Les équipages féminins de chars de Tsahal seront envoyés dans une base séparée
Le Tsahal a décidé de former les femmes appelées à servir dans les troupes blindées sur une base distincte, éloignée des soldats masculins, une mesure annoncée récemment qui marque une étape importante dans l’intégration féminine au sein des unités combattantes. Cette décision intervient après une longue controverse avec les autorités religieuses, qui s’opposaient à la cohabitation hommes-femmes dans les chars.
Le projet concerne une première promotion de 50 jeunes femmes, issues d’un groupe initial de 100 volontaires, qui débuteront leur formation en novembre. Elles suivront les mêmes normes d’entraînement que leurs homologues masculins, mais ne seront pas intégrées dans les mêmes équipages de chars. Cette séparation a été ordonnée par le chef d’état-major, Eyal Zamir, en réponse à une lettre des responsables des écoles militaires religieuses (yeshivot) qui avaient interdit à leurs élèves de rejoindre les troupes blindées. Ces derniers invoquent des raisons de conformité à la Halakha, la loi religieuse juive, pour refuser la présence féminine dans ces unités.
Cette controverse remonte au printemps dernier, lorsque la Cour suprême israélienne a ordonné à l’armée de permettre aux femmes d’accéder à toutes les spécialités combattantes, incluant les chars, avec un délai fixé à novembre 2026 pour la mise en place d’un cursus de formation spécifique. En juin, 36 rabbins avaient signé une déclaration de boycott, refusant que leurs élèves servent dans les unités blindées, ce qui a mis Tsahal dans une position délicate entre obligation légale et respect des sensibilités religieuses.
Face à cette opposition, l’armée a assuré qu’aucun équipage mixte ne serait constitué, garantissant ainsi la séparation des sexes dans les opérations. Le chef d’état-major a souligné que cette intégration complexe se ferait toujours de manière à ce que les groupes puissent servir côte à côte, sans empiéter les uns sur les autres. Cependant, les responsables religieux restent méfiants, craignant que cette politique ne soit modifiée à l’avenir en cas de pénurie de soldats.
Les discussions entre les représentants religieux et l’armée se poursuivent en coulisses, notamment pour garantir que les étudiants respectant la Halakha ne soient pas contraints de servir directement avec des femmes. L’idée d’une compagnie féminine distincte au sein de la 460e brigade d’entraînement blindée avait déjà été évoquée en février, après une demande de 20 rabbins religieux sionistes adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour stopper ce qui était perçu comme une source de division au sein de la société et de l’armée.
Le choix de la base où se déroulera la formation féminine n’a pas encore été dévoilé, mais la décision de maintenir des standards d’entraînement identiques montre la volonté de Tsahal de ne pas diminuer les exigences opérationnelles. Cette initiative témoigne des efforts de l’armée israélienne pour concilier modernisation, égalité des sexes et respect des particularismes religieux, dans un contexte où la sécurité nationale reste une priorité absolue.
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