Une nourrice jugée à Nanterre pour l’intoxication d’une famille juive

À Nanterre, une nourrice algérienne de 42 ans comparaît pour des faits qui inquiètent bien au-delà de la seule sphère judiciaire. Embauchée début 2024 par une famille juive d’Île-de-France pour s’occuper de leurs trois enfants de deux, cinq et sept ans, elle est accusée d’avoir versé des produits ménagers toxiques dans leurs boissons et leurs aliments. La justice lui reproche une « administration de substance nuisible » aggravée par le caractère antisémite de l’acte, après une enquête qui a mis au jour une combinaison explosive de ressentiment financier, de haine antijuive déclarée et de grande vulnérabilité de la victime.

Les premiers signaux d’alerte remontent à la fin janvier. La mère de famille remarque un goût de produit ménager dans une bouteille de vin, puis des brûlures anormales au visage après l’utilisation de son démaquillant. Peu après, elle découvre une mousse suspecte dans une bouteille de jus de raisin, une odeur de javel dans d’autres bouteilles d’alcool, et même un plat de pâtes au parfum de whisky. La nourrice, seule autre personne ayant accès au domicile, devient vite la principale suspecte. La famille saisit alors la police, qui procède à des prélèvements sur plusieurs boissons et aliments.

Les analyses toxicologiques révèlent la présence de polyéthylène glycol (PEG) et d’autres agents chimiques issus de produits ménagers, nocifs voire corrosifs pour le tube digestif. Selon l’ordonnance de renvoi, ces substances pouvaient causer des lésions internes graves, même si le risque mortel n’a pas été établi, ce qui a conduit à requalifier les poursuites initiales de « tentative d’empoisonnement » en « administration d’une substance nuisible ». Le témoignage de la fillette de cinq ans, affirmant avoir vu la nounou transvaser un produit savonneux dans une bouteille d’alcool, a constitué un tournant décisif pour les enquêteurs.

Placée en garde à vue en février 2024, la nourrice commence par nier avant de reconnaître les faits. Elle admet avoir délibérément contaminé plusieurs bouteilles et aliments de la famille, expliquant qu’elle voulait leur « donner une leçon » après un différend salarial. Selon ses déclarations, elle savait que ces produits pouvaient « leur faire mal », tout en affirmant ne pas avoir voulu les tuer. Surtout, elle tient des propos explicitement antisémites, regrettant d’avoir travaillé « pour des Juifs » qui, selon elle, auraient « de l’argent et du pouvoir » et ne lui donneraient « même pas un euro de plus ». Un agent de sécurité de l’école juive fréquentée par les enfants affirme par ailleurs qu’elle s’était déjà plainte de cette famille en des termes similaires.

L’enquête a également mis en lumière la situation administrative de l’accusée : Algérienne, elle faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et aurait présenté de faux papiers pour se faire embaucher. Les investigations sur ses réseaux sociaux ont révélé des contenus liés au conflit israélo-palestinien, alimentant la thèse d’un passage à l’acte où des frustrations personnelles se mêlent à un discours de haine plus global. Une expertise psychiatrique a conclu qu’elle ne souffrait d’aucun trouble altérant son discernement au moment des faits, ce qui renforce la responsabilité pénale qui pourrait lui être imputée.

Le procès qui s’ouvre à Nanterre prend une dimension symbolique forte. L’infraction retenue – « administration d’une substance nuisible commise en raison de la race, de l’origine ethnique, de la nationalité ou de la religion » – inscrit clairement ce dossier dans le cadre de la lutte contre les actes à caractère antisémite. Dans un contexte où la France a enregistré, deux années de suite, un nombre historiquement élevé d’actes antijuifs, cette affaire illustre la façon dont des préjugés, autrefois confinés au langage, peuvent déboucher sur des atteintes physiques contre des familles ordinaires, dans l’intimité de leur foyer. La famille espère que la justice apportera non seulement une sanction à la hauteur des faits, mais aussi un signal clair : dans un État de droit, la haine, quelle qu’en soit la forme, ne doit jamais être banalisée.

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5 Commentaires
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Nicole

L’esprit criminel de cette civilisation apparaît progressivement au grand jour et pourtant la République les garde. Ce pays se déstructure législativement et culturellement.

ludwig

je sais que c’est triste mais pourquoi engager des gens comme ça?

Nicole

Wokisme, wokisme…

Damran

Il faudra mener une enquête sérieuse dans les hôpitaux, là où il existe une forme d’antisémitisme plus sournois et encore plus dangereux.
Il ne reste que très peu de domaines non investis par les nazislamistes….

Trublion

Elle sera punie de rien du tout ou presque rien.