Comment l’inventeur du bouillon Kub fut-il pris pour un espion juif-allemand ?

Tout ce qu’on doit à l’inventeur du bouillon Kub, Julius Maggi.

Depuis 1889, date de l’adoption de la première loi sur la nationalité française, les polémiques sur le laxisme du gouvernement concernant l’immigration illégale ont été constamment exploitées par les nationalistes de tout poil.

Parmi les multiples exemples pour illustrer ce point, évoquons aujourd’hui l’affaire Maggi. Fils d’un immigrant italien, mais de nationalité suisse, Julius Maggi s’était établi définitivement à Paris en 1901. En 1907, il obtint un brevet pour la marque Maggi qui existe encore de nos jours et que connaissent bien tous les amateurs du bouillon KUB (K.U.B). Dès 1912, six millions de ces cubes étaient vendus chaque mois en France.

Julius Maggi, du lait pasteurisé contrôlé au bouillon cube

Maggi était alors considéré comme un philanthrope, parce qu’il avait combattu « le péril blanc » (c’est-à-dire, le lait falsifié qui causait la mort de milliers d’enfants), en commercialisant un lait pasteurisé et rigoureusement contrôlé. Son action dans ce domaine lui valut la légion d’honneur.

Pourtant, ses concurrents ne voyaient pas d’un bon œil sa réussite. En 1912, les membres du Syndicat des crémiers de Paris et des départements, lancèrent une virulente campagne contre lui, incriminant son origine. Ils collèrent sur les murs de Paris une affiche ainsi rédigée : « Parisiens, voulez-vous connaître la nationalité exacte de vos fournisseurs ? » Et pour ceux qui n’auraient pas compris où ils voulaient en venir, l’affiche était divisée en deux parties. La partie gauche (celle qui énumérait le nom des laitiers « bien de chez nous » comme on dit), était ornée d’un ruban tricolore, tandis que la partie droite citait les membres, tous étrangers, du conseil de direction de l’entreprise que l’affiche appelait : l’ »Allgemeine Maggi Gesellschaft ».

Léon Daudet, un faiseur de fake news

Léon Daudet, le fils d’Alphonse Daudet – l’auteur des Lettres de mon moulin s’empara de l’affaire dans le quotidien d’extrême droite, L’Action française. Dans le numéro du 18 décembre 1912, juste à côté d’un gros article intitulé « l’espionnage juif allemand », Daudet exprima sa solidarité avec les crémiers de Paris, en affirmant qu’il était « nécessaire de défendre contre l’impudent attentat de puissants étrangers, les intérêts d’un syndicat de petits commerçants français ». (…)

Source : radiofrance.fr

1 COMMENTAIRE

  1. « Léon Daudet, le fils d’Alphonse Daudet – l’auteur des Lettres de mon moulin »

    les deux baudets, antijuifs maladifs, sont la pour confirmer que les chiens font des rats et y réussissent a merveille

    dans leur moulin a merde de Fontvielle

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