Netanyahou tente de sauver la coalition
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a récemment présenté une initiative destinée à éviter la chute imminente de son gouvernement, fragilisé par le différend autour de la loi d’exemption du service militaire pour les Haredim, la communauté juive ultra-orthodoxe. Cette loi, adoptée lors de la 24e Knesset sous le gouvernement de changement, est sur le point d’expirer sans qu’une alternative n’ait été mise en place, ce qui menace de provoquer une crise politique majeure.
Pour gagner du temps et retarder la tenue des prochaines élections, Netanyahou propose aux partis Haredim de réintroduire la loi en première lecture. Cette démarche, qualifiée de « continuité législative », permettrait de maintenir temporairement l’exemption du service militaire pour cette communauté, tout en assurant que le texte puisse être examiné et éventuellement modifié dans la prochaine Knesset. Ce geste est perçu comme un « appât » politique visant à convaincre les partis religieux ultra-orthodoxes de rester dans la coalition gouvernementale, alors qu’ils préfèrent des élections anticipées en septembre, contrairement à la proposition de Netanyahou qui vise à repousser le scrutin en octobre.
Cette proposition intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein de la coalition israélienne, où la question du service militaire des Haredim est un sujet récurrent et sensible. La loi actuelle permet à une partie des jeunes hommes ultra-orthodoxes de bénéficier d’une exemption, ce qui suscite des critiques de la part de certains segments de la société israélienne qui estiment que cette inégalité nuit à la cohésion nationale. En même temps, les partis Haredim défendent fermement cette exemption, la considérant comme un élément essentiel de leur mode de vie et de leur identité.
Le choix de Netanyahou de réintroduire la loi en première lecture est une tentative stratégique pour éviter une crise gouvernementale immédiate, mais il reste incertain si cette manœuvre suffira à apaiser les tensions. Les partis Haredim, en insistant sur des élections en septembre, montrent leur volonté de ne pas prolonger indéfiniment cette situation d’incertitude. Le report des élections à octobre pourrait permettre à Netanyahou de consolider sa position, mais il risque aussi d’aggraver les divisions internes et de provoquer une instabilité politique prolongée.
La proposition de Netanyahou de relancer la loi d’exemption du service militaire pour les Haredim en première lecture constitue une tentative de compromis visant à préserver temporairement la coalition gouvernementale. Toutefois, cette initiative illustre les profondes divisions qui traversent la politique israélienne sur cette question et souligne les défis majeurs auxquels le gouvernement fait face pour maintenir son unité et éviter des élections anticipées. La suite des événements dépendra largement des négociations entre les partis et de leur capacité à trouver un terrain d’entente sur ce dossier sensible.
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