Freeze Corleone, accusé d’antisémitisme, n’est plus le bienvenu dans un festival à Rennes

Le rappeur et producteur Freeze Corleone dans le clip de son single Desiigner sur Colors, en 2020.

Le rappeur et producteur Freeze Corleone dans le clip de son single Desiigner sur Colors, en 2020. Capture Youtube/Colors Show

Tête d’affiche annoncée du Boomin Fest 2023, le rappeur français se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique.

«J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30», «tous les jours R.A.F (rien à foutre) de la Shoah»... Les textes de Freeze Corleone ont toujours choqué et suscité la colère d’associations, d’élus et de membres du gouvernement. En 2020, quelques semaines après la sortie de son album La Menace Fantôme, le rappeur s’était déjà retrouvé au cœur d’une controverse. La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) avait dénoncé le caractère antisémite de ses paroles. Une enquête pour «provocation à la haine raciale» avait été ouverte. Selon le site suisse Blick, elle sera classée sans suite en 2021. Le label de musique de Freeze Corleone, Universal France, avait quand même décidé de stopper «toute collaboration» avec l’artiste.

Deux ans plus tard, le rappeur continue à faire parler de lui. L’organisation juive internationale B’nai B’rith a dénoncé sa venue à Montréal pour un concert. L’événement, qui devait avoir lieu dimanche 4 décembre, a été annulé.

En France, en revanche, Freeze Corleone est toujours la tête d’affiche du Boomin Festival, dont la deuxième édition se déroulera le 18 mars 2023 à Rennes. Mais depuis quelques jours, le rappeur est dans le collimateur des élus de Rennes. Charles Compagnon, patron de l’opposition de droite au conseil municipal demande la déprogrammation du concert. Devant le conseil de la ville, lundi 5 décembre, il a rappelé que «Freeze Corleone fait l’apologie d’Adolf Hitler et du IIIe Reich» dans ses textes. «Dans l’action politique, il y a des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies» et «la venue de ce chanteur est clairement une ligne rouge», a-t-il expliqué, selon 20minutes .

Dans une interview accordée au Figaro en septembre 2020, Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, dénonçait déjà «les pires incitations à la haine» du rappeur. Il rappelait par la même occasion que «la loi de 1986, qui lutte contre le racisme et l’antisémitisme, s’applique aussi bien à ceux qui disent qu’à ceux qui colportent ce qui est dit». Par conséquent, il souhaitait que le ministre de la Justice saisisse le procureur de Paris contre le chanteur mais aussi contre les réseaux sociaux et les plateformes qui ont diffusé la musique de Freeze Corleone.

Par Anouk Labylle  www.lefigaro.fr

 

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