L’élevage du porc en Israël

3
2286

Généralement peu respectueux des traditions juives et autres préceptes alimentaires dictés par la Torah, les Russes d’Israël ne rechignent pas à s’alimenter non casher.

Depuis leur arrivée en Terre promise, par exemple, les boucheries qui vendent du porc se sont multipliées.

Mais halte aux clichés! Les consommateurs de ce non-ruminant n’appartiennent pas uniquement à la population russe. Certains Juifs non pratiquants ou Arabes chrétiens ne s’en privent pas.

En Israël, plus de 65 % de la population juive observent les prescriptions rituelles de cashrout, dans une certaine mesure.

Et près d’un million de Musulmans se procurent des aliments casher pour répondre aux exigences du régime alimentaire halal.

Ainsi, si l’importation de produits non casher, autres que la viande et la volaille, n’est pas illégale, elle se cantonne finalement à une modeste part de marché : moins de 5 % du secteur alimentaire total.


Israël autorise la production et la mise en vente intérieures de viande non casher.

En revanche, toute viande ou volaille importée doit être certifiée casher par le Conseil rabbinique du Grand rabbinat ou un organisme autorisé par celui-ci.

La viande importée doit être homologuée par les Services vétérinaires israéliens (IVS) et provenir d’une usine de transformation approuvée par ceux-ci.

Une loi de 1962 interdit l’élevage de porc en Israël, leur détention et leur abattage. Mais le texte comporte des failles que ses opposants se sont empressés d’exploiter.

Ainsi, si les textes stipulent qu’il est interdit d’élever des porcs en Terre sainte, il l’autorise dans les instituts de recherche scientifique, les jardins zoologiques et les villages arabes du nord du pays, tels que Nazareth, Kfar-Yassin ou Aablin en Galilée, en raison de leur forte densité chrétienne.

De par la mauvaise réputation de l’élevage et ses conséquences pour l’environnement, la restriction contente finalement le plus grand nombre.

L’industrie porcine, un secteur compétitif

« Excepté l’importation illégale, difficile à évaluer en termes de chiffres, l’ensemble de la viande de porc est produite en Israël », assure Jeffrey Yoskowitz, spécialiste de la production porcine en Israël.

Par ailleurs, une loi votée en 1994 autorise la vente de porc dans les supermarchés et les restaurants, annulant de fait la loi de 1962.

« La majorité des partis politiques, à l’exception des partis religieux, ne se soucient plus guère de l’application de la loi de 1962. L’industrie porcine est en quelque sorte admise, au regard des lacunes de la loi. »

Un seul parti résiste encore et toujours à l’envahisseur porcin : Shas. « La faction ultra-orthodoxe s’est battue contre la loi pendant des années. Mais, dorénavant, ce sont les municipalités qui ont le pouvoir, par arrêté municipal, d’interdire la vente de porcs sur leur territoire », précise Jeffrey Yoskowitz.

Une compétition sévit dans le secteur de la production porcine. Elle occupe diverses usines, telles que celle de Mizra, située dans le kibboutz du même nom.

La chaîne de produits alimentaires non casher qui la détient, Tiv Taam, possède une trentaine de magasins et affiche un chiffre d’affaires de 238 millions dollars.

En 2007, le millionnaire russo-israélien Arcadi Gaydamak a voulu racheter la chaîne pour distribuer des produits casher.

« Je pense que dans un Etat juif, dans lequel vivent, en outre, beaucoup de Musulmans, vendre du porc est une provocation », avait-il confié à l’époque sur les ondes de Galei Tsahal, la radio militaire.

La transaction n’a finalement pas abouti car Tiv Taam était lié par contrat avec le kibboutz Mizra.

Son concurrent direct, le kibboutz Lahav, à une trentaine de minutes de Beersheva, élève dans son Institut de recherche animale près de 3 000 porcs à des fins scientifiques, profitant de la souplesse de la loi de 1962.

Le premier atout de ce commerce, avancé par ses défenseurs, repose sur les emplois qu’il génère.

