Fidias Panayiotou, député européen chypriote et influenceur.

Un député accuse Israël d’acheter l’île de Chypre

Fidias Panayiotou, 26 ans, flamboyant eurodéputé chypriote et influenceur autoproclamé, a récemment mis le feu aux poudres en accusant Israël d’être en train de « racheter » l’île de Chypre à coup de projets immobiliers agressifs. De quoi donner des sueurs froides à certains, mais aussi aiguiser les claviers. Panayiotou, qui a remporté son siège aux européennes en 2024 en tant qu’indépendant avant de fonder le parti Direct Democracy en 2026, n’a pas fait dans la dentelle. Selon lui, les investissements israéliens dans l’immobilier sur l’île seraient une forme de colonisation économique. Une théorie qui a déclenché une réponse cinglante d’Oren Anolik, ambassadeur israélien à Chypre.

Dans un tweet à la saveur diplomatique bien piquante, Anolik qualifie les propos de Panayiotou de « profondément préoccupants ». L’ambassadeur y voit une tentative maladroite d’évoquer des stéréotypes éculés sur la « puissance économique étrangère », ce qui, selon lui, ouvre la porte à un discours dangereux. Il accuse même le jeune député de nourrir, sans fondement, un fond d’antisémitisme — un rappel sévère que la politique, même locale, n’a pas vocation à replonger dans les préjugés d’un autre âge. Pour Anolik, la relation entre Israël et Chypre repose sur des bases autrement plus solides : des valeurs communes, un respect mutuel et une amitié durable. Il invite par ailleurs les autorités chypriotes à condamner ces déclarations, histoire de calmer le jeu diplomatique.

La réaction ne s’est pas limitée à Jérusalem. À Nicosie, Nikolas Papadopoulos, chef du parti démocrate chypriote, a lui aussi pris le clavier pour dénoncer les propos de Panayiotou, qu’il juge « nuisibles à la patrie ». Il a rappelé l’importance des liens entre Chypre, Israël et les autres pays méditerranéens, des relations qu’il considère comme stratégiques et précieuses, à préserver coûte que coûte. Une piqûre de rappel, donc, que l’économie et la géopolitique méditerranéennes ne se résument pas à des clichés sur les « achats massifs » d’un pays tiers.

Cette controverse illustre bien la fragilité d’un équilibre diplomatique dans une région où chaque mot peut faire tanguer les alliances. Entre accusations d’achats immobiliers et rappels à l’ordre contre les stéréotypes antisémites, le débat dépasse largement la simple question foncière. Il met en lumière le défi de maintenir une coopération sereine entre Israël et Chypre, dans un contexte où les enjeux économiques et stratégiques sont indissociables. Reste à voir si Fidias Panayiotou saura modérer ses ardeurs ou si ses propos continueront de faire des vagues dans la mare chypriote.

En somme, l’affaire rappelle que l’immobilier n’est pas qu’une question de béton et de terrain, mais aussi un terrain glissant pour les relations internationales. Et que, parfois, il vaut mieux éviter d’étaler ses griefs sur Twitter sans vérifier que le terrain est stable. Israël, de son côté, s’arme de patience et de diplomatie, prêt à défendre son image face à ce qui ressemble à un malentendu aux relents de vieille rhétorique. Pour le moment, l’histoire ne dit pas si Panayiotou prévoit une contre-attaque ou un mea culpa. Mais une chose est sûre : à Chypre, on ne plaisante pas avec les voisins, même quand il s’agit de vendre quelques mètres carrés.

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