Vayera 5782: L’identité juive (vidéo)

Vayéra. A la fois vision et crainte. A la fois espoir et son absence. A la fois, volonté de vivre et d’améliorer, d’obéir mais aussi à la fois abnégation, don de soi.
Voici qu’Abraham a opéré le commandement d’HaShem sur lui-même. Il craint que cette circoncision ne l’empêche de s’approcher des autres personnes membres des autres nations, alors que cette « marque » ne sera visible que par D. et non aux yeux des hommes.

Cependant, le patriarche comprendra qu’en accomplissant la circoncision il s’est rapproché de D. qui va se révéler à lui alors que la souffrance de l’homme est à un point culminant et qu’il fait une chaleur insupportable. Malgré cela, le patriarche s’assied à l’entrée de la tente car il ne peut malgré tout s’empêcher de pratiquer l’accueil d’hôtes de passage. L’on dit d’ailleurs que cette tente comportait quatre ouvertures (une ouverture à chacun des points cardinaux) pour éviter à un hôte de passage d’avoir à faire quelques pas de plus pour pénétrer dans la tente.

Abraham est un homme saint et simple. D. vint lui rendre visite (c’est d’ici que l’on apprend d’ailleurs qu’on ne rend visite à un malade qu’à partir du troisième jour de maladie) et puis, la souffrance ayant rendu Abraham insensible au monde extérieur, D. va dessiller les yeux du patriarche qui va apercevoir ses trois visiteurs qui ne sont autres que des messagers divins.

C’est d’ici aussi que nous apprenons par le truchement de Rabbi Binyamin cité par le midrash rabba : « אמר רבי בנימין הכל בחזקת סומין עד שיבוא הקב »ה ויפקח את עיניהם » c’est-à-dire : Rabbi Binyamin a dit tout est comme s’ils étaient aveugles jusqu’à ce que le Saint Béni Soit-Il vienne et dessille leurs yeux –ségoula pour trouver un objet perdu.

Apercevant donc ses futurs hôtes, Abraham prend congé de D. en Lui signifiant que se présentent des voyageurs qu’il se doit d’accueillir. Abraham est si simple qu’il s’adresse à D. comme s’il avait parlé à son semblable. Il s’empresse, malgré sa souffrance, d’accueillir ces hôtes prestigieux et leur lave les pieds pour les rafraîchir de la chaleur de la route afin qu’ils se sentent plus à l’aise, sans la poussière du chemin.

Cette parasha est très riche en enseignements surtout en ce qui concerne la conduite de l’homme vis-à-vis de ses semblables même si dans ce cas précis Abraham ne sait pas encore que ces hôtes sont divins. Il prie sa femme de préparer un repas et il aperçoit (là encore ses yeux se dessillent) un veau qu’il juge convenir aux invités. Le veau s’éloigne, Abraham le poursuit et il rejoint la jeune bête en un lieu précis d’où il sentit s’échapper des senteurs particulières et il comprit qu’il se trouvait à l’entrée du jardin d’Eden. Il se promit d’acquérir plus tard ce « terrain » et c’est en fait ce terrain même qu’il acquit plus tard d’Efron ben Tsohar pour 400 sicles d’argent afin d’y enterrer Sarah.

Comment sait-on qu’il s’agissait du Gan Eden ? Car il est écrit dans le Zohar : « Lorsqu’HaKadosh Baroukh Hou entre dans le Gan Eden pour rendre visite aux tsadikim les arbres délivrent des parfums délicieux » (Zohar parashat Lekh Lekha 77). Abraham comprit, au sentir ces effluves particuliers, qu’il se trouvait en un endroit exceptionnel.

C’est aussi dans cette parasha que l’on va assister à la fuite d’Hagar et ensuite à son renvoi, puis, la dixième épreuve d’Abraham avec la ligature d’Itshak.
Avec la visite des 3 Anges, Abraham apprend qu’il va enfin avoir un enfant de sa femme Sara, et la destruction des deux villes perverses : Sodome et Gomorrhe.

Abraham entame un dialogue de négociations avec HaShem, pied à pied…pour ne pas détruire des êtres humains, pour protéger Loth. Abraham ignore le plan final d’HaShem dans ses moindres détails : il sait que de Loth viendra, à la fin des temps, Celui qui apportera la délivrance et la Rédemption : le Mashiah fils de David lui-même descendant de Ruth la Moabite.

