Peu après 07h45 heure locale hier matin, Serge Lazarevic a retrouvé le sol français après plus de trois ans de captivité au Sahel aux mains d’el-Qaëda.
« La vie est belle c’est bon de retrouver la liberté », a-t-il lancé à son arrivée à la base aérienne de Villacoublay, au sud de Paris, où il a été accueilli par le président François Hollande qui s’est félicité qu’il n’y ait plus « d’otage français » dans le monde.
Aucune information officielle n’a été donnée sur les conditions de cette libération. « Il y a à la fois des négociations, des relais diplomatiques » et « la discrétion », s’est borné à dire mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
« Cette libération a été un processus de longue durée, mené dans des conditions difficiles avec l’aide, notamment, de tribus locales, des Touaregs », estime Alain Marsaud, député UMP des Français de l’étranger et ancien juge antiterroriste français, interrogé par L’Orient-Le Jour. Officiellement, la France ne verse pas de rançon mais elle n’exclut pas, à l’instar d’autres pays européens, des remises d’argent par des tiers.
« Il ne faut pas être naïf. Sur les 20 dernières années, la France a obtenu des résultats en matière de libération d’otages. Certains ont été assassinés, mais la plupart ont été libérés. Une libération, on la décroche en payant une rançon ou en obtenant des pays concernés ou des pays voisins des libérations de prisonniers », estime M. Marsaud. Dans le cas de Serge Lazarevic, « la France a payé et échangé », assure-t-il. « Bien sûr, les responsables de l’État français ne peuvent pas dire ce que je dis, mais j’estime que nos compatriotes ont le droit de savoir ce que l’on fait. Par ailleurs, ça n’a pas l’air de choquer l’opinion publique », poursuit le député dont la circonscription englobe le Liban.
Serge Lazarevic a été libéré en échange de plusieurs jihadistes emprisonnés au Mali, y compris l’organisateur de son enlèvement, ont déclaré mercredi une source de sécurité malienne et des ONG. Le responsable de la sécurité a précisé à l’AFP qu’un « bras droit » d’Iyad Ag Ghali, chef touareg malien du groupe jihadiste Ansar Dine qui a récemment appelé à « combattre la France », avait été au centre des tractations qui ont abouti à la libération de l’otage dans le nord du Mali avant sa remise au Niger mardi. Un collectif d’organisations de défense des droits de l’homme a critiqué, dans un communiqué, le fait que « les autorités maliennes viennent de libérer Mohamed Aly Ag Wadoussène, Haïba Ag Acherif, présumés terroristes, ainsi que Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud, auteurs présumés de graves violations de droits humains au Mali, en échange de l’otage français ».
En matière de gestion des dossiers de prises d’otages, les États ont des stratégies différentes. Lundi, les États-Unis ont réaffirmé leur détermination à ne jamais verser de rançons pour faire libérer leurs otages, après l’opération armée ratée deux jours plus tôt au Yémen qui s’est soldée par la mort d’un Américain et d’un Sud-Africain détenus par el-Qaëda. Les États-Unis ne « payent pas », avait martelé Barak Obama en septembre dernier au détour d’un long entretien accordé au New York Times. Dans la foulée, il avait reproché à Paris de le faire, déclarant que « les Français payent des rançons aux terroristes ».
« Les Américains ont plutôt recours à des opérations en force qui finissent plus ou moins bien. En France, nous avons un système mixte, à base de paiement de rançon et de pression sur des pays tiers pour des libérations. Parfois, Paris a recours à des opérations en force, comme en Somalie (en janvier 2013, une opération commando pour sauver Denis Allex, un agent de la DGSE aux mains des shebab depuis 2009, avait échoué, NDLR) », note-t-il.
Une méthode est-elle meilleure que l’autre ? « Il faut être pragmatique. Et en la matière, je ne ferai pas de leçon », assure le député
[L’Orient le JourArticle original
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Monsieur Hollande, la France n’a pas à négocié et payé pour la libération de ses otages !!!
Car c’est un encouragement à prendre d’autres Français comme otages dans le monde…
Monsieur Hollande, vous êtes prié d’arrêter la démagogie, même si ça fait remonter votre côte de popularité.
Les Français attendent de vous seulement une bonne gouvernance de la France…
et un peu d’honnêteté et d’intégrité intellectuel de votre part ! Merci.