Sami AL-SAI

L’Autorité Palestinienne et le Hamas entravent la liberté de la presse

Source : Ambassade d’Israël en France
L’Autorité palestinienne (AP) et l’administration du Hamas à Gaza, viennent toutes deux de durcir leur position envers les droits des journalistes et la liberté de la presse ces derniers mois en Cisjordanie et à Gaza, en lançant toutes deux une campagne de répression contre la dissidence.
Le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud ABBAS a par ailleurs approuvé le 11 juillet dernier une nouvelle loi pour «lutter contre la cybercriminalité», qui autorise les autorités à emprisonner toute personne qui vise à publier des articles pouvant «mettre en danger l’intégrité de l’Etat palestinien, l’ordre public ou la sécurité interne ou externe de l’État », conférant ainsi de facto à l’AP le pouvoir de contrôler les médias et de faire taire les critiques.
L’ONG Amnesty International a ainsi déclaré qu’il s’agissait là d’«une sinistre campagne pour museler la dissidence, intimider les journalistes et porter atteinte à la vie privée des personnes» et que les autorités devaient «abroger de toute urgence la Loi sur la cybercriminalité.»
Sur la base de cette nouvelle législation, l’Autorité Palestinienne a arrêté début août 5 journalistes travaillant en Cisjordanie pour des médias associés au Hamas, comme l’a dénoncé un syndicat de journalistes palestiniens. Selon l’agence de presse officielle palestinienne WAFA, ces journalistes ont été arrêtés pour «avoir divulgué des informations sensibles à des groupes ennemis».
Ce n’était pas la première fois que les services de sécurité de l’AP menaient de telles arrestations, en raison de critiques qu’ils auraient formulées à l’encontre de l’Autorité Palestinienne, comme l’ont expliqué ces journalistes à Haaretz à leur libération le 14 août. Pourtant, cette fois-ci, aucun article incriminant ces journalistes ne leur a été présenté : ils savaient d’emblée qu’il s’agissait d’une arrestation politique.
Un autre journaliste de Palestine TV, Fouad JARADA, a également été détenu par le Hamas à Gaza depuis le 8 juin, et libéré le 13 août dernier.
Les organisations de défense des droits de l’Homme voient dans ces arrestations une nouvelle illustration des persécutions contre les journalistes et des entraves à la liberté de la presse et à la liberté d’expression par l’Autorité Palestinienne.
Les journalistes palestiniens paient également le prix du conflit entre le Fatah et le Hamas : l’ONG Human Right Watch rapporte ainsi que depuis 2007, ces journalistes ont souvent été victimes de la scission entre le Fatah et le Hamas. Le Centre palestinien pour le Développement et pour les Libertés des médias (MADA) rapporte que les divisions internes palestiniennes continuent d’être l’une des raisons majeures derrière les violations palestiniennes contre la liberté de la presse, surtout lorsqu’il s’agit de la liberté d’un média affilié à un certain parti politique.
Il ne s’agit pas des premières arrestations ou violations des libertés de la presse: réalisant des rapports sur la liberté de la presse depuis 2012, l’ONG américaine Freedom House a classé en 2017 les médias de la Cisjordanie et de Gaza dans la catégorie des médias «non libres», pour la 6ème année consécutive, en raison notamment les nombreuses arrestations de journalistes ou de la fermeture de journaux ou de sites internet.
C’est à la fois l’environnement légal, politique et économique qui sont dénoncés, classant la Cisjordanie et à Gaza parmi les plus mauvais pays du monde en matière de liberté de la presse (le dernier rapport de 2016 est encore disponible).
Les violations de la liberté de la presse par l’Autorité Palestinienne ou le Hamas en Cisjordanie et à Gaza sont en constante augmentation : selon un rapport du Centre palestinien pour le Développement et pour les Libertés des médias (MADA), la première moitié de l’année 2017 a été marquée par 101 violations et 41 violations seulement pour le mois de juin : une augmentation de près de 55% comparé à 2016.
La Palestine se trouve également en très mauvaise position parmi les pays perpétrant le plus d’exactions envers les journalistes (135e place), dans le classement 2017 de l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) pour la liberté de la presse, qui « dénonce l’aggravation des persécutions gouvernementales contre les médias des territoires palestinien » dans uncommuniqué.
Enfin, l’ONG Amnesty International fait le même constat : «ces derniers mois, l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza ont fortement intensifié les attaques contre les journalistes et les médias pour tenter d’étouffer la dissidence. Ces attaques sont un recul inquiétant pour la liberté d’expression en Palestine».
Les types de violations varient : plusieurs sites internet ont été bloqués, plusieurs journalistes ont été arrêtés, détenus, interrogés en Cisjordanie et à Gaza, certains ont même été placés en détention par le Hamas pour des commentaires critiques postés sur Facebook, et enfin d’autres ont même été torturés comme le journaliste Sami AL-SAI, arrêté par les services de renseignement palestiniens le 2 février 2017 et transféré à la prison de Jéricho :
« La première nuit, témoigne-t-il, j’avais les yeux bandés et les mains attachées pendant trois heures (…) Un autre jour, ils ont attaché mes mains à l’arrière avec une longue corde et m’ont pendu au plafond de la cellule pendant environ une demi-heure, tout en me battant, en m’insultant et en me menaçant. (…) ».
Des techniques d’intimidation redoutables qui conduisent certains journalistes à s’autocensurer et à faire le choix de cesser de couvrir les questions politiques ou celles, difficiles aussi, des conditions de vie à Gaza.

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