Israël 2024 : les inégalités restent très marquées

En 2024, la famille israélienne moyenne disposait d’un revenu net mensuel de 22 555 shekels après impôts et cotisations obligatoires, soit une hausse réelle de 1,3 % par rapport à l’année précédente. Cette progression intervient malgré la guerre en cours, la mobilisation continue des réservistes et l’évacuation des habitants des zones frontalières. Ces données proviennent d’une étude récente du Bureau central des statistiques israélien, qui analyse les revenus et dépenses des ménages à travers le pays.

Le revenu brut moyen avant déductions s’élevait à 27 173 shekels, mais la médiane, indicateur plus représentatif, était nettement inférieure à 20 540 shekels, soulignant l’impact des hauts revenus sur la moyenne. Les salaires et revenus d’activité constituent 76,6 % des ressources des ménages, tandis que les prestations sociales représentent 14,8 %. Les dépenses mensuelles moyennes atteignent 18 695 shekels, en légère augmentation réelle de 0,3 %. Parmi ces dépenses, le logement absorbe un quart du budget, suivi des transports et communications (18,4 %) et de l’alimentation (17,9 %), totalisant plus de 61 % des dépenses totales.

Les inégalités restent cependant très marquées. Le décile inférieur, regroupant les 10 % les plus modestes, dispose d’un revenu net moyen de seulement 7 276 shekels, alors que leurs dépenses atteignent 11 902 shekels, soit un déficit moyen de 4 626 shekels. Cette situation suggère un recours accru aux économies, crédits ou aides familiales, notamment dans les communautés haredim et arabes, les plus pauvres du pays. À l’inverse, les 10 % les plus riches perçoivent un revenu net moyen de 49 496 shekels, presque sept fois plus élevé que celui des plus modestes, tandis que leurs dépenses sont moins du double, à 21 800 shekels. La taille des ménages et le nombre d’actifs varient également, avec 3,9 personnes et 0,8 actif en moyenne dans le décile inférieur, contre 2,7 personnes et 1,9 actif dans le décile supérieur.

Le marché du logement reflète ces disparités : 62,5 % des ménages vivent dans un logement en propriété, contre 32,7 % en location. Parmi les plus riches, près de 80 % sont propriétaires, alors que dans le décile inférieur, seulement 35,5 % possèdent leur logement, la majorité vivant en location. La valeur moyenne des appartements détenus par les ménages aisés atteint 4,27 millions de shekels, contre 1,54 million pour les plus modestes. Malgré ces écarts, le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité des revenus, a légèrement diminué, passant de 0,349 en 2023 à 0,333 en 2024, indiquant une légère réduction des inégalités.

Comparé aux pays de l’OCDE, l’Israélien consacre une part plus importante de son budget au logement (25 % contre 22,5 %) et à l’alimentation (17,9 % contre 15,6 %). Le taux de propriété est inférieur à la moyenne des pays riches (62,5 % contre 71 %). Sur le plan international, Israël se situe parmi les pays développés avec un niveau d’inégalités relativement élevé, avec un coefficient de Gini supérieur à celui de la France ou de l’Allemagne, mais inférieur à celui des États-Unis ou du Royaume-Uni.

En résumé, malgré un contexte de crise sécuritaire et sociale, le revenu moyen des familles israéliennes progresse légèrement en 2024, mais les inégalités économiques restent profondes, notamment en matière d’accès au logement et de niveau de vie. Cette situation souligne les défis persistants pour améliorer la cohésion sociale et la protection des ménages les plus vulnérables dans un pays confronté à des tensions majeures.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire