Comment la guerre en Iran révèle les faiblesses de l’Europe, et aussi la voie à suivre pour en sortir.

 

Que le cessez-le-feu actuel aboutisse à une fin officielle du conflit, ou qu’il s’effondre et que des échanges de coups reprennent entre l’Iran, les États-Unis et Israël, une chose est claire : les pays européens n’ont guère eu d’influence sur cette guerre.
Au-delà des déclarations et des gestes symboliques, les Européens n’ont pas su user de leur influence, ni par la force ni par l’influence douce, pour contenir ce qui devrait être leur plus proche allié : les États-Unis.

Et ce, malgré le fait que le conflit se déroule dans une zone d’importance capitale pour les intérêts européens.
Malgré les efforts déployés par l’Europe pour diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, son statut de consommateur l’expose à des hausses de prix.

La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une forte hausse des prix du gaz naturel en Europe, notamment parce que les réserves gazières européennes n’étaient pas préparées à une telle crise et n’étaient remplies qu’à environ 30 %.
Les producteurs d’acier et de produits chimiques ont répercuté cette hausse des prix de l’énergie sur leurs prix, et la Banque centrale européenne a retardé la baisse de ses taux d’intérêt face à la crise.
Tous ces facteurs aggravent la crise économique en Europe, en particulier en Allemagne, où l’activité industrielle ralentit en raison de la flambée des prix de l’énergie et de la concurrence accrue de la Chine.

L’impuissance européenne est particulièrement flagrante sur le plan militaire. Tandis que les États-Unis démontraient leur puissance de feu et déployaient une force navale et aérienne massive contre l’Iran, et que l’Inde et le Pakistan envoyaient des destroyers escorter des pétroliers dans le golfe Persique, la réaction européenne révélait des divisions et des hésitations internes.
Si l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne excluaient explicitement toute implication militaire, la France, tout en dépêchant des navires de guerre en Méditerranée et en mer Rouge, précisait que leur mission débuterait après la phase intense du conflit. L’Institut européen d’études de sécurité (IEESS) a comparé l’approche européenne à une forme d’« impuissance acquise », cet état psychologique où une personne se persuade de son incapacité jusqu’à la concrétiser.

Cette impuissance trouve son origine dans le marché de l’énergie. Tant que l’Europe restera dépendante des importations énergétiques, elle demeurera exposée aux chocs géopolitiques et se trouvera sans levier aux moments critiques : un pays dépendant du gaz américain ne peut imposer ses conditions aux Américains. La solution n’est pas de trouver un fournisseur plus performant et plus fiable, comme cela a été tenté après la guerre en Ukraine, mais de se désengager de ce produit.

C’est là que l’énergie nucléaire entre en jeu. Par exemple, la France, qui produit environ 70 % de son électricité grâce au nucléaire, a beaucoup moins souffert de la crise énergétique actuelle que l’Allemagne, qui, sous la pression politique du mouvement écologiste, a commis une erreur fatale en fermant ses centrales nucléaires.
De ce fait, la France a fait preuve d’une plus grande indépendance stratégique que l’Allemagne, restée silencieuse. Pendant la guerre, la Commission européenne a présenté un plan de déploiement de petits réacteurs nucléaires modulaires (PRM) à travers l’Europe.
Cette technologie, qui représente l’avenir de l’énergie nucléaire, peut, combinée aux énergies renouvelables, conduire l’Europe à l’indépendance énergétique, et donc à l’indépendance stratégique.

La guerre en Iran prouve que l’Europe est devenue un acteur du jeu géopolitique, et non un simple spectateur.
Tant qu’elle continuera à rechercher des fournisseurs au lieu de l’indépendance, elle le restera.
L’énergie nucléaire, source d’énergie verte, sûre et fiable, est la voie la plus directe vers l’indépendance. Si les Européens ne s’engagent pas rapidement sur cette voie, ils risquent de devenir les victimes du nouvel ordre mondial dicté par Trump.

JForum.fr avec Nziv

כיצד המלחמה באיראן חושפת את החולשות של אירופה, וגם את הדרך החוצה

 Crédit : Tomer Lahav, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel Aviv, membre du groupe Natziv

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires