Marceline Loridan-Ivens n’avait pas peur des racailles…

0
3196

La mort de Marceline Loridan-Ivens : la femme qui n’avait pas peur des racailles…

Une belle voix s’est tue. Elle va nous manquer.

Le courage comme seule vertu

Publié le 

La mort de Marceline Loridan-Ivens : la femme qui n'avait pas peur des racailles...

 Crédit DOMINIQUE FAGET / AFP

Marceline Loridan-Ivens fut, avec Simone Veil, une des plus jeunes déportées d’Auschwitz. Vivre à l’ombre des chambres à gaz crée des liens. Les deux femmes devinrent amies pour toujours. Il est probable que la mort récente de Simone Veil a ôté a Marceline Loridan-Ivens l’envie de vivre plus longtemps.

Quand elle revint des camps de la mort elle plongea dans les années folles et insouciantes de Saint-Germain-des-Prés . Elle vécut, dansa et eut de belles liaisons amoureuses. Puis elle épousa le cinéaste Joris Ivens. Avec lui elle tourna nombre de documentaires.
Apres sa mort, elle commença à tourner, seule, des documentaires sur Auschwitz et la Shoah. Inlassablement elle les présentait dans les écoles. Il y a trois ans Marceline Loridan-Ivens écrivait un très beau livre : “Et tu n es pas revenu“. “Tu” c’était son père dont Auschwitz fut le cimetière.
Pour son livre elle fut invitée a France Inter. Pour parler bien sûr d’Auschwitz et de la Shoah. Mais elle décida de parler de l’antisémitisme d’aujourd’hui. Au grand dam de Patrick Cohen qui l’interviewait.
Elle raconta sans hésiter un instant, et avec une gouaille toute parisienne, ce quelle avait vécu dans un lycée professionnel. Elle y présentait un de ses films. Pendant la projection, alors que la lumière était éteinte, on entendit des ricanements et des sifflets. Les racailles n’aimaient pas qu’on parle trop de la souffrance des Juifs.
“Des jeunes Maghrébins” expliqua pendant l’interview Marceline Loridan-Ivens. Elle n’avait pas peur des mots… Quand la projection fut terminée elle s’adressa aux élèves : “maintenant que la lumière est revenue pouvez-vous répéter ce que vous avez fait dans le noir ?”.
Il y eut un silence lourd et pesant. Alors Marceline Loridan-Ivens leur lança : “Vous êtes des lâches, vous êtes des lâches !”. Qui aujourd’hui osera parler comme Marceline Loridan-Ivens.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.