En effet, lorsque Sodome et Gomorrhe furent détruites, brûlées, anéanties, annihilées, et que le monde des vivants se réduisait pour Loth et ses deux filles à eux trois, le désespoir emplit ces jeunes personnes pour lesquelles se réduisit à néant l’espoir de se marier et de donner une descendance à leur père. HaShem avait placé dans cette grotte où nos trois héros purent s’abriter des jarres de vin du temps du déluge, de ce nectar qui embua l’esprit de Noé et qui conduisit au désastre causé par Ham fils de Noé (Genèse/Bereshit IX, 22), ensuite, ce fut le tour de Loth d’être enivré et ses deux filles procréèrent sans qu’il ne le sût (Genèse/Bereshit XIX, 31 à 38) car HaShem avait « programmé » ceci.

La naissance d’Isaac : la question de savoir pourquoi cette naissance est miraculeuse, est simple car HaShem est Tout Puissant et donc, pour Lui, rien n’est difficile. Nous savons depuis la fin de la parasha de Noah que Sarah était stérile. Pourquoi une femme si vertueuse ne pouvait-elle procréer ? La réponse classique est que D. aime recevoir la prière des Justes mais en ce qui concerne Sarah, il y a plusieurs raisons et l’une d’elles est que D. a voulu que le cycle qu’elle avait, fut initié lorsqu’ils étaient tous encore en Chaldée, contrée impure de par les nombreux cultes idolâtres. Le dessein divin fut donc, que ce flux fût complètement tari pour qu’il y ait une scission complète avec l’Abraham et la Sara d’avant l’arrivée en Canaan, pour donner naissance à un enfant saint né par la grâce divine et, pour que le peuple soit saint.….

La Âkéda (la Ligature d’Isaac) est en elle-même un sujet sur lequel on pourrait disserter très longuement mais on ne peut parler de la section de Vayéra sans, toutefois, aborder ce thème. En demandant à Abraham de sacrifier son unique fils, D va éprouver l’amour de cet homme pour son D.
Le lieu (מקום) désigné pour cet acte d’entière dévotion est le Mont Moriah, l’endroit où le Temple sera construit. Sur cet emplacement, en hébreu « makom », réside la Shekhina. Parfois, D. est désigné par ce terme : « makom ».

Le mont Moriah est appelé ici, « mont de la Vision » car, il est écrit dans notre sidra qu’Abraham a « levé » les yeux qui est une expression biblique pour signifier qu’il s’agit d’une vision prophétique, comme le signale souvent Abraham Ibn Ezra, et cet endroit fut désigné par Abraham par ce nom « HaShem Yéraé » D. Se montrera. C’est à la suite de ce « sacrifice » que seront institués par la suite les sacrifices du matin et du soir (Abraham a ainsi codifié la prière du matin car Abraham est Hessed (midat’ hahessed) et la prière du soir a été codifiée par Itshak ou midat’ hadin’).

Les Sages comparent les conduites d’Hagar et d’Abraham : Hagar était, on le sait princesse égyptienne et, lorsqu’elle est chassée par Sarah elle adopte une conduite étrangère à celle d’un Juif. En effet, lorsqu’elle part de chez Abraham, celui-ci lui fournit des provisions de bouche et d’eau en quantité suffisante pour retourner chez son père en Egypte, mais, en chemin, elle a allongé sa route en se rendant sur des sites « étrangers » car elle était redevenue idolâtre, ce qui fit qu’elle manqua d’eau et, au lieu de continuer à prendre soin de son fils (d’après les différents commentateurs, Ishmaël était alors âgé de 24 à 27 ans) et de prier D. pour qu’IL guérisse son fils, elle se résigne et s’éloigne de peur de voir mourir son fils, son unique enfant.

Elle perdit espoir. Abraham, au contraire, se résigne bien entendu à ce qu’HaShem lui demande de faire mais, il ne désespère pas : « D. y pourvoira » (sacrifice) dit-il à son fils. A aucun moment, il n’abandonne sa mission, son objectif. Ceci fait constater, expliquent les exégètes, qu’à tout moment, la démarche d’Abraham est positive et remplie d’espoir il adopte un serviteur et le nomme ELIEZER (D. est mon aide) c’est ce même Eliezer qui va être envoyé pour chercher une épouse pour Itshak, c’est encore Eliezer (d’après la Agada qui est rapportée dans la guemara Baba Batra), qui sert Abraham au Gan Eden car Abraham tout comme Eliezer, mettent leur espoir en HaShem et ils sont confiants. Ils ignorent le désespoir.

L’IDENTITE JUIVE se mesure à l’espoir qui vibre dans les fibres d’un Juif.

Le descendant d’Abraham, d’Isaac ou de Jacob sait qu’il faut vivre avec l’ESPOIR et ne pas céder au désespoir. L’hymne d’Israël n’est-il pas la TIKVA ou l’ESPOIR ???

Caroline Elishéva REBOUH

Ce commentaire est dédié à la Mémoire d’Abraham Elbeze Z’l et Benyamin Haïoun Z’l 

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