A general view shows a temporary bridge from Shenzhen to Hong Kong for transporting materials and workers to build a coronavirus disease (COVID-19) isolation facility in Lok Ma Chau, during the COVID-19 pandemic in Hong Kong, China, March 9, 2022. REUTERS/Tyrone Siu

En Chine, les 17 millions d’habitants de Shenzhen confinés face à une flambée de cas de Covid-19

Alors que le pays a enregistré son taux le plus élevé de cas quotidiens de Covid en deux ans, plusieurs villes chinoises retournent sous le régime du confinement strict. Mais la politique «zéro Covid» entraîne lassitude des populations et interrogations sur son bien-fondé.

Des millions de personnes confinées à travers la Chine. Alors que le pays a enregistré son taux le plus élevé de cas quotidiens de Covid en deux ans, plusieurs villes ont été confinées. A Shanghai, métropole la plus peuplée de Chine, les quartiers d’habitation sont bouclés un à un ainsi que des écoles, entreprises, restaurants et centres commerciaux. Et, depuis dimanche, interdiction de quitter ou entrer dans la ville sans un test négatif des dernières 48 heures.

Même ambiance à Shenzhen, centre technologique du sud limitrophe de Hong Kong, où 17 millions de personnes sont confinées depuis ce dimanche, tout comme d’autres villes du pays, comme Changchun ou Yanji. Mais aussi à Jilin, partiellement confinée, où une centaine de quartiers sont pour l’instant sous cloche. Au même moment, près de 19 provinces luttent contre des foyers locaux dus aux variants delta et omicron.

La Chine, où le virus a été détecté pour la première fois fin 2019, applique une politique de tolérance zéro face à l’épidémie. Elle réagit aux foyers épidémiques par des confinements locaux, un dépistage de masse, le contrôle de sa population par l’intermédiaire d’applications de traçage et les frontières du pays restent pratiquement fermées. Mais ce record de cas quotidiens, provoqués par le variant omicron, met à mal cette approche. «Le mécanisme d’intervention d’urgence dans certaines zones n’est pas assez robuste, la compréhension des caractéristiques du variant omicron est insuffisante […] et le jugement a été inexact», a admis lors d’un point presse du gouvernement Zhang Yan, responsable de santé de la province de Jilin.

Des mesures drastiques

La Chine a jusqu’à présent réussi à maintenir les cas de coronavirus à un niveau très faible grâce à des mesures drastiques. Mais la lassitude face à cette approche stricte se fait de plus en plus entendre dans le pays. Plusieurs responsables préconisent désormais des mesures plus ciblées, et les économistes avertissent que les mesures radicales nuisent à la bonne marche du pays.

«C’est le pire (confinement, ndlr) depuis 2020», confie Zhang, un habitant de Shenzhen. «Les fermetures sont trop soudaines, mon amie s’est réveillée le matin en découvrant que son immeuble avait été scellé pendant la nuit sans avertissement. Son patron a dû lui envoyer son ordinateur portable par courrier.» Des milliers d’expatriés ont quant à eux quitté Hong Kong, principalement à cause de la fermeture des écoles et des restrictions sévères réduisant à quasi-néant tout rassemblement ou déplacement.

Face à l’augmentation des cas, l’autorité chinoise de santé nationale a annoncé vendredi qu’elle allait introduire l’utilisation de tests antigéniques rapides. Une décision qui pourrait indiquer une forme d’assouplissement de la politique sanitaire du Parti communiste. La semaine dernière, un scientifique chinois de haut niveau a déclaré que le pays devrait chercher à vivre avec le virus, comme l’ont fait d’autres pays. Mais le gouvernement n’a pour autant pas écarté la possibilité de recourir aux confinements stricts.

par LIBERATION et AFP
Un centre provisoire d’isolation pour les malades du Covid-19, aux portes de Shenzhen, mercredi. (Tyrone Siu/Reuters)

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.