Aujourd’hui, 1er juillet, le gouvernement fédéral fera tout pour nous faire croire que les Québécois devraient se reconnaître dans la fête du Canada, comme si ce pays était le leur.

Le Canada n’est pas notre pays

Mais les Québécois ne sont pas dupes.

Ils savent bien, au fond d’eux-mêmes, qu’ils ne sont pas Canadiens, et que le Canada n’est pas leur pays. Ils savent bien qu’en Ontario, en Alberta, en Saskatchewan, ils ne sont plus chez eux.

Et puisque Montréal se canadianise rapidement en s’anglicisant, ils s’y sentent d’ailleurs de plus en plus étranger. C’est un grave problème que la politique d’affirmation linguistique du gouvernement Legault cherche à corriger, d’ailleurs.

Français

J’ajouterais : le Canada n’a jamais vraiment été notre pays, même si le lexique identitaire est trompeur.

Certes, à l’origine, nous avons fondé le Canada, et nous nous sommes d’abord nommés Canadiens. Mais plus ceux qu’on appelait alors les Anglais se sont approprié cette référence, en devenant Canadians, au point même de nous voler notre hymne national, plus nous nous en sommes détachés, en devenant Canadiens français, puis, Québécois.

Toujours, nous avons eu conscience de notre différence vitale.

Soyons lucides. Le Canada est un pays anglais qui traite le français comme un résidu folklorique désagréable avec lequel il faut faire le moins de compromis possible. Certes, on le présente comme un pays bilingue, mais c’est un pays bilingue de langue anglaise. Et cela se radicalise ces années-ci.

Le Canada est un pays multiculturaliste qui considère le peuple québécois comme un groupe ethnique parmi d’autres. Et quand notre nation cherche à s’affirmer, on l’accuse de suprémacisme ethnique.

Il faut lire la presse et les réseaux sociaux du Canada anglais pour voir à quel point la haine du Québec est banalisée, même encouragée. On nous accuse de racisme, d’ethnocentrisme, de xénophobie, on nous explique que notre langue est un obstacle au progrès, à la modernité, à l’inclusion.

On n’y trouve aucun effort pour comprendre notre situation collective en Amérique.

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Vivre dans le Canada, c’est se condamner à être de moins en moins Québécois.

J’ajouterais, et cela n’est pas un détail, que le Canada est aujourd’hui un pays inquiétant. C’est un véritable Wokistan, qui verse dans un multiculturalisme extrême, au point même de célébrer le niqab, et qui normalise les nouvelles formes de censure au nom de la diversité.

À l’échelle de l’histoire, c’est une expérience idéologique étrange qui se déroule au Canada. Je n’y vois aucun progrès. Le Canada se félicite même d’être le premier pays postnational.

Qu’on s’entende bien : je ne diabolise pas le Canada. Je ne le déteste pas. C’est un charmant pays digne de fierté pour les Canadiens.

Postnational

Et comme disait René Lévesque, ce n’est pas le goulag.

Mais ce n’est pas notre pays.

Je souhaite une bonne fête postnationale au Canada : le bon voisinage est essentiel sur cette terre.

Mais je tiens à lui rappeler que cette célébration ne nous concerne pas.

MATHIEU BOCK-CÔTÉ  www.journaldemontreal.com

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