YiTRo: fête traditionnelle des garçons (vidéo)

Caroline Elishéva REBOUH

 

 

Nos frères tunisiens et constantinois, depuis de très nombreuses générations ont la coutume de célébrer le jeudi soir (le 13 février 2020) précédant la lecture de la parashat Yitro une fête très particulière où tout est ramené à des dimensions miniatures.

Au long des siècles, les épidémies surtout de peste ou de choléra ont décimé les populations et les chroniqueurs de ces époques lointaines ont fait mention des pertes humaines dans chaque ville et à chaque époque.

La contamination se faisait rapidement les conditions d’hygiène n’étant point respectées ; les guérisseurs ou praticiens de ces époques utilisaient souvent « les simples » ou plantes médicinales.

En 1348, en Tunisie, il y eut une très grave épidémie de peste. Cette épidémie venait apparemment d’Italie et les victimes furent très nombreuses.

Il suffit de rappeler que le roi Louis IX mourut en Tunisie d’une autre épidémie de peste.

Au XVIIème siècle, vers 1675 une épidémie commença à Malte et elle parvint en Tunisie y faisant des ravages énormes.

Il faut préciser qu’en général, les épidémies ne faisaient que peu de victimes parmi les Juifs à cause des mesures d’hygiène inculquées dans le judaïsme pourtant, à cette époque, la peste s’attaqua à tous en Tunisie, récoltant des milliers de victimes même dans la communauté juive.

Les mères juives éplorées implorèrent les Cieux d’être plus cléments et : ô miracle, la mort abandonna sa faux pour laisser vivre les petits enfants qui ne furent plus les victimes désignées.

Cela se passa le jeudi d’avant la lecture de parashat Yithro. Afin de remercier le Créateur, les mères juives instaurèrent la coutume de procéder à une fête pour célébrer le sauvetage des enfants-mâles.

 

 

Cette « shioudat ytrou » (avec l’accent) comportait en son menu des pigeons rôtis (plus petits que des poulets) avec des petits pois, des petites pâtes (nikitouches) ou du couscous, des gâteaux au miel et des friandises de toutes sortes en taille miniature, le tout servi sur une « petite table » et dans des ustensiles (en verre coloré en général) miniature comme de la vaisselle de poupée et des chandeliers miniatures en verre dans lesquels on allumait des bougies fines colorées.

Aujourd’hui , les pâtissiers confectionnent des pièces montées et des mignardises pour cette célébration.

Petit renseignement sympathique: Au Japon, c’est au début du mois de mars que sont fêtées les filles (à l’apparition des fleurs de cerisier) mais, c’est le 5 mai de chaque année que sont fêtés les garçons il s’agit du Koïno bori.

Les familles suspendent des carpes en papier ou en soie. Les carpes symbolisent la force la vigueur et……..contre le mauvais œil !!!!

 

 

Cours  dédié à la Mémoire de LUCIEN ISRAËL BAR MIRIAM CACOUB Z’l  23 Chevat 5775

 

Caroline Elishéva REBOUH

 

HAFTARA DE YTRO AVEC MICKAEL LAUSTRIAT ET RONY AKRICH

Dans la Parashat de Yitro, nous lisons à propos du don de la Torah par Dieu, les Hébreux furent émerveillés et pris de crainte et tremblement en voyant la présence divine

Le choix de cette Haftarah, dans le livre d’Isaïe, est une sorte de mise en parallèle avec la révélation au Sinaï.

Nous assistons à un autre récit de révélation divine étonnante: la première vision d’Isaïe durant laquelle il fut ordonné comme prophète pour Israël.

Le prophète rapporte l’image, Dieu est assis sur un trône, entouré d’anges, créatures à six ailes.

Ces dernières, appelées Séraphins, se hèlent: «Saint, saint, saint! Le Seigneur des Armées! Sa présence remplit toute la terre! » (Isaïe 6: 3). Ce verset sera intégré à la liturgie de la synagogue dans la prière des 18 bénédictions (amida) et porte le nom de « Kedousha ».

Alors que les Séraphins invoquent, les poutres de la porte tremblent et la maison de Dieu se remplit de fumée.

Isaïe est totalement surpris et humilié: «Malheur à moi; Je suis perdu! Car je suis un homme aux lèvres impures et je vis au milieu d’un peuple aux lèvres impures; pourtant mes yeux ont vu le roi seigneur des armées » (6: 5).

Malgré les hésitations et les doutes d’Isaïe, son initiation se poursuit.

Un séraphin prend un charbon ardent et brûle ses lèvres, déclarant qu’avec ce geste le péché d’Isaïe serait pardonné.

Alors Isaïe est interpellé directement par Dieu qui lui demande: «Qui dois-je envoyer? Qui ira pour nous? ”Isaïe se propose:“ Je suis là; envoie-moi » (6: 8).

Isaïe apprend qu’il est envoyé en mission pour informer le peuple d’Israël de leur destruction imminente.

En fait, leur destin est si précis qu’il lui est demandé étourdir leurs esprits, de boucher leurs oreilles et de sceller leurs yeux – de peur qu’ils ne comprennent, n’entendent ou ne voient, puis qu’ils ne se repentent point (6:10).

La destruction sera complète, fait-on savoir à Isaïe. Les villes et les maisons seront vidées de leurs habitants et la terre sera complètement déserte (6:11). Mais tout espoir ne doit pas être perdu.

Comme les térébinthes et les chênes, dont les souches vivent même après avoir été abattues, un dixième de la population restera une “graine sacrée” (6:13).

Cette illusion, bien que sujette à interprétation, semble indiquer que tout le peuple sera ravagé, mais un dixième survivra et régénérerait Israël.

Les Ashkénazes concluent cette haftarah par un autre message plein d’espoir: la représentation d’un roi qui gouvernera Israël de manière juste et en paix.

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