Trump organise un festival de prière
Le président américain Donald Trump a programmé un festival de prière d’une durée de neuf heures ce dimanche au National Mall à Washington, visant à célébrer les valeurs chrétiennes du pays et à initier un « mouvement de renouveau ». Cet événement, baptisé National Jubilee of Prayer, Praise and Thanksgiving, réunit principalement des leaders protestants évangéliques et des membres hauts placés de l’administration Trump. Il s’inscrit dans le cadre des commémorations du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, mais sa dimension religieuse et son implication gouvernementale sont jugées sans précédent par des experts en histoire et en religion.
Ce rassemblement massif, considéré comme unique dans l’histoire religieuse américaine, soulève des interrogations sur la séparation entre État et religion. Amanda Tyler, directrice exécutive d’un groupe baptiste promouvant la liberté religieuse, dénonce une tentative de présenter les États-Unis comme une « nation chrétienne », une vision qu’elle qualifie de fausse. Le président Trump a en effet exprimé son intention de « rendre l’Amérique chrétienne à nouveau », ce qui marque une différence notable entre reconnaître la présence de nombreux chrétiens dans le pays et définir l’identité nationale par la religion chrétienne, comme le souligne un historien de Princeton. Le festival est décrit par une conseillère religieuse de la Maison Blanche comme une redédicace du pays à Dieu.
Malgré l’ampleur de l’événement, certains experts insistent sur le caractère volontaire de la participation, précisant qu’il n’y a aucune coercition. Le rabbin Ari Berman estime que célébrer la foi dans le cadre des festivités nationales est acceptable, même si le gouvernement ne devrait pas favoriser une religion spécifique. En revanche, d’autres observateurs, notamment une historienne juive américaine, perçoivent dans certaines initiatives du président, comme son appel aux Juifs américains à observer le Shabbat, une tentative de masquer une montée de l’antisémitisme au sein du parti républicain. Par ailleurs, une large majorité de la population américaine se montre sceptique face à la dimension religieuse de la communication présidentielle, notamment après la diffusion d’un message sur les réseaux sociaux où Trump est comparé à Jésus.
L’événement soulève donc un débat profond sur l’identité religieuse des États-Unis, pays historiquement pluraliste et conçu pour accueillir diverses confessions. Alors que certains y voient un encouragement à la foi, d’autres y perçoivent une instrumentalisation politique de la religion. Ce festival de prière, sans précédent par son ampleur et son lien avec le gouvernement, pourrait marquer une étape significative dans la manière dont la religion est intégrée dans la sphère publique américaine, avec des implications potentielles pour la cohésion sociale et la neutralité de l’État.
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