant, le portrait de la comtesse Colleoni, considéré comme «un des plus importants de l’Italie du Nord à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle», figurait dans une base de données d’art perdu.

Ces dernières années, les journalistes de l’AD ont tenté de contacter les filles de Friedrich Kadgien à plusieurs reprises pour évoquer le passé sulfureux de leur père ainsi que ses œuvres, sans succès.

«RIEN NE LAISSE PENSER QU’IL S’AGISSE D’UNE COPIE»

Tout a changé lorsque l’une d’elles a mis en vente la propriété familiale via l’agence immobilière Robles Casas & Campos, spécialisée dans l’immobilier de luxe argentin. Les photos de l’intérieur publiées sur leur site web ont révélé que le tableau recherché était simplement accroché au-dessus du canapé. L’œuvre s’y trouve toujours au quotidien, a rapporté récemment le site.

© Robles Casas & Campos

«Rien ne laisse penser qu’il s’agisse d’une copie. Les dimensions semblent également correspondre aux informations dont nous disposons. Une confirmation définitive peut être obtenue en examinant le dos du tableau ; il pourrait encore contenir des marques ou des étiquettes confirmant sa provenance», ont indiqué Annelies Kool et Perry Schrier, conseillers de l’Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas (RCE).

La successeur de Jacques Goudstikker envisage de revendiquer le tableau en cas d’absence ou de refus de coopération de l’actuelle propriétaire, a rapporté leur avocat américain. «L’objectif de ma famille est de ramener chaque œuvre d’art volée dans la collection de Jacques et de restaurer son héritage», a expliqué l’héritière de 81 ans.

Toutes les tentatives pour contacter les filles depuis la découverte ont échoué, l’une d’elles déclarant au journal : «Je ne sais pas quelles informations vous voulez de moi et je ne sais pas de quel tableau vous parlez».

Une autre œuvre pillée – une nature morte florale du peintre hollandais du XVIIe siècle Abraham Mignon – a également été repérée sur un réseau social des sœurs Kadgien. En possession de leur père en 1946, ce tableau figure également sur le site du RCE. «À ce jour, nous ne connaissons pas encore le propriétaire initial. Des recherches devront le déterminer», a précisé l’agence.

Source/ CNEWS
Le site a récemment confirmé que l’œuvre se trouve toujours au-dessus du canapé. [© Robles Casas & Campos]

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Asher Cohen

La morale de l’église catholique ne cesse pas de nous impressionner. Après avoir donné sa bénédiction pour l’extermination des Juifs en 1942-45, le Vatican, haute autorité spirituelle occidentale, s’est, dès 1945, empressé d’aider les criminels nazis et voleurs de biens Juifs, à fuir en Argentine, où Perón les a accueillis à bras ouverts. Si ce n’est pas, pour le Vatican, de la complicité de crime contre l’humanité, Qu’est-ce-que c’est? Pour les catholiques, agir ainsi c’est faire le bien et la justice, au nom de dieu bien-sûr. Et dire que dans le Monde, il y a des centaines de millions de gogos qui gobent le discours  » moralisateur  » de l’église catholique! Que D. ait pitié d’eux!