Abramovich et Zaka Poursuivent la Banque Mizrahi pour le Blocage d’un Don en Temps de Guerre
Mercredi, le milliardaire russe-israélien Roman Abramovich et l’ONG israélienne Zaka ont intenté une action en justice contre la banque Mizrahi, alléguant que cette dernière avait illégalement refusé de transférer un don crucial de 8 millions de shekels à Zaka. Les fonds étaient destinés à soutenir les activités de l’ONG dans le contexte de la guerre actuelle et à se préparer aux futurs conflits et catastrophes dans la région du Nord. Cette action en justice vise à obtenir la libération immédiate des fonds bloqués.
Le litige repose sur le refus de la banque Mizrahi d’autoriser le transfert, invoquant les sanctions imposées à Abramovich par l’Union européenne et le gouvernement britannique. Selon la banque, ces sanctions ont conduit au gel du compte d’Abramovich, l’empêchant d’effectuer des transactions financières.
Les sanctions contre Abramovich remontent à février 2022, en réponse à la directive de Vladimir Poutine de déployer des troupes en Ukraine. Malgré les contestations légales d’Abramovich, les sanctions ont été confirmées par le tribunal européen de Bruxelles. Les sanctions ont gelé d’importants avoirs russes, dont ceux d’Abramovich, en raison de son rôle de contributeur majeur aux revenus du gouvernement russe via l’entreprise sidérurgique russe Evraz.
Le procès, initié par les avocats Shmulik Cassouto et Bella Peled, souligne que la décision de la banque Mizrahi manque de fondement juridique et est fondamentalement erronée. Abramovich, citoyen israélien, avait ouvert le compte depuis des années, et les fonds en question avaient été déposés pendant cette période. Notons que les gouvernements israélien et américain n’ont pas imposé de sanctions à Abramovich liées au conflit en Ukraine.
Au-delà de ce différend juridique, cette affaire met en évidence l’importance de Zaka en tant qu’ONG de secours et de rétablissement en Israël. Depuis le début du conflit en cours, les volontaires de Zaka ont joué un rôle vital dans la localisation et la récupération des victimes. Cependant, faute de financements suffisants, l’organisation est confrontée à des défis pour mettre en œuvre un programme de santé mentale pour ses bénévoles, exposés à des événements traumatisants.
Le procès cite des avis d’experts sur les sanctions et évoque des précédents dans la jurisprudence israélienne. Les avocats expriment leur surprise face à la décision de la banque Mizrahi, soulignant l’ironie qu’une banque fondée pour soutenir l’établissement et le renforcement de l’État d’Israël bloque un don vital à une période aussi critique. Ils soulignent également le contraste entre le slogan publicitaire de la banque, « Une banque du peuple, pour le peuple », et son refus de permettre un don essentiel destiné à aider la population israélienne.
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