Des milliers de personnes réclament à Paris la libération de Gilat Shalit
PARIS, 22 juin 2010 (AFP)
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi soir au Trocadéro à Paris pour demander, à l’appel de plusieurs organisations juives, la libération du soldat franco-israélien Gilat Shalit et pour soutenir Israel, a constaté un journaliste de l’AFP. A l’appel notamment du Crif, du Consistoire et le Fonds social juif unifié (FSJU), les manifestants se sont rassemblés dans le calme sur le parvis des droits de l’Homme, où une estrade avait été dressée.
Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire notamment: « Liberté pour Gilat Shalit », « Hamas terroriste, Iran complice », « Défendre Israël, c’est défendre la démocratie ». Dans la foule étaient présents entre autres l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, l’avocat Arno Klarsfeld et Bernard-Henry Levy. Dans un communiqué, le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim avait mardi « encouragé vivement » à participer à cette manifestation.
Gilad Shalit, 23 ans, qui possède également la nationalité française, a été enlevé le 25 juin 2006 à la limite de la bande de Gaza lors d’une opération revendiquée par la branche armée du Hamas et deux autres groupes armés palestiniens.
D’autres rassemblements devraient avoir lieu mardi soir dans plusieurs villes de France. Ainsi à Nice, 340 personnes (selon la police) se sont retrouvées dans les jardins Albert 1er. Elles étaient 700 selon les organisateurs.
Etaient aussi présents entre autres : Alain finkielkraut, Claude Lanzmann, Eric Raoult, Claude Goasguen, Marek Halter, Enrico Macias, Patrick Bruel par vidéo.
Son excellence l’Ambassadeur d’Israël en France Dany Shek, Richard Prasquier pour le CRIF, Gil Taïeb (co-organisateur), David Messas G. R. de Paris,
Mobiliser la communauté juive n’est plus chose facile.
Malgré les évènements de ces derniers jours et l’acharnement médiatique et antisémite, car il n’y a plus à faire le distinguo entre la critique du gouvernement israélien et la haine des juifs, on aurait pu espérer une très forte mobilisation allant au-delà des 5 à 10 000 personnes présentes à cette manifestation.

Disons le tout de suite, bravo aux organisateurs. Encourageons-les à poursuivre leurs efforts.
Mais au-delà de cet évènement dont les médias n’ont pas voulu tenir compte, posons-nous les vraies questions :
Où étaient les 300 000 juifs d’Île-de-France ?
Où sont nos relais politiques ?
Qu’entendons-nous faire pour influer plus fortement sur les leviers politiques et médiatiques.
Les problèmes de gouvernance se posent à la fois en Israël et en France.
En Israël
Oui, nous sommes des soutiens inconditionnels de l’État d’Israel. Mais comment soutenir jeudi le blocus (qui était loin d’être total), et vendredi son allègement?
Que dire à Noam SHALIT, à qui, on avait fait croire que ce blocus lui rendrait son fils ?
Comment soutenir dimanche le droit de la Municipalité de Jérusalem de construire le Gan Hamelehk (le jardin du Roi), et lundi, entendre que le gouvernement d’Israël doit mieux encadrer les décisions prisent par cette municipalité qui ne font qu’embarrasser sa diplomatie.
Dans une période si critique, où les ennemis d’Israel sont prêts à sauter sur le premier faux pas, il faut plus de cohérence. Cette cohérence passe par des organes de décisions capables d’intégrer tous les paramètres : militaires, juridiques, diplomatiques, médiatiques cadrant avec des objectifs et une stratégie.
Ce qui vaut pour Israel vaut aussi pour la gouvernance de la Communauté.

