Guterres n’est pas un naïf. C’est un professionnel de la lâcheté institutionnelle
António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a parlé. Et comme souvent, il a choisi le mensonge par omission le plus confortable. « Je n’ai jamais vu autant de morts et de destructions qu’à Gaza au cours de toutes mes années en tant que secrétaire général. » Voilà la phrase. Solennelle. Indignée. Parfaite pour les caméras et les communiqués.
Elle est aussi fausse que révélatrice.
Même les décomptes les plus hostiles à Israël parlent d’environ 70 000 morts à Gaza. Une part substantielle étaient des combattants du Hamas, organisation qui a déclenché la guerre par un pogrom, qui se terre parmi les civils, qui vole l’aide, qui exécute les dissidents et qui a fait de la mort un spectacle. Gaza n’est pas un théâtre de massacres gratuits. C’est le champ de bataille d’une guerre que le Hamas a voulue, préparée et poursuivie. Guterres feint de l’ignorer.
Pendant ce temps, sous son mandat, le monde n’a pas manqué de cadavres.
Plus de 600 000 morts en Éthiopie, au Nigeria et au Soudan — massacres, famines, milices, nettoyage ethnique. Des centaines de milliers au Yémen : 377 000 selon les propres rapports de l’ONU, dont une majorité de morts indirectes par la faim et la maladie. Au Soudan, 150 000 tués et 12 millions de déplacés. En Ukraine, des centaines de milliers d’hommes enterrés. En Syrie, la saignée a continué. Au Tigré, on a parlé de centaines de milliers. Ces chiffres ne sont pas des rumeurs de Telegram. Ils figurent dans les documents de l’organisation que Guterres dirige.
Il ne les a pas vus ? Ils sont morts sous ses yeux. Il a simplement détourné le regard.
Pourquoi ? Parce qu’on ne pouvait pas en tenir les Juifs pour responsables.
Voilà le cœur de l’affaire. L’ONU de Guterres n’a pas un problème de chiffres. Elle a un problème de bouc émissaire. Quand les morts sont africains, yéménites, soudanais ou ukrainiens, l’indignation reste administrative, les résolutions restent diluées, les séances spéciales restent rares. Quand Israël riposte à un massacre, tout l’appareil se met en marche : sessions d’urgence, rapporteurs, communiqués quotidien, procès médiatique. La destruction à Gaza est filmée, commentée, sacralisée. Les fosses communes du Darfour, les enfants affamés du Yémen, les villages brûlés du Tigré passent au second plan. Ils n’offrent pas le même dividende politique.
Guterres n’est pas un naïf. C’est un professionnel de la lâcheté institutionnelle. Il sait que condamner le Hamas avec la même vigueur qu’il réserve à Israël lui coûterait des alliés, des votes et le confort de sa tribune. Il sait que l’Assemblée générale est devenue une chambre d’écho où l’on vote contre l’État juif comme on vote une motion de routine. Il sait que « Gaza » est le mot magique qui permet de parler de « génocide » tout en restant poli avec les dictatures qui financent le terrorisme.
Le résultat est une morale à géométrie variable. Une organisation censée défendre l’égalité des vies humaines a décidé que certaines vies valent plus que d’autres — à condition qu’elles servent à accuser Israël. Les morts du Hamas deviennent des « civils ». Les otages israéliens deviennent une parenthèse. Les tunnels sous les hôpitaux deviennent un détail. La charte du Hamas, qui appelle à l’extermination des Juifs, disparaît derrière le mot « contexte ».
C’est cela, l’hypocrisie. Pas une erreur de communication. Une doctrine. Guterres n’a jamais vu autant de morts à Gaza parce qu’il a choisi de ne regarder que là où le regard est récompensé. Le reste du monde peut crever en silence. Tant que l’on peut pointer Jérusalem.
L’ONU n’a pas besoin d’un nouveau rapport. Elle a besoin d’un minimum de décence. Tant que son secrétaire général pratiquera l’aveuglement sélectif, chaque déclaration sur Gaza sonnera comme ce qu’elle est : non pas un cri de conscience, mais un aveu.
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