Netanyahou a-t-il choisi le mauvais cheval ?
L’accord sur l’Iran attendu à Genève cette semaine illustre une victoire diplomatique pour Téhéran et un revers politique pour les États-Unis sous Trump ainsi que pour Israël, dirigé par Benjamin Netanyahou. Ce texte, bien qu’il ne règle pas les tensions de fond, confère à l’Iran des gains immédiats tout en lui offrant la possibilité de prolonger les négociations, ce qui pourrait lui permettre de temporiser et de renforcer sa position stratégique.
La gestion de la guerre par l’administration Trump apparaît erratique, marquée par une impatience croissante face à un conflit qu’elle ne contrôle plus pleinement. Cette posture a paradoxalement encouragé l’Iran à accentuer sa pression, tirant parti des divisions et des hésitations américaines. Trump, qui s’était présenté comme un négociateur hors pair, se retrouve désormais dans une position délicate, contraint de vendre un compromis qu’il ne maîtrise pas totalement à une opinion publique sceptique. Il mise notamment sur la baisse espérée des prix de l’essence pour justifier cet accord, tout en amplifiant les concessions supposées des Iraniens.
Pour Israël, la situation est particulièrement préoccupante. L’accord fragilise la liberté d’action israélienne, notamment dans sa lutte contre le Hezbollah au Liban, et donne à l’Iran un levier stratégique inédit avec le contrôle accru du détroit d’Ormuz. Cette évolution réduit la marge de manœuvre de Tel-Aviv, qui se retrouve isolé diplomatiquement, y compris auprès de certains alliés traditionnels aux États-Unis. La focalisation de Netanyahou sur la menace iranienne, qui avait déjà conduit à des tensions avec le Parti démocrate américain, semble aujourd’hui se retourner contre lui, fragilisant sa position politique à l’approche des élections israéliennes.
Le contexte régional s’en trouve également modifié. Alors que le JCPOA de 2015, malgré ses imperfections, avait instauré un cadre de contrôle sur le programme nucléaire iranien, la nouvelle donne pourrait être moins favorable. L’Iran, plus extrémiste et moins prudent sur le plan militaire, bénéficie désormais d’une forme d’immunité pour ses groupes armés proxies et d’un contrôle stratégique renforcé sur un point névralgique mondial. Ce changement accroît les risques pour la sécurité israélienne et complique les efforts diplomatiques pour contenir l’influence iranienne.
En conclusion, l’accord de Genève représente un échec politique pour Netanyahou et un isolement accru pour Israël, sur fond de montée en puissance iranienne. Si cet accord se concrétise, il pourrait marquer un recul significatif dans la lutte contre l’expansion iranienne au Moyen-Orient, tout en fragilisant durablement la position d’Israël sur la scène internationale et à Washington. Ce contexte appelle à une vigilance accrue face aux évolutions géopolitiques dans une région déjà marquée par de fortes tensions.
Jforum.fr
![]() |
![]() |





