En France
L’élection de Monsieur Richard Prasquier à la tête du CRIF avec 106 voix contre 61 à Meyer Habib, a été une élection par défaut.
Malgré les talents de son jeune challengeur, il a paru à l’électorat trop «jeune», manquant d’assurance, notamment dans son intervention lors de l’assemblée, avec en plus, une image droitière et quoiqu’en s’en défende un peu trop séfarade. Malgré ses handicapes le score de Meyer Habib est loin d’être une contre performance.
Dans ces conditions il faut peut être dire à Richard Prasquier qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Et que ce résultat aurait été tout autre, face à un candidat qui se serait pris plus tôt dans une campagne plus novatrice. Se pose dans ces conditions la pertinence du choix fait le 13 juin au CRIF où l’élection du Président a été un non-évènement. Néanmoins il faut le soutenir dans sa tâche, qu’il assume avec un certain brio dans ses interventions, comme lors de la manifestation. Reste que le travail de fond et la mise en place d’une synergie avec les CCJ (Conseils des Communautés Juives) sont plus que jamais une impérieuse nécessité.
Nous ne parlerons pas du Consistoire où seuls 4 900 électeurs sur 28 000 adhérents ont voté pour un changement qui n’a vécu que ce que vivent les roses, l’espace d’un matin.

Avec un staff de 5 à 6 personnes au CRIF, et un Consistoire qui a du mal à assurer ses missions (cachroute, talmud torah, formation de rabbins conversions etc. etc) on s’aperçoit très vite que la communauté n’est pas structurée pour affronter les défis qui sont les nôtres.
Là où on devrait avoir des relais auprès des hommes politiques, des médias, des intellectuels, et des faiseurs d’opinion, il n’y a que des moyens ridicules.
Nos institutions ne sont pas structurées pour faire travail de lobbying. De plus nos dirigeants ne savent pas et ne veulent pas déléguer. Ils préfèrent être «les hommes providentiels» qui gèrent tout – et rien au final-, ayant trop peur de perdre de leurs pseudo pouvoirs.

Mais que cela ne nous dédouane pas de nos responsabilités individuelles.
Certes la base communautaire ne peut pas se faire entendre. Au CRIF seuls votent des « grands » électeurs, et au Consistoire de Paris après des campagnes biaisées, 3 ou 4 grandes communautés font la plus pluie et la pluie.
Mais peut-être en nous impliquant plus dans la gestion communautaire, nous pouvons faire bouger les choses.
Certes la plupart des médias communautaires – qui vivent des ressources publicitaires provenant des institutions- ne sont pas enclins à les critiquer.
Mais les nouveaux médias (dont le nôtre) peuvent changer les choses.
Pour revenir à la manifestation d’hier, il n’y a pas lieu de s’étonner que seuls une petite poignée d’hommes politiques (toujours les mêmes, sans vouloir les froisser), et nos intellectuels brillants, mais malheureusement seuls, se retrouvent sur une estrade à dire des mots qui nous réconfortent.
Mais nous voyons bien qu’aucun grand parti politique n’était représenté en tant que tel, et qu’aucun intellectuel non juif n’était présent, à cette manifestation très peu relayée par les médias.

La communauté première intéressée, n’a pas su montrer sa détermination face à l’antisémitisme ambiant.
Certes ce n’est pas la demi-phrase d’un président de Communauté peu motivé, qui poussera les fidèles à participer à ce qui aurait dû être un grand cri de rejet face à cet antisémitisme qui se caractérise par une politique de deux poids et deux mesures.
D’un coté il faut sauver les Gazaouites d’une pseudo famine, (alors qu’ils sont les réfugiés les plus aidés au monde, avec une aide qui atteint 2 milliards de dollars par an), de l’autre on laisse un jeune juif otage d’une bande de terroristes à qui certains font les yeux doux. Cet otage a le tort d’être juif, même s’il est français accessoirement.
Notre indifférence face à notre gouvernance et face aux enjeux qui sont les nôtres, nous mènera à payer plus cher qu’on le croit, une addition qui devient de plus en plus salée.
Beaucoup avaient de bonnes raisons de ne pas être présents hier, espérons qu’ils prendront vite conscience des vraies urgences. Celles de savoir être debout quand il le faut.
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