« L’industrie porcine fait travailler près de 100 000 personnes en Israël : éleveurs, vendeurs et ouvriers. Et si vous tenez compte des membres de leur famille, alors le porc nourrit de 300 à 500 000 personnes », souligne l’ex-député Igal Yasinov de l’ancien parti laïc Shinouï.

Autre atout du quadrupède non ruminant : la répulsion qu’il inspire aux Musulmans. Et pour cause : selon la tradition de l’islam, un fidèle au contact d’un porc n’a plus droit aux soixante-dix vierges promises au paradis. Une croyance qu’a tôt fait d’exploiter l’armée de Tsahal dans sa lutte contre le terrorisme. Par Stéphanie Bitan [source :Jpost.fr]

3 COMMENTS

  1. @Elie ” les mammifères ruminants ET à sabots fendus” Merci de préciser quels ruminants n’ont pas les sabots fendus.
    Quant aux oiseaux, pourquoi les hahamim ont ils décrété que l’autruche (dont la viande est excellente) n’est pas cachère? Elle ne mange pas de charogne, son bec n’est pas fait pour, en revanche, la poule tue volontiers petits serpents et autres reptiles pour les dévorer comme de vulgaires vers ou insectes; tous les oiseaux sauf les colibris sont insectivores. Certains illuminés en quête de gloire théologique ont décrété, de leur côté, que les palmipèdes ne sont pas cacher (ce qui ne les empêche pas de savourer le foie gras).

    • Shalom.
      Les chevaux, zèbres, ânes, mulets, sont des ruminants à sabots Non-fendus…
      Mais bon, la liste des animaux ne spécifie pas qu’ils soient classés parmi les purs ou les non-purs parce qu’ils ont certaines caracteristiques. Ces dernières sont une aide à les regrouper, et les raisons, certainement ésotériques, ne sont pas données. C’est là un enseignement donné à Moïse, et transmis à certains initiés.
      pour les oiseaux aussi, une liste a été donnée, et on serait en mal d’expliquer pourquoi le canard, l’oie sont cacher, et le pelikan ou la cigogne pas cacher. Le canard est cacher.
      Finalement, ce n’est donc pas parce qu’un oiseau est prédateur ou pas que comme les ruminants…
      Mais on aura remarqué que généralement, seuls les carnivores Sont non- comestibles…
      Reste que les poissons à écailles sont tous comestibles, même ceux qui perdent leurs écailles après être sortis de l’eau.
      Pour conclure, est-il besoin d’être chimiste ou biologiste pour prendre le médoc ordonné par le DOCTEUR ?

  2. Une esprit saint dans un porcin…?
    Cet animal re-deviendra cachere quand les poules auront des dents.
    L’ésotérisme hébraïque nous souffle discrètement que ‘hazir, le nom du porc en hebreu, suggère que cet animal a été rituellement pur un jour, puis quelque chose est parti de “travers” (de porc). En l’ état, il n’est pas consommable par un juif, au même titre qu’une bête ou bestiole énumérée dans la liste et dérivés parue dans le levithique, dont le chameau (ce que le falsificateur Momo a permis, sans explications)..
    Il est remarquable de constater que seuls les mammifères ruminants ET à sabots fendus possèdent le “polygone de Willis”, cette configuration artérielle decouverte depuis peu, qui les “anesthésie” lors de la jugulation hébraïque. Moïse était-il un vétérinaire chirurgien pour le savoir, et connaissait-il la faune de la planète pour garantir que seul le porc (et le porc sauvage), le lapin, le chameau et la gerboise etaient les seuls 4 animaux terrestres à n’avoir qu’un des deux seuls attributs ?
    Reste que la prescription de l’interdit ne concerne Que les Juifs, et que les animaux marins autorisés ne sont QUE ceux pourvus d’ecailles, et parmi les volatiles, les non-rapaces, ni charognards, et ceux présentant les signes de pureté habituels. Tout cet enseignement transmis par Moïse, et reçu au mont Sinaï.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.